Economie

Stratégies sectorielles
La CGEM veut plus de cohérence

Par L'Economiste | Edition N°:3344 Le 19/08/2010 | Partager

. L’efficacité compromise faute d’approche transversale. Tous les secteurs ne sont pas couverts. Le patronat promet de la visibilité à l’issue de «Vision CGEM 2020»BATTERIE de stratégies sectorielles! Des centaines de milliards de dirhams devront être débloqués pour la mise en œuvre du plan Maroc Vert, Halieutis, Emergence, plan Azur, Vision 2015 pour l’artisanat, Maroc Numeric, solaire, universités, logistique… Des feuilles de route impliquant plusieurs départements ministériels et administrations, opérateurs privés… De plus, ces stratégies concernent plusieurs secteurs économiques et touchent l’ensemble des régions du Royaume. N’y a-t-il donc pas de risques de télescopage et donc d’échec de ces stratégies sur lesquelles le Maroc mise beaucoup, surtout pour l’après-crise? Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, a été l’un des premiers à attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de veiller à la cohérence entre ses différentes politiques sectorielles. Certains vont même jusqu’à proposer la création d’une institution dédiée, qui sera chargée du pilotage et de la convergence entre les différentes politiques sectorielles. En effet, il est impératif de disposer d’un vrai tableau de bord donnant une vision d’ensemble de tous les chantiers structurants ouverts à ce jour. En clair, il est inconcevable que le plan Maroc Vert, par exemple, soit implémenté sans tenir compte du plan stratégique de l’eau signé entre le gouvernement et les agences du bassin hydraulique. L’eau étant une denrée indispensable à la mise en œuvre des contrats-programmes de Maroc Vert. De même, le plan d’urgence signé entre le cabinet Abbas El Fassi et les universités ne peut être mis en œuvre sans tenir compte des besoins en ressources humaines des différentes stratégies sectorielles, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. L’harmonie et la cohérence entre les différentes politiques sectorielles constituent une priorité pour la Confédération générale des entreprises du Maroc. D’ailleurs, Mohamed Horani, président, en avait fait un sujet-phare lors de sa campagne électorale. Une étude a été confiée au cabinet Roland Berger il y a environ quatre mois par le patronat sous le thème Vision CGEM 2020. Un chantier dévolu à Mohamed Benamour, vice-président de l’organisation patronale. Les résultats de cette étude seront rendus publics avant fin 2010. «Le Maroc entame une nouvelle décennie. Par conséquent, la CGEM se doit d’avoir une vision à long terme», explique Horani. Il s’agit pour le patronat de revisiter les différentes stratégies sectorielles, de recenser les secteurs prometteurs qui pourraient faire l’objet d’une feuille de route séparée. L’étude devra également analyser la cohérence d’ensemble de toutes les politiques sectorielles. «Une démarche qui n’a jamais été entreprise», précise d’ailleurs Horani.


Effet d’éviction

AUTRE distorsion relevée par le patronat, les avantages accordés au secteur de l’offshoring et qui ont un impact notable sur le marché du travail. «Les avantages accordés au secteur tels que l’abattement en matière d’IS et de charges sociales génèrent des distorsions au niveau du marché de l’emploi car certaines entreprises voient leurs cadres les quitter pour travailler dans l’offshoring», explique Abdelhakim Marrakchi, vice-président de la CGEM. Il faut donc opérer des arbitrages de manière à ne pas favoriser un pan de l’économie aux dépens d’un autre. C’est la raison pour laquelle les industriels agroalimentaires montent au créneau car ils s’estiment écartés des priorités du plan Maroc Vert. En effet, l’agriculture est entièrement défiscalisée, mais dès qu’il s’agit de transformation, il y a taxation. «Le fait de désavantager un secteur au profit d’un autre crée un effet d’éviction chez les industriels», analyse le vice-président.Hassan EL ARIF

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