×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Affaires

    Permis de conduire: Une affaire de corruption devant la Cour spéciale

    Par L'Economiste | Edition N°:817 Le 25/07/2000 | Partager

    • 29 personnes dont des examinateurs, des responsables d'auto-écoles et des intermédiaires sont impliquées• L'affaire, découverte à Nador et dans deux de ses localités, fait resurgir le dossier de l'informatisation du permis de conduireLES pratiques frauduleuses qui entachent l'octroi des permis de conduire sont encore une fois sous les projecteurs. Une affaire de corruption vient d'atterrir à la Cour Spéciale de Justice. Elle a été découverte à Nador et dans deux localités de la région: Zaïou et Laroui d'où est originaire le ministre des Transports et de la Marine Marchande, M. Mustapha El Mansouri.29 personnes sont impliquées. Elles sont actuellement détenues à la prison de Salé, à l'exception d'une seule en liberté provisoire. Dans la palette des mis en accusation, il y a des examinateurs, des responsables d'auto-écoles et des intermédiaires.Le dossier est volumineux. Le procès de la Police Judiciaire contient près de 170 pages. Ce corps travaille sur l'affaire depuis l'année dernière. La Cour Spéciale de Justice n'a été saisie que depuis quelques semaines. Maintenant, la procédure est en cours de préparation. Les audiences ne commenceront en principe qu'en septembre. En août, les tribunaux tournent au rythme des vacances.L'affaire a été soulevée après de nombreuses plaintes formulées par des candidats à l'examen. Ces derniers, recalés pour avoir refusé de verser des pots-devin, ont dénoncé le climat malsain dans lequel se déroulaient les épreuves de conduite. Le parquet a été saisi. L'enquête policière a remonté la filière pour aboutir à des examinateurs et à des responsables d'auto-écoles. Leurs noms sont actuellement protégés par le secret de l'instruction. Jusque-là, la présomption d'innocence joue en leur faveur.Des pots-de-vin entre 500 et 2.000 DHLe montant de la corruption est faramineux. Le PV de la police judiciaire revient jusqu'aux infractions commises en 1990. «Les corrompus« percevaient une somme variant entre 500 et 2.000 DH selon le type de permis demandé (touriste ou poids lourd). Combien devaient-ils avoir gagné sur ces dix ans? Le calcul de la somme perçue illégalement aboutirait à des millions de DH, car il faut multiplier la cagnotte par individu sur le nombre de candidats qui auraient payé pour ne pas essuyer un échec.Bien évidemment, les prévenus ont veillé à ce que les documents de l'examen soient tout à fait légaux. Pour couvrir leurs manœuvres et repérer leurs clients, ces derniers recouraient à des astuces bien connues du milieu. Sur les documents, figurent les signes d'identification des gens qui ont payé. Selon le PV de la police, la lettre X signifiait que le candidat a payé 1.000 DH. Le double de cette somme a été signalé par deux X. En revanche, XI renverrait à la somme de 1.500DH.La région de Nador est réputée être un marché parallèle de l'émigration. Selon des témoignages, les candidats à l'émigration légale ou clandestine cherchent à obtenir leur permis de conduire avant d'aller tenter leur chance dans des pays étrangers. A l'évidence, ils veulent avoir plus de chance pour trouver du travail dans les pays d'accueil. Cette affaire de corruption ne fait que confirmer une réalité. Il n'est de secret pour personne que les conditions d'examen du permis sont entachées de graves irrégularités, particulièrement la corruption et le clientélisme. «On en parle, on dénonce mais on ne fait rien«, dit-on.Nombre de candidats sont obligés de «graisser la patte« au moniteur pour leur consacrer plus de temps et leur apprendre à conduire sérieusement.A côté des pots-de-vin versés aux moniteurs, les auto-écoles conseillent souvent à leurs clients de donner de l'argent aux examinateurs. Selon des témoignages, c'est généralement le responsable de l'école qui se charge de faire parvenir la commission aux destinataires.Sécurité routièreII y a quelque temps, le Ministère des Transports a essayé de «relooker« l'examen du permis en imposant la présence des représentants de la Gendarmerie et de la Police. Mais cela n'a pas endigué la corruption. Maintenant, le Département de M. El Mansouri est appelé à mettre fin au trafic des permis-Le laxisme qui caractérise le déroulement des épreuves est parmi les causes provoquant les accidents de la route. Ces derniers ont d'ailleurs connu une sérieuse aggravation depuis quelques mois. Le Maroc est classé pays à haut risque en matière d'accidents. Chaque année, près de 3.000 personnes trouvent la mort sur les routes marocaines.L'opacité qui règne autour de l'octroi des permis de conduire vient en tout cas s'ajouter aux perturbations que connaît le dossier de l'informatisation de ce document. L'ouverture des plis de l'appel d'offres lancé en avril 1999 est systématiquement reportée sans explication.Pourtant, il devrait permettre de moderniser la gestion du permis de conduire et constituer un des maillons du dispositif de renforcement de la sécurité routière.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc