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Culture

Livre: A pieds, sur les traces du grand Babur…

Par L'Economiste | Edition N°:3052 Le 23/06/2009 | Partager

. Rory Stewart marche de Hérat à Kaboul, en racontant ce qu’il voit et ce qu’il vit. Un voyage à ne pas rater. Les «experts» en prennent pour leur grade!Le grand Babur est l’empereur moghol («mohol» en turc) qui a conquis l’Afghanistan, l’actuel Pakistan et les trois quarts de l’Inde parce que les révoltes ouzbèkes l’avaient privé de son royaume, royaume dont il avait hérité à l’âge de 12 ans en se «débarrassant» de ses oncles. Pourtant, de Hérat à Kaboul, Rory Stewart, est peut-être le seul à savoir qu’il fut, il y a cinq cents ans, un empereur nommé Babur, et que ce Babur a écrit son voyage dans cet endroit, dans ces vallées… Babur décrit aussi les bâtiments, qu’il découvre en arrivant, et ceux qu’il fait construire. Mais aujourd’hui plus personne ne parle de lui et ce n’est peut-être pas seulement l’effet des 25 ans de guerre qu’a vécus l’Afghanistan. Personne d’ailleurs ne s’étonne d’entendre que le chien recueilli par le marcheur a été nommé Babur. Pourtant, l’auteur reconnaît des usages qui viennent des Moghols et particulièrement de l’époque de Babur, dans les villages qu’il traverse. On dirait que par moments, il se noue un dialogue entre Stewart et Babur, par-dessus cinq cents ans, par-dessus les grandeurs et les multiples décadences des peuples afghans. En effet, l’auteur cite des passages entiers des relations de Babur. Il en cherche sur place les vestiges… et il lui arrive d’en trouver. En bon britannique héritier lui aussi de constructeurs d’empire, l’auteur sait instinctivement trouver les liens de pouvoirs, verticaux entre les chefs et les subordonnés, mais aussi horizontaux, dans la géographie, d’un village à l’autre, d’une vallée à l’autre.Sur les 800 km de route, finalement, ce sont les villages qui sont arrivés à conserver leurs structures féodales qui s’en tirent le mieux: ils ont des terres et surtout ils ont leurs troupeaux. Automatiquement ils sont plus riches que les autres. Dans d’autres villages, les talibans ont tué les troupeaux, parfois juste pour le plaisir de les tuer en même temps qu’une partie des hommes valides. Il y a même des villages qui ont été plusieurs fois victimes: des Russes, puis des différents amis des Russes, puis de l’Alliance du Nord de Shah Massoud, puis des talibans. Ces villages-là n’avaient pas tous les jours du pain et attendaient l’arrivée des Alliés emmenés par les Américains venus là pour attraper Ben Laden. A propos de Ben Laden, il n’est pas très connu dans cette partie du pays, moins que l’ancien roi. Mollah Omar l’est un peu plus. Certains villages en revanche connaissent bien les «Arabes» d’Al Qaida pour la cruauté qu’ils ont exercée sur les populations. Et pourtant, les Afghans ne sont pas un peuple tendre! Et puis on notera la férocité de l’auteur à l’encontre des experts internationaux en développement. Rien que cela vaut le détour par ce livre.N. S.

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