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    Economie Internationale

    Population: Les gouvernements peuvent mieux faire

    Par L'Economiste | Edition N°:443 Le 15/02/1999 | Partager

    Réunis à La Haye, les représentants de quelque 180 pays ont dressé le premier bilan décevant de l'action sur la population. Principale conclusion: les dirigeants politiques peuvent mieux faire.

    Cinq ans après la conférence du Caire, La Haye a abrité, du 8 au 12 février, la première évaluation du programme d'action de l'ONU sur la population, adopté lors de la 1ère conférence de 1994. Premier constat: "les dirigeants politiques ne sont pas assez engagés dans les processus d'aide", estiment unanimement les participants au forum de La Haye.
    "Pour combattre la fatigue des donateurs, nous devons faire en sorte que les dirigeants politiques s'expriment sur les problèmes importants de la population mondiale", a souligné Mme Gro Hartlem Brundtland, directrice de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Si les pays pauvres se sont vus féliciter pour les progrès considérables qui ont été accomplis par un meilleur contrôle de leur démographie, les pays riches, en revanche, se sont fait tirer les oreilles pour la maigreur de leurs aides.
    Selon la directrice du FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population), la Pakistanaise Nafis Sadik, "tous les pays en voie de développement ont pris des mesures".

    Promesses tenues


    Signé par 179 pays, ce programme visait à promouvoir un développement durable axé sur le contrôle de la croissance mondiale et liait pour cela développement, population mondiale, environnement et ressources humaines. Le plan prévoyait d'allouer 17 milliards de Dollars (l'équivalent de 160 milliards de DH) par an aux politiques de population (planning familial, santé maternelle...) d'ici l'an 2000, et 21 milliards (près de 197,5 milliards de DH) d'ici 2015. Or, jusqu'à aujourd'hui, seuls 10 milliards de Dollars annuels (l'équivalent de 94 milliards de DH) ont été réunis, payés à 80% par des pays pauvres.
    Des pays riches, seuls la Norvège, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark ont tenu leurs promesses.
    Le déficit devra se traduire, dans le meilleur des cas, par une augmentation du nombre de grossesses non désirées de 130 millions, par 50 millions d'avortements et par 300.000 décès maternels en plus. De même, il entraînera la mort, liée à l'insuffisance des soins de santé, de 3,6 millions de nourrissons et 1,3 million de jeunes enfants. Un constat effarant et inéluctable, si aucune mesure d'urgence n'était entreprise d'ici là.
    C'est pourquoi la directrice du FNUAP a repris à son compte un appel lancé par le Forum pour un renforcement de l'aide des pays riches. Le but pour les pays donateurs "doit être de consacrer 0,7% de leur PNB au développement (...) dont 4% serait attribué à la régulation démographique". Difficile cependant d'atteindre ces proportions. "Le fonds dispose d'un mandat qui n'est pas facilement vendable", reconnaît même un de ses responsables, Claude Paulet. "Face à l'ombre de la crise économique, les questions de population et de santé reproductive semblent secondaires". De plus, la financement du FNUAP repose essentiellement sur les dons d'une dizaine de pays, dont le défaut de paiement se fait sentir cruellement. Au premier rang bien sur, les Etats-Unis, principaux accusés. Selon un rapport du FNUAP, ceux-ci n'ont consacré en 1996 que 637,7 millions de Dollars à l'aide à la population, sur 1,95 milliard prévus lors de la CIPD, et ne se placent qu'au 8ème rang des pays donateurs.

    Ghassan KHABER

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