Entreprises

Privatisation des filiales de l'ODI en difficulté : Une cellule pour accélérer les restructurations

Par | Edition N°:132 Le 02/06/1994 | Partager

Une cellule ad hoc vient d'être mise en place. Objectif: accélérer le processus de restructuration financière notamment.

Le Ministère de la Privatisation devra d'abord régler la question de l'apurement des passifs de certaines entreprises filiales de l'ODI (Office pour le Développement Industriel) avant de les céder. En 1992, les 19 entreprises ayant une participation de l'ODI et non encore privatisées cumulaient un passif de 1.075, 25 millions de DH pour un chiffre d'affaires global de 680,6 millions.

Pour quelques entités, le Ministère de la Privatisation se trouve en "situation de blocage" pure et simple quant à leur transfert. Celles qui font exception ont déjà été privatisées (Chelco, Cior, Snep, Soders).

Tant que l'Office! et donc l'Etat, n'aura pas apuré le passif notamment bancaire la cession demeure impossible faute de mainlevée sur ces entités. Pour résoudre les problèmes que posent les "canards boiteux", vient d'être mis en place une cellule qui regroupe le Ministère de la Privatisation, l'ODI et la DEPP (Direction des Entreprises à Participation Publique du Ministère des Finances). "Actuellement des contacts presque quotidiens ont lieu avec le Ministère des Finances", indique M. Ahmed Boutouil appelé il y a un mois et demi pour s'occuper du dossier "filiales en difficulté de l'ODI "auprès du Ministère de la Privatisation. L'objectif est d'étudier le passif de ces sociétés, de le liquider pour pouvoir les céder dans les meilleurs délais. Le facteur temps joue un rôle primordial. "La finalité recherchée à travers cette cellule consiste en la réduction des délais de décision. Auparavant chaque intervenant avait son délai. Maintenant les Ministères de la Privatisation, des Finances et l'ODI se réunissent et traitent chaque dossier en temps réel", explique pour sa part M. Mourad Bachir El Bouhali, directeur général de l'ODI.

La plupart de ces entreprises ont vu leur passif s'alourdir, leurs bâtiments et matériel se détériorer depuis leur inscription sur la liste des privatisables en 1989. Il ne faut pas non plus omettre les problèmes sociaux qui vont en s'amplifiant. "Elles ont pris des engagements à honorer vis-à-vis des banques suite à des crédits d'investissement, de trésorerie, d'extension, de modernisation.... Or ni leurs résultats ni leur chiffre d'affaires n'ont suivi", étaye M. Boutouil. Nombre d'entre elles ne sont plus en mesure de rembourser les banques.

Le passif bancaire est prioritaire. Il y avait des garanties données aux banques par l'ODI et le ministère de tutelle. Mais souvent les banques, considérant qu'elles travaillaient avec l'Etat, ont outrepassé ces garanties et ont augmenté les crédits. "Les dettes envers le fisc, la CNSS et éventuellement les assurances sont plus facilement gérables en ce sens qu'il est possible de jouer sur les délais", explique M. Boutouil. Le directeur général de l'ODI préconise pour sa part d'alléger immédiatement l'endettement des entreprises en remboursant les banques par anticipation.

M. Boutouil constate qu'en réalité le Ministère de la Privatisation se trouve entre le marteau et l'enclume: il doit trouver la formule la plus rapide et en même temps la moins douloureuse du point de vue social... et sans que l'Etat ne perde d'argent. Sur ce dernier point, le directeur général de l'ODI tient une position plus tranchée. Il rappelle tout d'abord que les bonnes affaires de l'Office ont permis à l'Etat de gagner 1,40 milliard de DH. Il estime par ailleurs qu'avec moins de 10% de ce montant, les filiales en difficulté pourraient être restructurées.

N.H.

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