×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

«Je me repose dans la peau des autres»
Entretien avec Hassan El Fad

Par L'Economiste | Edition N°:1940 Le 18/01/2005 | Partager

Désopilant, franchement drôle mais surtout original, le dernier spectacle de l’humoriste Hassan El Fad «Docteur Ghlala» est une réussite. Présenté en première marocaine, samedi dernier, à l’Institut français de Meknès, ce one man show confirme d’une façon agréable le talent incontestable de l’artiste. Quatre sketches, une heure et demie de comédie intelligente et une réussite artistique. Entretien avec le comédien. - L’Economiste: Avec votre «Docteur Ghlala», vous revenez de loin? Les raisons de cette absence?- Hassan El Fad: Ce n’est pas une absence. J’étais occupé un peu à étaler mes pitreries à la télé où j’ai fait trois saisons et je me donnais le temps de mieux préparer le spectacle. Car je l’ai écrit d’une façon fragmentée. Chaque sketch a été élaboré à part, en dehors de mon travail à la télé. Ceci avant que je ne regroupe les quatre sketches pour monter un spectacle d’une heure et demie. En fait, ça représente l’équivalent d’une saison de travail continu. - Et ce titre «Docteur Ghlala», vous aimez particulièrement les escargots? - Non, non… (Sourire) C’est juste parce que c’est un personnage marquant. Pour le titre, il y avait plusieurs possibilités mais j’ai préféré celui-là, car il représente un personnage. Et «Dr Ghlala» ça sonne bien phonétiquement, ça peut être sympathique, drôle mais surtout pousser à s’interroger: c’est quoi ce titre? Qu’est-ce que ça veut dire? Ça ne laisse pas indifférent.- Dans vos shows, on découvre toujours un Hassan El Fad caméléon, vous ne cessez de changer de personnage, est-ce de la schizophrénie? - Ce n’est pas de la schizophrénie, au contraire, c’est une cure psychologique. On quitte sa peau pour aller se reposer dans la peau d’un autre. La schizophrénie, c’est pathologique, car on souffre d’un dédoublement de la personnalité dans la peau du même personnage; dans mes sketches, c’est curatif et c’est magnifique. Imaginez, ça fait 40 ans que je vis avec la même tête, en jouant au caméléon, ça me permet de me reposer de moi le temps d’un spectacle!- Maintenant, vous vous inspirez de l’Histoire, le sketch de Tarik Bnou Ziad est hilarant…- D’abord, pourquoi Tarik Bnou Ziad? Parce que je voulais créer un spectacle où je parle l’arabe classique en dialectal et vis versa: en arabisant le dialectal. Et puis, c’est un personnage qui m’a toujours fasciné. Je ne crois pas que dans l’histoire du Maroc il y est quelqu’un qui ait entrepris une aventure aussi rocambolesque et héroïque que la conquête de l’Andalousie. - Drôle de façon d’exprimer votre fascination pour ce guerrier: vous avez tourné en dérision son accent et son courage mythique?- Je ne suis pas poète pour écrire un poème sur Tarik, je ne suis pas sculpteur pour lui sculpter un buste, je ne suis pas non plus chorégraphe pour monter une chorégraphie sur la traversée de la Méditerranée. Je suis un humoriste, et mon meilleur hommage, ma meilleure façon d’exprimer mon admiration pour ce personnage, c’est de faire un sketch. Voilà! - Cette nouvelle expérience vous réussit, verra-t-on d’autres personnages historiques dans vos prochains spectacles? - Ça dépend, ça me titille de plus en plus. Je suis en train de relire l’Histoire du Maroc, loin de la version officielle enseignée à l’école. Je découvre beaucoup beaucoup beaucoup de surprises !- C’est quoi votre secret pour maintenir une salle archicomble en hilarité continue pendant presque deux heures? - C’est la technique, la préparation, la répétition, le travail, le travail et encore le travail! Il n’y a pas de secret, il y a le dosage des ingrédients qui font d’une création un spectacle comique. Il faut un canevas de texte, le maîtriser tout en laissant quelques marges à l’improvisation qu’on maîtrise encore mieux. - Ramadan à la télé n’a pas vu Hassan El Fad se produire. Période de répit ou manque d’inspiration? - Manque d’inspiration tout simplement, je n’avais rien à proposer. - Votre collègue Saïd Naciri fait maintenant des sitcoms, des films (même en berbère), ça ne vous donne pas envie? - Vous savez, nous les comédiens, et surtout les humoristes, nous nous lançons dans des projets qui nous emballent et qui nous procurent du plaisir, et notre plaisir n’est pas identique. Dieu merci, jusqu’à maintenant, on ne se plagie pas, on se respecte, on se concerte, on s’entraide tant bien que mal, et moi je trouve que Saïd est en train de faire un parcours très réussi; il sait ce qu’il veut. Il a fallu qu’il fasse un premier film pour en réussir un second et ça c’est du Saïd Naciri. C’est quelqu’un qui ne cache pas ses brouillons, c’est courageux de sa part.- Et vous, vous manquez de courage?- Oui, moi par contre, je cache mes brouillons, je ne montre que le propre! (Sourire). Je suis une personne très timide et introvertie, au contraire de ce qui s’affiche. - Si on vous demande de décrire votre humour, quels seront vos termes? - Familial, marocainement familial. - Question classique pour conclure: des projets? - Une parodie à la télé et coécriture du scénario d’un long métrage, une comédie, avec Younès Jamaâ.


«Dr Ghlala», un monde de fous!

Samedi dernier, la salle de théâtre de l’Institut français de Meknès est archicomble. Il y avait même des gens debout ou assis sur les petites marches. L’engouement du public meknassi est bien évident. Après la bousculade à l’entrée où jeunes, adultes et même enfants avec bonnet rouge et poussin en peluche, essayaient de se frayer un chemin vers la salle, tout ce beau monde va être récompensé. Dès son apparition sur scène, Hassan El Fad a vite fait de conquérir l’assistance. Le gardien de parking mythomane entraîne le public dans un monde fabuleux où la réalité cède, volontiers, la place à l’imagination fertile du jeune homme. Héros grandiose d’aventures extraordinaires, il finit par perdre «le réseau». Cow-boy solitaire, matcho hollywoodien, playboy et latino dreamer, ses sautillements entre les personnages et les registres sont époustouflants. Dr Ghlala, lui, débarque sur scène sur la bande-son originale de X-Files avec une lumière bleutée rappelant, comiquement, l’arrivée d’extraterrestres. Gadgets futuristes à l’appui, ce pseudosavant spécialisé en hermaphrodites avec son papillon, sa voix monocorde et sa façon d’appuyer sur les consonnes, est une sorte de caricature du Pr Abderrahim Harouchi. Autre registre, le personnage Tarik Bnou Ziad est décapant. Avec un arabe classique parsemé de termes dialectaux comiquement agencés, El Fad a signé là une œuvre originale en s’inspirant d’un registre jamais visité par l’humour au Maroc. Epée à la main, accent berbère et courage au coeur, le Tarik d’El Fad donne envie de relire l’histoire… la vraie. