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    Une B.D. qui raconte la torture

    Par L'Economiste | Edition N°:784 Le 07/05/2000 | Partager

    . Avec “On affame bien les rats” de Abdelaziz Mouride, la nouvelle maison d’édition aborde en bandes dessinées des souvenirs de torture. Les Editions Tarik signent leur premier ouvragePour leur baptême de feu, Tarik Editions ont voulu frapper un grand coup. Avec “On affame bien les rats” de Abdelaziz Mouride comme premier ouvrage, la nouvelle maison d’éditions, à l’évidence, trouve une certaine réussite. L’aventure est d’autant plus remarquable qu’elle intervient à une période où l’édition marocaine souffre d’une sclérose avancée. En abordant le marché du livre avec une bande dessinée, l’entreprise arpente un genre très peu exploité au Maroc. Mais le livre de Abdelaziz Mouride, coédité avec Paris-Méditérannée, n’est pas une bande dessinée comme les autres, loin s’en faut. D’abord, celle-ci ne s’adresse pas aux enfants, mais cible les plus grands. Ensuite et surtout, elle met en scène en dessins violents, parfois crus, une tranche de l’histoire du Maroc moderne longtemps occultée: les tortures dont ont été victimes les opposants. “On affame bien les rats” est d’abord un réquisitoire contre l’oubli. Pour l’auteur, même si les années de plomb sont loin derrière, leurs souvenir est ancré au plus profond de sa mémoire. A travers ses planches, il essaye donc de faire revivre l’horreur de la torture et de partager la mémoire de l’injustice. Avec un sens poussé du détail, les dessin du livre reprennent les dispositifs ingénieux de cruauté des tortionnaires de Derb Moulay Cherif et des autres. Avion, perroquet, serpillière mouillée, une panoplie de sévices moyen-âgeux en plein XXème siècle. L’auteur a eu raison de choisir le dessin pour faire passer son message car, plus que l’écrit, l’image dit l’horreur et suscite chocs et émotions en même temps. Mouride aurait esquissé ses planches de son propre sang qu’il n’aurait pas réussi à les rendre plus émouvantes. Plus bouleversantes, encore car elles ont été dessinées non pas après, mais pendant la détention. Planche par planche, au gré des visites, elles ont passé les mailles du filet de sécurité dressé pour contenir la vérité. Membre fondateur du mouvement “23 mars”, un des principaux mouvements de l’extrême gauche marocaine à la fin des années 60, Mouride a bien connu le sujet. Condamné en 1974 à vingt-deux années de prison, il a été libéré dix ans plus tard. Une période plus que suffisante pour connaître les geôles marocaines de Derb Moulay Cherif à Casablanca, à la prison de Kénitra. G. K.

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