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Société

Un génie marocain dans la biomédecine

Par L'Economiste | Edition N°:2211 Le 10/02/2006 | Partager

. A la fois chirurgien et ingénieur, Farid Taha a participé à la première greffe du visage au monde. Il animera à partir de mars un cours d’implantologie à Rabat C’est un pionnier dont la renommée n’est plus à refaire. A la fois chirurgien et ingénieur, Dr Farid Taha, 44 ans, est propulsé soudainement au rang de star du monde scientifique. Ses travaux, qualifiés de précurseurs, sont repris par les revues spécialisées les plus prestigieuses. Sa prouesse? Il a participé à la première greffe d’un visage humain fin novembre dernier. Mais, Farid Taha est plutôt discret sur les détails de l’intervention qui relèvent encore du secret médical. Réalisée en France, l’opération a été un succès qui a défrayé la chronique. Une patiente de 38 ans, gravement défigurée par son chien, s’est vu offrir le visage d’une donatrice cliniquement morte. Une équipe d’une cinquantaine de praticiens a pris part à cette opération controversée qui a duré 15 heures (pour plus de détails, consulter le site: www.greffeduvisage.org). Modeste, Farid Taha, qui se targue d’être un pur produit de l’université marocaine, qualifie sa participation à l’opération de simple “concours de circonstances”. “Il y a beaucoup de médecins étrangers en France, les nationalités ne comptent pas autant que le talent”, affirme-t-il. Sa contribution consistait à élaborer une reconstruction 3D du visage de la patiente avant l’intervention. “Les avancées technologiques au niveau de l’enregistrement des données radiologiques permettent de faire une modélisation, c’est-à-dire de prévoir une chirurgie avant de la pratiquer”, explique-t-il. Un travail de pointe, à mi-chemin entre la technique et la médecine. Avec son profil atypique, Taha était tout indiqué pour prendre part à cette première mondiale. Parallèlement à sa formation purement médicale, il a mené une formation d’ingénieur (quasiment bac+16). Côté expérience, son CV est tellement bien fourni, qu’il pourrait tenir sur 20 pages. Ses diplômes en poche et après avoir exercé en tant que stagiaire, il quitte le Maroc pour se spécialiser dans la chirurgie maxillo-faciale en France. “A l’époque, c’était une spécialité rare au Maroc, donc je suis parti par nécessité et non par choix”, assure-t-il. A mi-parcours, il brigue le poste de professeur à la faculté de médecine de Rabat, mais en vain, “apparemment je ne les intéressais pas”. Par la suite, le destin a voulu qu’il s’établisse dans l’Hexagone. Taha ne tarit pas d’éloges sur le système d’enseignement public à l’époque où il était encore sur les bancs de l’école. “J’ai été d’abord à l’école Al Manbat puis au lycée les Orangers, c’est là où j’ai réellement acquis le goût d’apprendre”, affirme-t-il. Actuellement, l’arabisation est, selon lui, responsable de la déroute de l’enseignement public. “Les bacheliers des lycées bilingues étaient excellents, rien à voir avec le niveau actuel”, témoigne-t-il. Aujourd’hui, les meilleurs lycéens trouvent encore des difficultés à assimiler les langues étrangères. Pour Taha, l’enseignement primaire (de la maternelle au primaire) est fondamental. C’est là où l’enfant prend goût au savoir ou s’en désintéresse totalement. Plus tard, il devient difficile de le réintégrer au système scolaire. “Au lieu de s’occuper à former une élite, il vaut mieux opter pour la scolarisation de masse, c’est elle qui tirera le niveau vers le haut”, préconise-t-il. Au gré de ses passages au Maroc, il a constaté des progrès palpables: amélioration des infrastructures, efforts d’assainissement dans les villes… Mais à ses yeux les problèmes d’analphabétisme, d’inculture et de manque de valeurs restent les plaies de la société marocaine. “La première question qu’on me pose quand je rentre c’est: tu gagnes bien ta vie là-bas?” déplore-t-il. Pourtant, le gain n’est pas sa motivation première. “Figurez-vous que je gagne trois fois moins qu’un médecin qui exerce au Maroc en faisant ces opérations de lifting ou du tourisme esthétique. La preuve: s’il était resté au pays, il serait devenu médecin de campagne ou quelque chose dans le genre», assure-t-il.


Bardé de diplômes

Né en 1962, Farid Taha est diplômé de la faculté de médecine de Rabat en 1989, année à laquelle il part en France pour poursuivre sa spécialisation. Bardé de diplômes (microchirurgie en 1994, chirurgie maxillo-faciale en 1995), il n’hésitera pas à mener des études en ingénierie biomédicale sanctionnées par un diplôme, option biomécanique (1996). Ex-chercheur au CNRS (1992-1996), il est également enseignant à l’université de technologie de Compiègne qui forme des ingénieurs généralistes au métier d’ingénieur biomédical. De même, il est membre du groupe de recherche européen “The Phidias Network”. Au sein duquel il y occupera la fonction de corédacteur de la revue scientifique “The Phidias Newsletter” de 1998 à 2002. A partir de mars prochain, il animera un séminaire à la faculté de médecine de Rabat dans le cadre d’une formation délocalisée en implantologie au profit d’une vingtaine de dentistes (www.leconomiste.com). Aziza EL AFFAS

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