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    Safi à l’heure de la reconversion

    Par L'Economiste | Edition N°:2668 Le 07/12/2007 | Partager

    . Un patrimoine vieux de 5 siècles, mais des sardines de plus en plus rares . Immobilisme dû à des blocages politiques. Projet de transfert du port minéralier: 2 ans après, toujours rien…«Les sardines, ce n’est plus comme avant à Safi, mais il y a tellement d’autres choses à promouvoir», explique Foued, un marin quadragénaire, aux rides profondes marquant le labeur de la mer. Foued en paraît 70 ans. Epuisé, il tire avec une force étonnante son dernier filet sur le quai. La saisie n’est pas abondante, mais la qualité de la sardine de Safi demeure.Le va-et-vient incessant des bateaux et barques de pêches déversant quotidiennement des tonnes de poissons frais ne doit pas tromper, Safi est effectivement une ville au fort potentiel de développement, mais qui, aujourd’hui, bute à finaliser sa reconversion.. Valoriser les acquis naturels Très convoité pour sa situation idéale sur la route des colonies, le port de Safi a conservé un rôle prépondérant dans la région. Comptoir commercial de premier plan dès 1840, c’est sous le protectorat français que la vocation maritime de la ville se confirme avec la construction d’un grand port en eau profonde. Depuis, le port est essentiellement exploité pour l’exportation des phosphates (2e rang national) et des sardines (4e rang national). Ses grillades de sardines sont réputées bien au-delà des frontières du Royaume.«Pendant longtemps, les touristes ne venaient que pour manger des sardines, ils ne restaient que quelques heures. Aujourd’hui, ils restent au moins le week-end, car nous avons mis en valeur d’autres spécificités de la ville», explique Abdellah Bakrim, 1er vice-président du CRT de la région Doukkala-Abda. Avec un trafic annuel qui avoisine les 5,5 millions de tonnes, impossible d’échapper à l’appel du large à Safi. Mais une fois le regard posé sur les charmes de la cité et ses alentours, difficile de ne pas remarquer les efforts pour conserver la charge historique de la ville, comme les nombreux chantiers déployés pour la moderniser. En effet, à l’instar de nombreuses cités marocaines, Safi a gardé les traces de son occupation portugaise du début du XVIe siècle. Près du port s’élèvent des remparts flanqués de plusieurs tours et percés de maintes portes. Du haut de cette ceinture de pierre d’origine almohade, on aperçoit l’architecture rangée d’une ville qui mérite son label de propreté et de quiétude. On y trouve, nichées sous des fresques qui rappellent le décor d’Assilah, de nombreuses demeures du XVIIIe et XIXe siècles qui suscitent, non sans inquiétude, le rush des acheteurs de Riyad à bas prix. Au détour d’une des longues avenues verdoyantes qui quadrillent la cité, il n’est pas rare de tomber sur des bâtisses des 3 confessions, qui servent aujourd’hui de lieux de pèlerinage pour des croyants du monde entier.Dans les méandres des vielles ruelles de la médina, l’effervescence commerciale se sent, surtout dans les multiples échoppes de la rue du souk, principale artère traversant la ville. Rien à voir avec la boulimie casablancaise, le commerce à Safi est avant tout une histoire de modération. «La plupart des familles de la ville ont toujours travaillé dans l’industrie de la pêche ou du phosphate, mais les jeunes investissent de plus en plus dans les métiers du tourisme et de l’immobilier. Ici aussi on suit les tendances!», ironise Abderrahim El Hosni, délégué provincial du tourisme à Safi.«Le mètre carré est aujourd’hui entre 100 et 6.000 dirhams, le maximum en centre-ville peut atteindre 7.500 dirhams», précise Mohamed Lemrabet, président du CRI de Doukkala-Abda. Mais, selon les nombreux spéculateurs marocains et étrangers qui arpentent les rues de la belle médina, dans moins de 5 ans les prix seront alignés. C’est que Safi présente en effet de nombreux avantages sur ses concurrentes du Sud. Proche de Casablanca et au carrefour de la route principale reliant le Nord au Sud, Safi n’est pas touché par les extrêmes de température comme à Marrakech, ou les caprices du vent comme à Essaouira. C’est à Safi d’ailleurs que la Fédération nationale de voile a choisi de construire la première école du pays. «Le plan d’eau est exceptionnel et le spot de Sidi Bouzid est classé parmi les 10 meilleures droites au monde. Quiksilver organise souvent des compétions chez nous», précise le délégué provincial du tourisme. Avec un peu moins d’une dizaine d’hôtels, l’industrie du tourisme constitue en effet un vivier de croissance très important. Safi s’est donné comme objectif parallèle des 10 millions de touristes pour le Maroc celui de 2 millions de croisiéristes pour 2010. Un challenge qui booste les différents lobbies de la ville qui ne comprennent pas pourquoi le projet du transfert du port minéralier, pourtant signé et finalisé par le ministre du Tourisme lui-même en 2005, n’a toujours pas commencé. Pourtant, Diouri avait annoncé à l’époque «qu’en plus du développement des activités touristiques liées au surf, Safi est aussi retenue pour des projets visant la restructuration des activités portant sur le tourisme de croisière». Dans le cadre d’un plan d’investissement 2003-2007, l’Odep (ancienne Marsa-Maroc) devait veiller à la séparation entre le port de pêche et le port de commerce, mais seul un quai môle a été installé depuis. «Nous avons besoin d’infrastructures appropriées pour accueillir les croisiéristes!», réclame Ahmed Benali, président du Rotari Club Safi. Du côté du CRI de la région, on relativise le retard. «Nous ne voulons pas en faire un port de croisière séjour, mais d’escale. Nous n’avons donc pas besoin de terminal, ce sera très ponctuel comme transformation. Une convention a été signée avec le ministre du Tourisme l’année dernière, et le ministre du Transport est passé cette année pour confirmer que le projet devrait éclore à moyen terme, c’est-à-dire dans 5 ou 6 ans», explique Lemrabet. Le port minéralier devrait être transféré à une vingtaine de kilomètres au sud, et permettrait à l’OCP d’économiser 60 millions de dirhams qu’il débourse chaque année pour acheminer le minerais à son aire de débarquement. Comme quoi exploiter la niche.Najlae NAAOUMI

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