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    Travail des enfants«Peu d’ardeur» au Maroc pour lutter contre

    Par L'Economiste | Edition N°:2176 Le 21/12/2005 | Partager

    . Le dernier rapport de Human Rights Watch dénonce… encore!. L’un des taux les plus élevés du Moyen-Orient et d’Afrique du NordQu’est-ce qui pousse une enfant de 16 ans à fuir pour se retrouver dans des rues qu’elle n’a jamais vues, sans argent, sans manteau, sans… C’est arrivé à Samira M. La jeune fille est «petite bonne» depuis deux ans dans des villes qui se trouvent à mille lieux de chez elle (Casablanca, Fès, Meknès…). Elle a déclaré à l’ONG américaine Human Rights Watch, qu’à son âge, elle en était déjà à sa «quatrième ou cinquième maison»! A chaque fois, elle se sauve, souvent à l’occasion d’une fête qui lui permet de retrouver le toit familial, et ne revient pas. «Toutes les femmes pour qui j’ai travaillé me traitaient mal», raconte-t-elle. La dernière l’injuriait, la giflait et lui serrait le cou, comme elle le dit avec ses mots. L’enfant dormait dans un petit cagibi sous les escaliers. «Avant, c’était les toilettes et il y avait une mauvaise odeur qui venait des égouts. C’était très petit, mes pieds touchaient la porte quand je dormais».Le dernier rapport de Human Rights Watch, qui vient de paraître, dénonce… encore! Il s’intitule: «A la maison, en marge de la loi. Le cas des enfants domestiques maltraités au Maroc». L’intégralité du document n’est pas encore disponible.Les rapporteurs ont mené des recherches sur le terrain, à Casablanca, Rabat et Marrakech en mai 2005, et également sur des contacts réguliers par téléphone et courrier électronique jusqu’en novembre. Des statistiques sur le travail des enfants domestiques menées par d’autres associations au Maroc ont également été disséquées par le bureau de Human Rights Watch. Le document propose, in fine, un certain nombre de recommandations. La première mouture est éloquente. Souvent choquante. Ainsi, Samira M. dans le monde des petites bonnes, fait figure de privilégiée, selon les rapporteurs. Vous avez bien lu. L’explication évite que l’on s’étrangle: Samira a commencé à travailler à «seulement» 14 ans… quand près d’un tiers des autres manipulent la brosse et les solvants avant leur dixième anniversaire! De même, son niveau d’éducation est supérieur à celui de la plupart des autres enfants, indique le rapport, qui dans 83% des cas, ne sont jamais allés à l’école et sont illettrés, selon une étude citée et réalisée à Casablanca en 2001. En somme, Samira était suffisamment «dégourdie» et éduquée pour prendre les choses en main (fuir) et donc se protéger. Ce n’est pas le cas de tous. Là où Samira est représentative, par contre, des enfants interviewés, c’est sur le taux horaire. Elle travaillait quatorze à dix-huit heures par jour, sans pause, indique le rapport et sept jours sur sept pour un salaire allant de 0.4 à 1 dirham de l’heure. L’ONG enfonce le clou: «Le Maroc connaît l’un des taux les plus élevés de travail des enfants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, et l’un des plus faibles de scolarisation des enfants travailleurs en dehors de l’Afrique sub-saharienne». Et «le gouvernement a mis peu d’ardeur à combattre les pires formes d’exploitation infantiles». Les programmes de l’ONG envisagent d’empêcher les enfants d’être engagés comme domestiques, stipule le rapport. Human Rights Watch estime, par ailleurs, «qu’il existe suffisamment de preuves pour que le Maroc mette en place, rapidement, des projets ayant pour but l’élimination du travail dangereux des enfants et la lutte contre le trafic des enfants domestiques».D’autre part, «le pays devrait faire preuve de son engagement à combattre toutes les formes de trafic en devenant partie à la Convention internationale sur la traite des personnes». Le message a le mérite d’être clair.


    Recommandations

    Le gouvernement marocain, le Parlement, les ministères de l’Emploi, de l’Education nationale, du Développement social… mais aussi la Justice, l’OIT, l’Unicef et les pays donateurs sont concernés par les recommandations du bureau de Human Rights Watch. En substance, le gouvernement doit faire de l’élimination du travail infantile une de ses priorités. L’Etat se doit également d’empêcher le travail des enfants de moins de quinze ans, et édicter une législation prévoyant des sanctions contre les employeurs et les recruteurs. De même, il doit trouver les moyens de rendre l’appareil judiciaire compréhensible et connu des enfants, pour qu’ils puissent se défendre. Et prévoir leur réadaptation ainsi que des réparations pour les dommages subis. Garantir que le secrétariat chargé de la Famille dispose, par ailleurs, de moyens suffisants pour remplir son rôle de coordination des activités de protection des enfants… entre autres. On en est encore loin.Céline PERROTEY

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