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Culture

Le chanteur aux 100.000 volts n'est plus

Par L'Economiste | Edition N°:1168 Le 20/12/2001 | Partager

. Le fou de Nathalie n'est pas mort dans «l'indifférence«. Il préparait un nouvel album avec Quincy Jones Bécaud était toujours par terre, assis sur le sol de sa péniche. “Mes pantalons sont cuits”, disait-il en rigolant. Il y a trois mois déjà, il parlait avec enthousiasme du jeune homme de son nouveau disque dont il cherchait les musiques en Corse. “C'est Quincy Jones qui produit et arrange quelques titres pour moi”. Aucune prétention dans la voix du plus jeune des chanteurs français, il connaît Quincy Jones depuis près d'un demi-siècle, quand celui-ci travaillait à Paris pour Eddie Barclay.Difficile de tirer des confidences de l'homme le plus secret de la chanson française, qui se dissimulait avec l'orgueilleuse modestie des grands artistes populaires derrière ses chansons légendaires, insistant en rigolant sur le fait qu'il n'en avait écrit aucune. En même temps, pas à une contradiction près, Gilbert Bécaud insistait sur les fameuses séances de travail au cours desquelles Louis Amade ou Pierre Delanoë écrivaient pour lui, avec lui, ses paroles acides ou sucrées qui allaient faire valser les âmes. “Nathalie, elle existe, elle m'attend quand je viens en Russie. C'est une jolie blonde. Ils sont charmants avec moi, ils choisissent toujours les plus jolies filles pour me tenir la main”.Gilbert Bécaud ne refusait pas de répondre aux questions, il vous regardait de ses yeux clairs qui disaient simplement sa répugnance à étaler au grand jour les confidences que la presse populaire avait cessé depuis longtemps de lui soutirer, laissant à une ancienne amoureuse, Brigitte Bardot, le soin de raconter plus en détail leur nuit d'amour et le champagne encore tiède qui passait d'une bouche à l'autre. Sur son cancer de la mâchoire, il passait en riant. “Des cancers j'en ai donnés, j'en donnerai plein encore”, lâchant juste, il y a trois ans, lors d'un Olympia fabuleux de convivialité et de vitalité, il souffrait le martyr parce qu'il était en pleine chimiothérapie.On a beaucoup parlé du mauvais caractère de Bécaud, il n'aimait simplement pas qu'on se foute de sa gueule ou qu'on le prenne pour un con. S'il sentait qu'on l'aimait, qu'on aimait ses chansons, il faisait de vous un copain, presque un intime. Le temps passait, on oubliait les questions qu'on devait lui poser. Il parlait de tout et de n'importe quoi sans prétention, du cinéma qu'il adorait par exemple. Il aurait aimé faire davantage de films. Il aurait pu être notre Dean Martin, mais il n'était pas amer d'être tenu à l'écart des écrans français. Il montrait encore il y a cinq ou six ans dans un bon épisode de Navarro que les rôles de composition ne lui faisaient pas peur et qu'il pouvait aussi jouer les méchants comme personne.Quand on lui rappelait que les Everly Brothers avaient repris l'un de ses plus beaux standards Let it be me (Je t'appartiens) quelques mois seulement après qu'il l'ait enregistré au début des années 60, il faisait mine d'avoir oublié. Il savait que Dylan adorait cette chanson qu'il avait aussi enregistré dans Self Portrait.Sur ses années de collaboration et d'amitié avec Aznavour, il passait vite. On lisait dans ses yeux qu'il préférait ne pas détailler les causes de sa rupture avec un auteur-compositeur plus apte que lui à s'adapter aux modes et aux vagues. Sa grande fierté, plutôt que ses dizaines de succès mondiaux, c'était Opéra d'Aran, son oeuvre lyrique encore jouée dans plusieurs langues, aux quatre coins du monde et qu'il avait enregistrée en anglais, à ses frais, pour donner des indications aussi précises que possible à ceux qui allaient le représenter. Il aurait pu rigoler de la nouvelle vogue des comédies musicales qu'il avait lancé avec Madame Rosa, son adaptation chantée de La vie devant soi, qui continue de triompher à Broadway. Ce n'était pas son genre. Il passait dans la vie comme un Pierrot qui danse, sans jamais oublier de demander aux visiteurs timides la question que les artistes ne posent plus: “C'est quoi votre petit nom?”Louis SKORECKISyndication L'Economiste-Libération (France)

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