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Culture

Mon rapport d’étonnement sur l’Inde
Deuxième et dernière partie: Une culture complexe entre Bollywood et le cricket
Par Thami Ghorfi, président et fondateur du groupe ESCA, administrateur d’Al Amana

Par L'Economiste | Edition N°:1805 Le 06/07/2004 | Partager

Découvrir les potentialités économiques et les raisons de sa puissance sur l’échiquier international nous oblige à mieux comprendre les populations, leurs modes de pensée et de vie. Nous voici dans un pays qui compte 1,1 milliard d’habitants, mais dont seulement 500 millions peuvent être considérés comme des consommateurs a priori. Voilà déjà plus de 600 millions de consommateurs “oubliés” des statistiques. En affinant un peu plus, on vous expliquera que le marché indien représente 250 millions de consommateurs ayant un pouvoir d’achat moyen convenable. Faisons le parallèle avec les 450 millions de l’Union européenne et les 300 millions de consommateurs américains dont 15 millions de pauvres. Ces pauvres sont considérés par les économistes indiens non pas comme de vrais pauvres mais plutôt des “exclus”, résultante du “low income incidence”. Il est compréhensible qu’un Indien fasse la différence entre la notion de pauvreté en Occident, particulièrement dans les pays industriellement riches et dans son environnement. Si vous vous demandez comme moi, comment ce pays peut tenir sans bouleversements, le professeur Ravindra Dholakia vous répondra qu’en Inde les gens ne se révoltent pas car “ils ne sont pas heureux mais sont satisfaits de leur situation”. L’économiste indien rajoutera que le peuple est émotionnellement attaché “aux combattants de la liberté”, Gandhi et Nehru. Ils ont permis à l’Inde de recouvrer son indépendance et de bâtir une démocratie solide ayant de véritables racines.Sur un autre registre, les élites indiennes sont particulièrement attachées à la grandeur de leur nation. Comme dans les autres pays en développement, ils naviguent entre tradition et modernité. Particulièrement attachés à leurs valeurs civilisationnelles et aux potentialités de leur pays. Les religions et les cultures se mêlent entre elles et hindous et musulmans partagent les mêmes emplois, les mêmes bus surchargés, etc.Atul Tandan, qui est considéré comme l’un des gourous dans le domaine de la communication en Inde explique que la connaissance sociologique est évidemment essentielle pour vendre ses produits et services. “Il faut tenir compte du fait que les hindous ne consomment pas de viandes… sauf quand ils sont à l’extérieur. Ici, on ne boit pas d’alcool, en tout cas jamais chez soi…” Il en est ainsi pour de nombreux comportements. On fait la différence entre la manière d’être chez soi et le mimétisme occidental exercé à l’extérieur. Avec sa stature imposante et ses cheveux poivre et sel coiffés en queue de cheval, Atul Tandan décrypte la complexité de l’Inde: “C’est la chose et son contraire, les deux coexistent paisiblement, c’est un pays de schizophrénies assumées”. Voilà les contrastes de l’Inde, nombreux et surprenants. Si vous êtes dans les cosmétiques, n’omettez pas de garder à l’esprit qu’en Inde, “on se teint les cheveux, on ne les colore pas”. La dimension multiculturelle de l’Inde est considérée comme une force. La dominante commune est composée de la religion, de la politique, de la famille, du cinéma et évidemment du cricket. Ah! le cricket, ce sport qui mobilise toutes les couches sociales et tous les âges. Ils sont devant leur poste pendant des heures des jours durant pour supporter leur équipe nationale face au voisin qui déchaîne toutes les passions. L’Inde finit par battre le Pakistan en finale mondiale de cricket en 2004. Et la plus grande démocratie du monde connue pour son industrie bollywoodienne vit lentement sa révolution culturelle. Les consommateurs voient leur pouvoir d’achat croître et accèdent à une plus grande variété de biens et services. Ils accèdent aussi à une plus grande information, à travers les centaines de titres de presse qui ornent les rayons de kiosques et les 200 chaînes de télévision indépendantes du pays. Chacun en a pour son goût. Chacun en a pour ses idées, la plus grande démocratie du monde trouve une réelle harmonie dans sa complexité.


