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Economie

Maroc-USAID: 41 millions de Dollars pour le programme "Formation pour le développement"

Par L'Economiste | Edition N°:11 Le 09/01/1992 | Partager

Des bourses et des stages aux Etats Unis, ainsi que des formations au Maroc sont proposés aux cadres des secteurs public et privé. Ces différents modules entrent dans le cadre d'un vaste projet "Formation pour le développement", conclu par le ministère des Travaux Publics, de la Formation Professionnelle et de la Formation des Cadres, le ministère des Finances, et l'Agence Américaine pour le Développement International, en Août 1991. C'est d'ailleurs le troisième projet de ce type, mais avec une innovation puisqu'il touche au secteur privé. En effet, les précédents ne concernaient que la formation des cadres du secteur public. Actuellement, des dossiers de candidature sont encore soumis à l'étude. En Septembre 1992, au terme d'une formation en anglais, les premiers candidats sélectionnés devront partir pour les Etats Unis.


Le programme "Formation pour le développement", étalé sur huit ans, est destiné en particulier aux cadres du secteur privé, quoique celui-ci se soit montré peu motivé par ce projet jusqu'à présent. D'ailleurs, à ce sujet, les spécialistes évoquent le manque d'information et de sensibilisation envers la formation. En effet, la notion de performance des ressources humaines en est à ses débuts et il est encore trop tôt pour espérer drainer toutes les entreprises vers le projet.
Quant au secteur public, il a déjà réagi à ce projet. Sur les 16 bourses octroyées pour 1992, 14 bénéficieront à ses cadres.
Le projet a été élaboré selon deux axes bien définis:
- l'inadaptation de l'infrastructure de formation aux besoins de l'économie de marché, le manque de gestionnaires de haut niveau.
- l'inadaptation de formation des cadres moyens. Environ, 15.000 personnes devraient bénéficier directement ou indirectement de ce programme, ainsi que dix écoles.
Les candidatures féminines s'imposent pour le déroulement de ce projet. Dans les milieux de la Direction de la Formation des Cadres et de l'USAID, on parle des candidatures de femmes comme condition sine qua non pour la bonne marche du projet. "Sans les femmes, pas de projet de formation".

Les 240 bourses

Parmi les conditions exigées pour l'octroi d'une bourse, le candidat doit résider au Maroc, avoir la qualification universitaire et professionnelle requise, et s'engager à réintégrer le poste occupé avant la formation.
D'ailleurs, la perte de l'appui et du soutien financier de l'employeur peut conduire à la disqualification du candidat sélectionné.
La formation académique d'un coût de l'ordre de 80.000 Dollars, est réservée aux personnes ayant suivi des études supérieures et justifiant de trois ans d'expérience professionnelle.
Les formations concerneront différentes disciplines intéressant principalement le secteur privé, comme la gestion, l'administration des affaires, l'informatique...

L'assistance américaine à des organismes marocains de formation

La durée des études est comprise entre un à deux ans et se clôturera par l'obtention d'un diplôme MBA ou autre. Ainsi, chaque année 40 personnes sélectionnées iront Outre-Atlantique enrichir leurs connaissances. Les secteurs privés et publics se partagent cette formule à 50% chacun.
Aussi, le manque de candidatures du privé a entraîné la reconduction des bourses destinées au privé à l'année 1993.
Par ailleurs, des stages aux Etats Unis, en gestion et techniques sont prévus pour environ 420 personnes et quelques 130 visiteurs occasionnels (visites d'étude, conférences). L'employeur peut proposer ses cadres pour une formation dans le domaine qui l'intéresse le plus. Ces stages sont réservés aux personnes ayant déjà un emploi. Ils sont de courte durée, comprise entre 4 à 6 semaines, et leur coût s'élève chacun à quelques 10.000 Dollars.
Un autre programme, dit "Intership", figure dans le projet. Il est relatif aux jeunes entreprises désireuses d'observer leurs homologues américaines.

