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Production mulassière: Alerte au déclin
Par Mohamed BENATA*

Par L'Economiste | Edition N°:1721 Le 09/03/2004 | Partager

La saison de monte équine démarre au Maroc le mois de février. Dans cet article, nous aborderons quelques aspects de la politique d'Etat marocain en matière de production mulassière.Les organes chargés officiellement de l'application de cette politique sont les Haras nationaux coiffés par la division des Haras qui relève elle-même de la direction de l'Elevage du ministère de l'Agriculture et du Développement Rural.Il est nécessaire de rappeler que du point de vue technique, la production du mulet résulte de la saillie d'une jument par un baudet. Et donc, sans étalon baudet, on ne peut produire des mulets (on peut cependant produire un cousin du mulet, le bardot, qui est le résultat d'une saillie d'une ânesse par un cheval, mais le bardot est en général de taille inférieure par rapport au mulet).Aucune personne de bon sens ne peut contester l'importance et la place qu'occupe le mulet dans l'exploitation agricole marocaine. Les travaux les plus durs lui sont réservés: le labour, le bat, la traction, le transport de l'eau, du bois et des aliments. C'est le moyen de transport par excellence, pour les petits et moyens agriculteurs, pour se rendre aux souks hebdomadaires pour leur approvisionnement.Ce brave animal, très estimé par les fellahs, rend aussi de fiers services à l'armée partout dans le monde et en particulier dans les zones difficilement accessibles ou en montagne. D'autant plus que les radars des awacs ne peuvent le détecter, d'où son importance pour les stratèges militaires pour le déplacement des troupes et du matériel.La politique de l'Etat marocain en matière de production mulassière formulée dans le plan de développement de l'Elevage équin 1996-2005 est ambiguë. En effet, les objectifs de ce plan prévoyaient de passer d'une production annuelle déclarée de 1.130 muletons en 1995 à 2.000 en 2005, tout en maintenant l'effectif des étalons baudets dans les stations de monte (soit un effectif de 105).Les statistiques enregistrées au fil des années ne réconfortent pas ces prévisions. En effet, en cinq ans et à mi-chemin de ce plan, l'effectif des mulassières (juments saillies par baudet), des étalons baudets et la production des muletons n'ont fait que chuter (voir tableau).La projection de ces résultats sur la saison de 2005 peut nous renseigner sur l'ampleur des résultats négatifs qui seront enregistrés dans les prochaines années dans ce secteur. Cette tendance régressive de la production mulassière n'est pas due au hasard mais le résultat de prises de décision délibérées. Pour cela, nous allons effectuer un recul dans l'histoire et comparer les situations en 1960 et 2000.En 1960, la part de la production mulassière, qui relevait des Socap (société de crédits agricoles et de prévoyances) qui comptaient plus de 82 stations de monte à travers le territoire national, a été transférée aux Haras nationaux pour des convenances sanitaires et pour assurer un équilibre entre les productions mulassière et chevaline.Toujours pour des raisons sanitaires, les saillies dans les souks par des baudets rouleurs chez les privés furent interdites.A cette date (en 1960), les Haras nationaux riches de leur héritage ont mis en service 425 baudets sur un total de 692 étalons, soit 60%. L'effectif des mulassières (12.886) représentait 58,7% du total des juments saillies (21.757). La production enregistrée était de 3.006 muletons, soit 59% de la production totale. Quarante ans après, en 2000, la situation est complètement renversée: l'effectif des baudets n'est plus que de 82 sur un total de 402, soit 20%. Quant aux mulassières, elles ne sont que 2.216 sur un total de 9.723, soit 20% des juments saillies, et 506 muletons sur un total de 3.083, soit 16%. En définitive, si la production chevaline est restée pratiquement constante en quarante ans (2.577 contre 3.035), la mulassière est tombée de 3.000 produits en 1960 à 500 en 2000, soit une chute de 80% comme le montre le tableau.A la veille de la saison de monte équine 2004, nous ne pouvons que lancer un appel aux autorités hippiques et aux responsables de ce département pour prendre les dispositions nécessaires afin de rectifier le tir car il ne faut pas oublier le rendez-vous de 2005, fin de l'échéancier du plan de développement de l'élevage équin pour passer à l'évaluation des actions entreprises ces dix dernières années.* Ingénieur en chef au Haras régional d'Oujda.

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