×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    Pour une nouvelle culture syndicale
    Par Aboulmajd Abdeljalil, docteur en droit syndical

    Par L'Economiste | Edition N°:1759 Le 30/04/2004 | Partager

    De juin 1938 au 16 juillet 1957, du délit syndical à la proclamation du droit syndical, un long chemin a été parcouru. D’abord, durant le protectorat, le droit syndical a été interdit et sanctionné pénalement, puis seulement toléré aux Marocains, mais depuis le dahir de 1957, ce droit est devenu légal.Pour acquérir le droit syndical, le mouvement syndical marocain s’est engagé dans deux voies: la défense des droits des salariés et la participation à l’effort national de conquête de l’indépendance. Ainsi une remarque à soulever ici: l’une des principales originalités du syndicalisme marocain est qu’il a lutté non seulement pour la défense des intérêts des travailleurs mais a participé aussi à l’effort national pour acquérir l’indépendance du pays.Après l’indépendance, les divisions syndicales se sont multipliées. On dénombre quatre grandes centrales –UMT, UGTM, CDT, FDT- en plus de nombreux groupuscules, sans parler du syndicat dit islamiste (UNMT) d’audience encore limitée et les fameux dits indépendants, inexistants sur le terrain.Cette diversité s’explique notamment par l’intervention des partis politiques dans la sphère syndicale. Les partis politiques marocains ont joué et jouent un rôle déterminant dans l’union et la division du mouvement syndical. L’intervention des partis politiques divise dans la mesure où elle crée des clivages politiques, voire idéologiques au sein du mouvement. Ainsi les rapports de dépendance syndicats/partis politiques, constituent la cause principale de toutes les grandes crises du syndicalisme marocain et se trouvent à l’origine de multiples scissions syndicales. Cela a commencé, tout d’abord, par la création du parti de l’Istiqlal de sa propre centrale, l’UGTM, en mars1960, ensuite à partir de 1961, les éléments de l’UNFP se sentaient trahis par la centrale syndicale (UMT) et ont encouragé la scission intervenue au sein de cette dernière, ce qui a donné naissance à la CDT en 1978, cette dernière qui a fini, elle aussi par connaître le même sort en 2003, date de la création de la FDT. Ces divisions cherchent à introduire au sein du mouvement syndical des changements relatifs aux méthodes de son action et à son orientation politique, l’exemple frappant est celui de la CDT qui a été créée en 1978. Quelles conclusions peut-on déduire de l’étude de l’histoire du syndicalisme au Maroc? Le syndicalisme marocain, issu du mouvement national, a subi l’influence de celui-ci. Ainsi, les partis politiques, dits du mouvement national, ont créé des clivages politiques et des divisions et scissions au sein du syndicalisme marocain. Par ailleurs, la crise actuelle du syndicalisme marocain est en contradiction avec le fait que le mouvement syndical a joué dans le passé un rôle déterminant. Le syndicalisme marocain a mobilisé les travailleurs marocains dans la lutte pour l’indépendance, contribué à leur prise de conscience politique, assuré dans des conditions difficiles la liaison entre le mouvement ouvrier et la résistance. Il a obtenu des mesures législatives favorables aux travailleurs : la reconnaissance du droit syndical (dahir du 17 juin 1957), conventions collectives (dahir du 17 avril 1957), emploi et rémunérations des salariés agricoles (19 avril 1959), création de la sécurité sociale (31 décembre 1959) en sont les illustrations les plus marquantes. Cependant, l’évolution du contexte politique et social a mis le mouvement syndical devant de nouvelles contraintes, auxquelles il n’a pas pu répondre, et cela se répercute sur son organisation et son action. Il ressort de ce qui précède, que le syndicalisme marocain a contribué à faire en sorte que nos droits matériels soient mieux pris en compte pour permettre à chacun de faire face aux besoins vitaux: se nourrir, subvenir à la vie de la famille, etc. Il a arraché et réalisé un grand nombre de revendications: la sécurité sociale, les conventions collectives, les oeuvres sociales des travailleurs, comme il a participé à l’élaboration de la politique socioéconomique de l’Etat des premières années de l’indépendance.Les multiples transformations culturelles et socioéconomiques qu’a connues la société marocaine, notamment depuis l’application du programme d’ajustement structurel en 1983, ont placé le syndicalisme marocain devant des problèmes complexes qui nécessitent la révision des mentalités et méthodes traditionnelles de son action.D’ailleurs «le syndicalisme marocain non seulement a perdu le monopole qu’il avait conquis pendant les premières années de l’indépendance, mais de plus il est désormais concurrencé par d’autres mouvements (association des diplômés-chômeurs, associations islamiques, associations amazighes, etc).Aujourd’hui, il est difficile de connaître le pourcentage de salariés adhérents aux syndicats. D’une manière générale, le taux de syndicalisation des salariés reste faible. Sur l’ensemble du territoire, ce sont incontestablement l’UMT, la CDT et l’UGTM. et la nouvelle centrale FDT. qui réunissent les plus gros des effectifs. L’UMT recrute beaucoup dans le secteur public et privé notamment le secteur bancaire. La CDT recrute essentiellement dans la fonction publique (enseignement, santé, phosphate, etc.) et l ‘UGTM, occupe des positions dont l’importance varie selon le lieu (Fès, Meknès et Marrakech) et dans quelques secteurs notamment ( agriculture , enseignement et équipement). Quant à la FDT récemment créée, elle se renforce de plus en plus dans divers secteurs. A signaler qu’elle a réalisé de bons scores dans les dernières élections du renouvellement du tiers de la Chambre de Conseillers.Actuellement et en raison des enjeux économiques (mondialisation, mobilité des capitaux, flexibilité de l’emploi, chômage et exclusion) le syndicalisme marocain doit repenser ses méthodes d’action et démocratiser ses pratiques par l’adoption d’une culture partenariale et se libérer des réflexes du syndicalisme d’opposition et de refus systématiques et faire cesser les occupations d’usines qui finissent souvent par la fermeture provoquant ainsi un vrai drame psychosocial aussi bien pour les employeurs que les travailleurs.Cela suppose la démocratisation des relations capital/ travail, et l’Etat en tant que régulateur des relations sociales, c’est à lui qu’il incombe de veiller au respect des lois, d’encourager la signature des accords et compromis et c’est encore à lui d’intervenir pour la protection des travailleurs. Mais l’Etat marocain s’est-il suffisamment doté d’institutions permettant d’assurer des relations sociales saines ?Nous pensons enfin que la résolution des différents problèmes socio-économiques exige un dialogue vraiment institué par l’établissement des entités valables capables de surmonter les difficultés, car dans une société sans lendemain qui chante, sans perspectives et sans syndicats proches de la société civile et solidaire l’exclusion, la peur, le désespoir se déplacent et concernent désormais toute une armée de jeunes chômeurs diplômés ou sans.


