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    Tribune

    Un discours à double tranchant!

    Par L'Economiste | Edition N°:456 Le 04/03/1999 | Partager

    L'indivisibilité et l'homogénéisation de l'Administration sont un projet à fonder, estime M. Guemouria. Pour lui, le privé peut convaincre les élus de reléguer la gestion courante au second plan, pour faire du développement un mot d'ordre mobilisateur.

    Depuis quelques temps, le discours du patronat marocain ne cesse de clamer haut et fort que l'emploi ne se décrète pas! Soit, il ne se décrète pas et ne se concède pas non plus, sauf si l'environnement économique qui le génère arrive à assurer à son titulaire un revenu stable et à son auteur une rentabilité conséquente. Cette conviction du privé est largement partagée par le gouvernement d'alternance qui apparemment refuse de mettre le fonctionnariat au service de l'assistance sociale. Comme conséquence de cette approche qui a longtemps prévalu, le poids supporté par le Budget de l'Etat est maintenant seul en train de payer les frais de cette politique volontariste, généreuse et coûteuse certes, mais qui a permis à toute une génération de jeunes marocains issus de milieux modestes de participer à la construction de leur pays et améliorer le sort de leurs familles.
    Dans le contexte actuel, le patronat est, paraît-il prêt à jouer le jeu si l'Administration modifie son comportement vis-à-vis des investisseurs, comportement qui a toujours assombri sa réputation. A tort ou à raison, en tout cas, elle est la cible et le bouc émissaire privilégié de ses détracteurs.

    Tâche hypothétique


    Mais force est de constater aujourd'hui qu'elle est en train de faire sa propre révolution doucement, mais sûrement, en initiant de grandes réformes et en accompagnant l'économie marocaine dans ses mutations structurelles, mais aussi en adoptant et en pratiquant un discours qui prône le partenariat, la concertation, l'ouverture et même parfois, sinon souvent, l'anticipation!
    Tout ceci prouve que notre administration ne tardera pas à faire peau neuve et à remettre en question ses méthodes et ses objectifs. Dans ce cas et si cette condition est remplie, le privé aura à combler les déficits en matière de création d'emploi, et lui seul aura cette tâche combien difficile et hypothétique de donner du travail aux milliers de jeunes qui viennent chaque année sur le marché chercher un emploi. Comme quoi, on constate combien il est difficile de lier la relance de l'économie à un seul facteur. Le réductionnisme dans pareille problématique ne paie pas et fausse l'analyse.
    Néanmoins, ce qui est étonnant dans ce discours, c'est bien l'absence de distinction entre l'Administration de la puissance publique et celle des collectivités locales. En effet, faut-il rappeler que dans son «parcours du combattant», l'investisseur a recours justement aux services des deux instances qui lui réservent un accueil différent, un traitement parfois opposé et un suivi distinct. Il est donc important que le patronat tienne compte dans ses revendications de ce dualisme et demande un nivellement de la double pratique administrative, l'une évolutive et l'autre conservatrice. A juste raison, on peut se demander si les administrations des ministères à vocation économique ont entamé leur mise à niveau, l'Administration des élus a-t-elle au moins réfléchi à entamer la sienne? N'y a-t-il pas crainte justement que les enjeux politiques et électoraux fassent passer les préoccupations de développement économique au second plan derrière des intérêts inscrits dans le court terme et relevant d'un ordre autre qu'économique? Autrement dit, notre ELU n'est-il pas plus tenté par la gestion courante des affaires de la commune (diverses autorisations et permis) à laquelle il consacre tout son temps plus que par les questions de développement tout court?

    Imaginer un dispositif


    L'indivisibilité et l'homogénéisation de notre administration sont donc un projet à fonder et le privé peut convaincre les élus de reléguer la gestion courante au second plan pour faire du développement un mot d'ordre fédérateur et mobilisateur. Dans ce cas, autorisations diverses, état civil et autres attributions qui accaparent le «temps utile» des élus peuvent être déléguées aux administratifs permanents au lieu de constituer l'essentiel de leurs interventions en imaginant un dispositif qui ne les déposséderait guère de leurs prérogatives. C'est l'unique et seul moyen de rendre notre administration efficace, crédible et une.
    L'emploi risque donc d'être un combat à mener sur plusieurs fronts dont celui de l'Administration ne constitue qu'un moment, certes fort, mais aux facettes multiples!

    Par Tayeb GUEMOURIA
    Directeur de la Chambre de Commerce de Marrakech L'auteur de cet article s'exprime à titre personnel

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