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    Entreprise Internationale

    Modalités de fusion Aérospatiale-Dassault : La date butoir est fixée au 30 juin 1996

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    La fusion d'Aérospatiale et Dassault Aviation, annoncée en grande fanfare le 21 février par le gouvernement français, va "renforcer l'efficacité industrielle et technique" des deux entreprises, a déclaré M. Louis Gallois, le PDG d'Aérospatiale, dans une interview au Figaro.
    Pour lui, cette opération répond à une forte logique dans le climat actuel de baisse des crédits de défense et de concurrence accrue sur les marchés. Les pouvoirs publics français estiment eux aussi que les impératifs économiques plaident pour ce mariage. D'ores et déjà, une date butoir est fixée. Les deux constructeurs d'avions ont jusqu'au 30 juin prochain pour proposer les modalités de leur fusion. Cette mission a été en fait confiée à un comité de pilotage constitué des directions des deux entreprises. Ce dernier dispose de deux ans pour étudier les modalités de l'opération. "C'est probablement l'aspect le plus difficile du dossier", a indiqué un banquier. Et d'ajouter: "en tout état de cause, il faut trouver une sortie honorable pour la famille Dassault". Les négociations s'annoncent d'autant plus âpres que les Dassault n'entendent pas renoncer à leur indépendance après tant d'années de résistance. Protégeant farouchement cette indépendance, le président Serge Dassault insiste sur l'idée qu'Aérospatiale et Dassault n'ont pas les mêmes métiers et qu'ils n'opèrent pas dans les mêmes domaines.

    Aux yeux de M. Gallois, le mariage Aerospatiale-Dassault "s'inscrit surtout dans une dynamique de rapprochements européens. Ceux-ci sont plus que jamais nécessaires et l'industrie française doit y jouer un rôle très actif", plaide-t-il.
    Le PDG d'Aérospatiale explique que les réorganisations s'effectueront essentiellement autour de cinq entreprises, qui constituent, par leur taille, leurs alliances et la diversité de leurs activités, l'armature de l'industrie européenne. Il s'agit de Dasa, de British Aerospace, de Thomson, d'Aérospatiale et de GEC-Marconi. La question qui se pose, souligne M. Gallois, est de savoir comment l'ensemble Aérospatiale-Dassault se situera dans les relations entre ces cinq pôles.
    En fusionnant, les deux constructeurs devraient atteindre la taille critique qui leur permettra de s'imposer en Europe et de résister aux Américains. Le Figaro fait remarquer que la tendance est aujourd'hui de copier le modèle américain des aides à l'aéronautique, c'est-à-dire financer le civil par le militaire. La France est le seul pays où la construction aéronautique civile reste complètement séparée de la construction militaire, est-il précisé.

    Sur la liste des privatisables depuis 1993, Aérospatiale pèse plus de quatre fois Dassault en terme de chiffres d'affaires (49 milliards de Francs contre 11,6 milliards) mais endettée à hauteur de 6 milliards. En 1995, elle a affiché des pertes de 981 millions de Francs entièrement dues aux provisions constituées, soit 1,5 milliard. Selon M. Gallois, ces provisions sont destinées à assurer la rentabilité du groupe "en faisant face au double choc de 1995: d'une part la réduction du budget de la Défense et d'autre part la baisse de plus de 10% du Dollar qui est pour nous un paramètre absolument essentiel".
    Pour sa part, Dassault dispose d'un "bon" bilan et d'une trésorerie de 10 milliards. En revanche, ses résultats, qui restent bénéficiaires, sont en baisse.

    Hakima EL MARIKY

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