Quant aux stages de formation au Maroc, visant environ 4.800 personnes, ils seront réalisés avec la collaboration d'une dizaine d'établissements qui recevront une assistance technique américaine: matériel pédagogique, formation complémentaire du corps enseignant, création de nouveaux cours...
Des séminaires, et des tables rondes seront également organisés à l'intention des employeurs des secteurs public et privé, et s'appuieront sur leur participation financière. Le montant n'en a pas encore été défini.
Des cours d'anglais, pour faciliter le séjour éventuel aux Etats Unis, seront dispensés aux personnes sélectionnées, aux homologues de l'AID ainsi qu'aux enseignants désignés pour la formation, soit au total 2.300 personnes.
De plus, quatre conventions entre des établissements de formation et des associations professionnelles américains et marocains devraient permettre d'assurer le suivi des personnes ayant bénéficié d'une formation aux Etats Unis. Les conventions seront financées par le biais d'un accord de partage des frais passé avec le "projet de conventions pour le développement des universités".

L'organisation et la répartition du budget

Le budget s'élève à 41 millions de Dollars échelonnés sur toute la durée du projet, soit huit ans. Le projet sera financé à hauteur de 28 millions de Dollars par l'AID. La participation marocaine, secteur public et secteur privé confondus, sera de l'ordre de 13 millions de Dollars.
Les frais du voyage des bénéficiaires sont pris en charge par l'employeur, qui devra aussi maintenir la totalité ou une partie du salaire de son employé. "L'obligation de maintenir un salaire pendant un à deux ans aurait provoqué des réticences", estime-t-on de source spécialisée. Aussi une certaine flexibilité pour cette dernière condition a été souhaitée .
Contrairement à ses prédécesseurs, le projet est coordonné par un comité mixte consultatif et de sélection, composé de neuf membres, cinq du secteur privé et quatre du secteur public, chargés de l'exécution: suivi du budget, expertise, sélection des candidat et détermination des secteurs industriels visés.
La Direction de la Formation des Cadres est responsable de son exécution "conformément aux objectifs de développement économique à long terme au Maroc". Quant à l'AID, elle supervise le projet et contrôle son exécution. En plus du comité, un "contractant institutionnel américain" prendra part au projet pour administrer les formations de courte durée aux Etats Unis et la formation au Maroc. Des sous-contrats pourront être passés avec des organismes ou intermédiaires privés marocains.

Au terme de ce programme, le secteur privé devra bénéficier de 50% des bourses, de 60% des stages et de 80% des séminaires. Le reste ira au secteur public.
Ce projet "Formation pour le développement" est une des solutions envisagées afin de rendre le personnel national en place plus performant, et injecter du personnel compétent dans des postes de responsabilité dans le privé, dont certains sont encore vacants.
Parmi les résultats escomptés, il y a aussi le renforcement des établissements de formation au Maroc et la formation spécialisée en gestion et technique.
Ce projet ne pourra être considéré comme optimal qu'une fois tous les objectifs atteints: les femmes, le secteur privé et le secteur public qui dans l'immédiat participe le plus. Les difficultés, que rencontre le projet auprès du secteur privé, freinent le secteur public dans son élan vers la formation.
Ces difficultés sont certainement liées au partage des frais, d'après les interlocuteurs, bien que le projet soit souple et qu'il ne fixe pas de ratio. De plus, la prise en charge des frais de voyage et le maintien d'une partie ou de l'intégralité du salaire du candidat ne représentent qu'une faible partie de l'investissement.

Nadia EL ASRI


La promotion culturelle féminine

Avec le troisième projet de "formation pour le développement", issu d'un accord entre le Maroc et l'Agence Américaine pour le Développement International, la promotion culturelle féminine reçoit à nouveau l'appui des autorités nationales et internationales.
En effet, le projet, comprenant l'octroi de bourses de troisième cycle pour les Etats-Unis et des stages de formation de courte durée, ne peut être entrepris qu'à condition que des femmes cadres présentent leur candidature. Cette condition a été délibérément acceptée pour valoriser la formation des femmes.
Dans une première étape, il est prévu que pour chaque dossier de candidate déposé, deux dossiers de candidats seront étudiés. Ensuite, les dossiers féminins et masculins seront selectionnés selon des critères communs aux deux sexes.
Les résultats escomptés, dans le cadre de la promotion culturelle féminine, s'élèveraient à 30% des dossiers selectionnés. Dans l'immédiat, seules des candidates travaillant dans le secteur public ont présenté leur candidature aux bourses.
Par ailleurs, les statistiques parues dans "La formation des cadres, en chiffres officiels (1990-1991)", édité par le Ministère des Travaux Publics, de la Formation Professionnelle et de la Formation des Cadres, font état de 22% de cadres féminins suivant une formation. Le secteur juridique, économique et social domine avec 31% des effectifs, suivi du secteur scientifique à hauteur de 20% et de la formation pédagogique à 16%.



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