Jeune croissance sur vieilles racines

Aller à la découverte d’un immense pays comme l’Inde, nécessite une réelle préparation, précisent les nombreux guides touristiques édités en l’honneur de ce pays. Nous sommes à l’ère de la globalisation et l’accès facile à l’information permet de mieux se préparer et de se documenter en abondance. Arrivé à Mumbai, le nouveau nom de Bombay depuis 1995, je suis toutes antennes déployées, ouvert et sensible à tout ce qui m’entoure. J’ai besoin de comprendre cette culture si particulière qui est si présente dans certaines salles de cinéma. C’est aussi l’occasion de décrypter les forces économiques de ce pays si géant et si puissant. . Capacité à générer la croissanceLe premier contact avec Mumbai est loin des standards rassurants de l’accueil de l’hôtel. Partir à la découverte de la ville et des monuments, c’est vivre immédiatement les réalités du pays. Une ville de plus de 17 millions d’habitants. Une pression humaine exceptionnelle. Un bruit infernal est orchestré quasi naturellement dans un mouvement de voitures, de motocyclettes, de triporteurs, de rickshaws (les petits taxis de l’Inde), de camions et de bus. Les klaxons sont en répétition permanente des concerts des grands jours.Qu’est-ce qui est le plus interpellant dans ce pays au premier abord ? La misère humaine. Oui, la misère et la pauvreté même lorsque l’on vient d’un autre pays en voie de développement et que l’on combat la pauvreté chez soi aussi. La misère ne peut faire preuve de pudeur, ni de discrétion dans un pays aussi peuplé et ayant “atteint” un tel niveau de pauvreté. Le choc réservé aux Occidentaux dans les guides touristiques est alors partagé par tous les visiteurs. L’Inde est un pays de plus d’un milliard et cent millions d’habitants. Une croissance démographique annuelle de plus de 25 millions d’âmes. L’Inde “gagne” pratiquement l’équivalent de la population d’un pays tous les ans. Selon le professeur Ravindra Dholakia, l’un des grands économistes du pays, enseignant dans la prestigieuse IIM-A (l’équivalent du Harvard local), 25% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cette pauvreté est concentrée tout particulièrement dans certains Etats de l’Inde. Ces “Etats malades” ou sicks states, sont appelés Bimaru states, mot fabriqué avec les premières lettres de leur nom respectif: Bihar Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh&Orissa. Le niveau de revenu annuel est de 500 US dollars per capita. Mais pas de conclusion hâtive! C’est l’équivalent de 1.400 US dollars/tête, en pouvoir d’achat en Inde (1.200 au Maroc sur la même échelle de la Banque mondiale). La puissance de l’Inde réside aujourd’hui dans sa capacité à générer de la croissance économique. L’économie indienne réalise une croissance de 8% en 2003. Ses prévisions sont d’au moins 8% pour les prochaines années. Cette tendance “lourde” est la voie du salut pour cette gigantesque nation. Les services représentent 48% de cette croissance contre 27% pour l’industrie et 25% pour l’agriculture. Là réside certainement la spécificité qualitative de cette croissance.Ravindra Dholakia, économiste et militant à la fois, va même jusqu’à annoncer une croissance à deux chiffres avant 2010. L’Inde affronte l’avenir avec le poids de sa population, de sa taille mais avec la puissance de son héritage civilisationnel, de sa démocratie et de sa croissance économique. 29 Etats et 6 Unions regroupés en un Etat fédéral, 17 langues officielles et une démocratie “gagnée et bâtie sur de réelles racines”. Les gens de toutes les souches sociales sont affectivement attachés à l’histoire de celles et ceux qui ont combattu pour la liberté de l’Inde. C’est avec ces valeurs qu’ils regardent la construction de leur avenir. . Thami Ghorfi, PDG du groupe scolaire ESCA qu’il a fondé, et administrateur d’Al Amana pour le microcrédit, rentre d’un long voyage de travail en Inde. Ce monde, le deuxième pays le plus peuplé de la planète et la première démocratie en nombre de citoyens, est un univers quasi inconnu pour les Marocains. Thami Ghorfi fait partager aux lecteurs de L’Economiste ses étonnements, avec l’espoir que certains choix pourraient s’acclimater peut-être dans un environnement comme le Maroc

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