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    Le retour de Serfaty: Le verrou a sauté

    Par L'Economiste | Edition N°:609 Le 05/10/1999 | Partager

    · L'arrivée de M. Abraham Serfaty a été soigneusement médiatisée
    · Sur le plan de la gestion interne des droits de l'Homme, il reste au gouvernement une épine au pied: Cheikh Abdessalam Yassine


    Le retour de M. Abraham Serfaty, après huit ans d'exil, a pris tout le monde de court. Son arrivée, présentée imminente l'année dernière, a été remise en cause par des déclarations à la presse libanaise, disait-on. Puis, tout le monde a oublié. Aujourd'hui, l'exilé est rentré à la faveur d'une décision Royale. Il est revenu, sans condition, par un vol régulier de la RAM, au milieu des passagers de la première classe de la ligne Rabat-Paris.
    La communication autour de cet événement a été bien verrouillée. A part quelques médias triés sur le volée et ses avocats, pas grand monde n'était au courant. Dès sa descente d'avion, M. Serfaty a assuré qu'il ne ferait pas de politique mais aidera la société civile. Ces premières déclarations ont été faites à la presse, sur le tarmac d'une Renault Espace où il a été soigneusement placé. Visiblement, il est ému et fatigué. Emu, parce qu'il rentre dans son pays après huit ans d'exil en France. Le souvenir de sa femme empêchée d'entrer au Maroc il y a moins de dix mois trotte encore dans les têtes. Le gouvernement d'alternance n'a pas de motifs de fierté pour avoir renvoyé (vers Paris par le vol suivant) une veille dame à qui les services du Premier ministre avaient pourtant fait des promesses. Cette affaire avait montré les insuffisances de la coordination au sein du gouvernement dont une partie se comportait comme si elle était toujours dans l'opposition. L'histoire avait fait beaucoup de bruit au Nord de la Méditerranée, éclaboussant ainsi l'image du Maroc que beaucoup s'acharnaient à faire briller.
    Fatigué et malade, parce que M. Serfaty est âgé de 73 ans et les dix-sept années passées dans les geôles ont laissé leurs traces.
    Ce sont MM. Omar Azziman, ministre de la Justice et Hassan Aourid, porte-parole du Palais Royal qui ont fait le déplacement pour l'accueillir. Présents aussi M. André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi et le peintre Mehdi Qotbi. Le ministre en charge des Droits de l'Homme était absent, comme le Premier ministre, ce dernier retenu par une réunion consacrée aux handicapés.
    M. Serfaty a été par la suite transporté vers un bungalow de l'hôtel Hilton où il doit séjourner. L'ancien membre du Parti Communiste Marocain n'a pas trouvé ses anciens camarades pour le porter triomphalement. Même ceux qui se réclamaient d'"Ilal Amam", mouvement clandestin que l'ancien directeur de l'Ecole Mohammédia des Ingénieurs avait fondé au début des années 70, lui ont faussé compagnie.
    Rien à voir avec le retour de M. Mohamed Basri, il y a moins de cinq ans. Son accueil a été organisé. Des milliers de supporters du Fquih avaient fait le déplacement à l'aéroport de Casablanca. L'initiative de l'organisation de l'accueil revenait à la CDT et des militants radicaux de l'USFP. Son retour à la scène politique, via une émission de 2M, avait cependant fort déçu le public.
    Le retour de M. Serfaty s'inscrit dans le prolongement de la décision Royale de clore définitivement le dossier des droits de l'Homme. Sur le plan international, cet événement redore l'image du Maroc. Le poussiéreux dossier des droits de l'Homme est sorti des tiroirs pour être classé définitivement.
    Sur le plan de la gestion interne des droits de l'Homme, il reste cependant une épine au pied du gouvernement. Le cas de Cheikh Abdesalam Yassine demeure en suspens.

    Mohamed CHAOUI

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