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    Politique Internationale

    L'aumône par carte de crédit dans une église allemande

    Par L'Economiste | Edition N°:485 Le 14/04/1999 | Partager

    · Un pasteur allemand diplômé en marketing installe un terminal électronique pour recevoir l'aumône des fidèles

    · Les recettes de l'église ont augmenté de 20%

    · Seulement deux autres installations similaires à travers le monde


    L'aumône électronique. Ce n'est pas le titre d'un livre de science fiction ou d'un film hollywoodien, mais il s'agit bien d'une réalité. C'est le dernier cri de l'innovation technologique en matière de charité. A quelques mois du 21ème siècle, cette dernière change aussi de visage pour s'adapter à son environnement. Seuls quelques pays ont, jusqu'à cette date, développé ce "nouveau produit". Après l'Italie et l'Espagne, le dernier à l'avoir mis en place est l'Allemagne à l'initiative d'un jeune pasteur de la banlieue de Stuttgart. Ce dernier, diplômé d'économie et de marketing de l'Université de Stanford (Californie) et ferré en informatique, reconnaît avoir appliqué une stratégie purement marketing à l'informatisation de l'aumône des fidèles de son église. Comme il l'explique, la population de sa ville comprend beaucoup d'hommes d'affaires qui ne circulent qu'avec des cartes de crédit. Lors de leurs visites à l'église, ils sont souvent à cours d'argent liquide pour leurs bonnes actions. Aujourd'hui donc, "les paroissiens en mal de pièces pour l'aumône n'auront plus besoin d'emprunter à leurs voisins pour glisser des pièces dans le tronc de l'église. Ils n'ont plus qu'à insérer leur carte dans le terminal". La préférence du pasteur Gerrit-William Oberman est allée pour les cartes Eurochèque.
    La nouvelle technique a même fait "des miracles", puisque le produit de la quête a depuis augmenté de 20% par rapport aux recettes ordinaires de sa paroisse. Le phénomène n'est pas sorcier à expliquer. Le pasteur Oberman avance qu'avec la carte "il est rare que les gens ne donnent qu'un Mark (1 DM=5,26 DH)". Et d'ajouter que "les dons vont jusqu'à 500 Marks. En plus, l'argent électronique n'est difficile ni à compter, ni à porter".

    Reste que si les Allemands se permettent d'aussi gros montants, c'est essentiellement parce que leurs impôts en seront déduits. En effet, les reçus remis par le guichet sont acceptés, comme preuve, par le Fisc allemand jugé des plus fermes au monde. Les fidèles n'ont donc qu'à envoyer le ticket à l'Administration pour profiter d'une déduction fiscale, "ce qui n'était pas possible pour l'aumône en liquide".
    Oberman fait d'une pierre deux coups. Non seulement son église augmente ses recettes, mais elle profite d'une véritable publicité qui n'a pas coûté le moindre Mark. En effet, et comme il le souligne, "des visiteurs viennent à l'église juste pour voir l'appareil". Le pasteur fait dorénavant partie des célébrités de sa ville. Il a accordé plus de 100 interviews et passé cinq fois à la télévision.


    Entre les banques et le bug 2000


    IL a fallu au pasteur trois ans pour concrétiser son rêve. Principal obstacle, la réticence des bailleurs de fonds. "Les banques ont cru à un poisson d'avril et faisaient un véritable blocage mental". Mais cela ne l'a pas empêché de poursuivre son projet. Avec l'appui de l'évêque, Oberman a réussi à se faire sponsoriser...
    Aujourd'hui, le système est bien rôdé. Reste qu'à l'approche du bug 2000 le pasteur devra s'interroger sur un éventuel blocage de son système la nuit du 31 décembre 1999 ou espérer être "béni de Dieu", et donc épargné de "l'apocalypse informatique".

    Aniss MAGHRI (AFP)

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