Economie

L’Aïd célébré à l’hôtel

Par | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

. De nombreuses familles ont opté pour cette formule . Marrakech, Fès, Agadir et Beni Mellal… ont fait le plein Autres temps, autres mœurs. Le sacrifice du mouton serait-il en train de disparaître des pratiques? Peut-être. Sinon, comment interpréter le fait qu’une vague de vacanciers aient préféré, à la fête, les séjours «tout compris» proposés par les complexes touristiques à travers le pays? «Même si la tendance va crescendo, la tradition demeure fortement enracinée dans les mœurs», rectifie Ouallam Hamid, propriétaire de l’hôtel Bine El Ouidane, situé dans la région de Beni Mellal. Le rite est toujours là, mais célébré autrement. Dans ce petit complexe qui comprend des chambres et appartements, les familles, qui y ont séjourné, ont payé leur bête, mais ont bénéficié de l’assistance du personnel hôtelier. Pour tous les services liés au rite, de l’achat à l’abattage et à la préparation de la viande. «Pour cela, ils n’ont payé que des frais d’hébergement et autres extra», précise Ouallam. En plus du rituel, la maison leur a aussi offert des activités sportives et de loisirs. Le tout entre 270 DH/chambre/personne et 1.500 DH, selon la formule choisie et l’importance de la famille. Même chose auprès de la chaîne Sogatour, notamment à Moulay Yacoub et Sidi Harazem. Dans ces régions, les unités de la chaîne sont également composées de chambres et d’appartements offrant les commodités nécessaires à la pratique du sacrifice. A l’opposé, d’autres lieux touristiques qui se sont contentés de créer l’ambiance de l’Aïd. C’est le cas de la chaîne Tikida. A ce niveau, le package «tout compris» proposé à 650 DH/ jour/personne a séduit. «Mais le jour de l’Aïd est sacré», précise Khadija Raouni, chargée du marketing au Tikida Garden de Marrakech. Deux moutons ont été abattus pour les besoins de la clientèle. Histoire de servir le même menu que celui consommé le jour de la fête. Raouni qui a travaillé dans plusieurs hôtels marocains assure que «la formule est quasi généralisée dans les établissements nationaux y compris les grands palaces». Et la niche connaît un développement soutenu auprès des ménages aisés. D’autant plus que les nouvelles constructions ne s’accommodent guère de la pratique d’abattage à domicile. La clientèle présente aussi une sensibilité assez prononcée à l’aspect sanitaire du sacrifice. S’ajoutent les contraintes de la vie active. Les femmes qui travaillent se retrouvent sans aide en cette période. Les domestiques ayant toutes pris congé en cette période.


Stagnation ou recul?

L’enquête réalisée par le département de l’Agriculture sur la période 1998/2007 montre que l’abattage pour sacrifice porte sur 4,9 millions de têtes. Ce chiffre est le résultat d’une progression de 0,6% entre 1998 et 2005. Depuis, une stagnation est observée. Cette année encore l’estimation officielle porte sur le même niveau que celui réalisé en 2005. Du coup, la demande recule. Il en est de même pour l’abattage annuel pour couvrir les besoins d’approvisionnement normal du marché: 2,9 millions. Sensibilité au cholestérol oblige! est-il avancé par certains. Changement d’habitudes culinaires, sous pression de la dégradation du pouvoir d’achat, affirment d’autres. La demande en viandes s’oriente en effet de plus en plus vers les volailles, moins chères et moins grasses.Aziz GHOUIBI

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