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L'Edito

Infamie

Par Nadia SALAH| Edition N°:5285 Le 01/06/2018 | Partager
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Le ministre des Finances, Mohamed Boussaid (RNI), veut sortir le gouvernement de sa passivité sociale. Devant la Commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants, il a décrit le souci que lui inspire le Fonds de solidarité sociale.

On se souvient que les élus du PJD dès 2011 avaient entrepris de démolir les fonds en faisant croire à l’opinion publique qu’il s’agissait d’argent caché. Ils sous-entendaient qu’il s’agissait d’argent mis de côté pour le voler.

Ces attaques ont fragilisé l’ensemble des Fonds. Mais avec une distinction entre deux modèles.

Ceux qui avaient des parrains (honorables bien qu’opaques puisque les journalistes ne peuvent plus faire leur travail d’observateurs dans les commissions parlementaires) s’en sont sortis.  Les autres, les orphelins du lobby, ont sombré.

Parmi eux, le Fonds d’appui à la cohésion sociale. Il intervient sur l’aide médicale, les cartables, Tayssir, les veuves et les handicapés.

L’Economiste a déjà attiré l’attention sur les retards de paiement, voire les «pas-de-paiement-du-tout» pour les cartables et tout dernièrement pour Tayssir. Depuis dix-huit mois, la distribution des cartables a été confiée à l’INDH et aux gouverneurs. Mais les fournisseurs de cartables, livres et cahiers qui relèvent du Fonds ne sont pas tous payés. Plus de 4 millions d’enfants ont besoin de ces fournitures. 

Même situation sur Tayssir, mis en panne il y a trois ans: plus de 700.000 enfants ont été abandonnés sur la route de l’école. Et tout cela pour un petit milliard de dirhams, dans les années fastes. Par référence, les faveurs fiscales pour l’immobilier se montent à 8 milliards de DH.

Le ministre et la Cour des comptes ont raison: il faut remettre de l’ordre dans les priorités. Un tel manquement aux engagements sociaux à un tel niveau, capables de mettre des enfants à la porte de leur droit, a deux noms: honte et infamie.

 

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