    Organisation bureautique

    En dépit de son histoire riche de péripéties et mutations, le syndicalisme marocain traverse depuis les années 80 une crise profonde (scission, baisse d’adhérents, recul du militantisme, pauvreté, analphabétisme, chômage, etc.).Aujourd’hui, le syndicalisme se trouve dans une situation difficile qui s’explique par notamment la crise des appareils syndicaux qui se manifeste par l’absence de démocratie interne, malgré la diversité des organes au sein des syndicats, ceci n’implique pas nécessairement une distribution équilibrée du pouvoir de décision et des compétences entre les différentes instances, bien au contraire le centralisme est le principe qui se manifeste.A cela s’ajoute l’éclatement du syndicalisme en une pluralité confuse d’organisations, ce qui d’une part s’est répercuté sur l’action syndicale qui a perdu son efficacité, et d’autre part sur le taux de syndicalisation qui est en chute continue. Ainsi sa division ,son fonctionnement et son organisation souvent bureaucratique lui portent préjudice .La crise a eu pour conséquences, entre autres, la perte de l’utilité du syndicat pour aussi bien les salariés que les fonctionnaires. Pour dépasser cette situation, le syndicalisme marocain doit regagner la confiance de ses adhérents et démontrer de nouveau son utilité et sa crédibilité. Ainsi, le syndicalisme aujourd’hui ne suscitera d’adhésions que s’il est capable de procurer des avantages sociaux, et il n’aura d’influence que s’il est en mesure de prouver son utilité et son efficacité dans la défense des intérêts de ses adhérents.«Le syndicalisme marocain non seulement a perdu le monopole qu’il avait conquis pendant les premières années de l’indépendance, mais de plus il est désormais concurrencé par d’autres mouvements (association des diplômés-chômeurs, associations islamiques, associations amazighes, etc)«

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc