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Maintenance - production : L'éternel conflit

Par L'Economiste | Edition N°:61 Le 07/01/1993 | Partager

Dans ses rapports avec les autres fonctions, c'est avec la production que les relations de la maintenance sont les plus fréquentes, les plus étroites et les plus tendues. Le "conflit" maintenance-production est d'ailleurs des plus classiques, tout autant que celui qui oppose le financier (minimiser de coût) et le commercial ( maximiseur de ventes et donc de facilités aux clients). Il est si présent dans l'industrie que les recherches académiques s'y heurtent, sans même le chercher. Michel Crozier, grand spécialiste de la sociologie des organisations, l'avait analysé au début des années 60 dans "le phénomène bureaucratique".

Dans une grande unité industrielle publique qu'il étudiait, il découvrait que les hommes de maintenance s'imposaient lors des pannes, en tiraient une "stratégie de pouvoir". Ils devenaient les maîtres, faisant attendre, sans explications, leurs collègues de la production, n'expliquant ni l'origine de l'incident, ni sa solution, n'avisant même pas des délais de leur intervention. C'est la "rétention d'information" pour le pouvoir, contraire à sa diffusion, à la transparence, qui ôte le pouvoir. La production est maintenue dans un état de "dépendance", contrairement aux instructions de la direction générale. Car il y a bien un problème de pouvoir, autour des rapports des deux fonctions: "A qui appartient la machine, les équipements, capital de technique de l'entreprise, sa principale richesse".

Les logiques sont d'ailleurs différentes. Le Directeur de Production doit produire au maximum, il a des objectifs. Et puis, c'est sa raison d'être. Son importance, peut-être sa rémunération en dépend. La maintenance a des objectifs apparemment contraires: maintenir c'est arrêter la machine, pour une panne ou un entretien préventif, et donc arrêter la production. "L'ingénieur de maintenance défend la machine. Son collègue défend sa production. Il y a toujours des étincelles, ils ne peuvent faire ami-ami C'est salutaire pour l'entreprise "  (Oubassou Gillette Morocco). C'est un "antagonisme de fonction " (Essayouti Somaca) qu'admettent les vieux routiers de l'industrie, et qu'ils ont appris à gérer. En revanche, les plus jeunes voudraient dépasser ce conflit classique.

"Le point de friction n 'est qu'économique. Il faut choisir entre l'arrêt, l'ouvrier inactif, et la poursuite de la production, avec risque de casse, coût de casse et de l'arrêt", explique P. Rampini, Directeur de Steelcase-Strafor dont la position permet d'arbitrer entre les deux fonctions.
Dès lors que le conflit technique est posé en termes économiques, l'ingénieur maintenance, avisé, dira au département production: "Donnez-moi la machine pour l'entretien préventif Sinon, ce sera, à I 'horizon H, un arrêt de J jours qui vous coûtera C Dirhams".

La production doit assumer ses risques et ses coûts. Une solution, proposée, est que la production soit responsabilisée via le budget maintenance. La production définit l'objectif, un plan de maintenance "X heures de disponibilité de la machine et Y heures de dépannage ".

L'ingénieur maintenance fixe alors le budget nécessaire pour un tel programme.
P. Rarnpini établit un parallèle entre la production et un automobiliste. "C'est la situation de l'automobiliste (production), responsable de son véhicule (machine) qui souscrit une assurance (maintenance), auprès d'une compagnie (Ingénieur maintenance). Il prend soin de son véhicule, assume le coût de I 'assurance " .

Dans cette négociation sur les budgets de la maintenance, la pierre d'achoppement est le temps d'arrêt, pour panne d'entretien préventif de la machine. La production garde un souci. majeur "le délai de récupération de la machine". La maintenance répond, quand elle veut, quand elle peut, allonge toujours le délai. "Un marchandage bien culturel" (Essayouti).

Pour éviter les marchandages quotidiens et les frictions, rien ne vaut une clarification préalable des règles du jeu. Un bon contrat maintenance-production est possible. Les ingénieurs maintenance du Bulle sont bien obligés d'en conclure un, vis-à-vis de leur "production", en fait, les clients de la Compagnie. "Les contrats de maintenance définissent les engagements de chacun, le où, le comment, le budget. Dans une entreprise, en interne, des contrats similaires peuvent être établis en terme d 'objectifs" (Bouskid).

A force d'aplanir les conflits et de rapprocher les objectifs, la maintenance pourrait se fondre dans la production. Chez SGS Thomson, elle a été décentralisée sur les quatre grandes lignes de production. La TPM (Total Productivité Maintenance) prône la délégation des tâches de réglage maintenance aux opérateurs, aux producteurs responsabilisés.
Quand bien même maintenance-production s'entendent, il faudra compter désormais avec l'arrivées de dernier trouble-fête, le responsable qualité.

K.B.

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