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Le coup de gueule des pharmaciens

Par L'Economiste | Edition N°:3452 Le 25/01/2011 | Partager
Le rapport BCG vivement critiqué
La révision du système des marges soulève un tollé

Levée de boucliers auprès de la corporation des pharmaciens. Aussitôt rendue publique, l’étude menée par le cabinet BCG (Boston Consulting Group) sur les médicaments génériques soulève un tollé général auprès des officinaux.
Aujourd’hui, la corporation monte au créneau. Elle se dit indignée par les révélations d’un rapport «qui a fini par créer une hystérie dans la profession». Une réunion a d’ailleurs été tenue le week-end dernier à Marrakech pour dénoncer «un simulacre d’étude qui ne respecte pas le minimum de la rigueur scientifique».
Les pharmaciens ne comptent pas en rester là. Ils s’apprêtent à saisir la ministre de tutelle au sujet de «la proposition de révision des marges des pharmacies d’officine». Un courrier sera adressé en ce début de semaine à Yasmina Baddou. En même temps, une importante réunion sera tenue le 27 janvier en présence de l’ensemble des syndicats à la Maison du Pharmacien à Rabat, pour formaliser une réponse claire au rapport du cabinet BCG. Pour rappel, les pharmaciens ont 15 jours pour formuler une réponse à la tutelle. Ce qui est jugé très peu, car les officinaux devront aussi «commanditer une étude auprès d’un cabinet spécialisé de la taille de Boston Consulting» pour analyser l’impact de la révision des marges sur leur chiffre d’affaires. Arguments contre arguments.
En attendant, Kamal Belhadj, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, est catégorique: «Le rapport BCG manque de professionnalisme dans la méthode de calcul des marges sur les médicaments. Ce travail bâclé est diffamatoire. C’est évident, l’étude a recouru à des montages farfelus pour manipuler l’opinion publique», fustige le président de la fédération. Ceci étant, les pharmaciens comptent aujourd’hui ester en justice et porter plainte contre les consultants d’un rapport «à caractère diffamatoire». Les critiques sur l’étude fusent: «Le rapport ne parle que de sanctions, de retrait de licences, de contrôle, de responsabilité juridique du pharmacien, de la nécessité de le former… », se plaint-on.
Le risque aujourd’hui, renchérit Belhaj, est de mettre en faillite l’ensemble du système des pharmaciens. Car, selon lui, baisser les prix implique automatiquement la baisse du chiffre d’affaires.
Concrètement, «l’on nous propose de baisser la marge sur les princeps et augmenter celle sur les génériques», explique-t-on auprès des pharmaciens. Ce qui reviendrait au même pour les patients à revenu limité. D’autant plus qu’il y a des doutes sur la qualité des génériques. Pis encore, «la politique de la tutelle entend ainsi encourager davantage les rentes des génériqueurs», dénonce-t-on.
«Si aujourd’hui le pouvoir d’achat ne suit pas, c’est parce que l’Etat doit revoir la politique des prix des médicaments en commençant par la suppression de la TVA qui est de 7 et 20%», suggère Walid Amri, président du syndicat des pharmaciens de Casablanca. Rappelons que le taux de TVA sur les médicaments est fixé à 2,1% en France. Il est de 0% dans l’ensemble des pays arabes. «Il faudra revoir le système médical dans sa globalité (radiologie, analyses biologiques, cliniques…) au lieu de tout mettre sur le dos du pharmacien», relève Amri. La logique de la chaîne doit primer avec une approche systémique et tout un plan d’accompagnement séquentiel, recommande un industriel.
«Si la proposition BCG est retenue, 80% des pharmacies vont mettre la clé sous le paillasson», martèle le président de la fédération. Aujourd’hui, 3.000 sont repertoriés en situation de faillite. Et pour cause: la médiocrité des dépenses des citoyens qui ne dépassent pas les 240 DH par an contre 500 euros (environ 6.000 DH) en France.


Benchmark


La réforme des prix de Yasmina Baddou entend encourager la consommation de génériques qui ne dépasse pas les 20% actuellement. La tutelle table sur un taux de pénétration de 45% sur 3 ans et 60% à terme. Pour les princeps, les marges seront révisées. Une nouvelle méthode de fixation des prix a été préparée. Elle propose d’aligner les prix des princeps sur le minimum d’un panier de 7 pays. Or, les officinaux estiment que l’on ne peut en aucun cas comparer la réalité marocaine à la Tunisie où l’on soutient les médicaments à 80%, ni à l’Algérie où l’Etat subventionne à 100% le médicament (gratuité des soins), encore moins à la Turquie et à la France.


Amin RBOUB

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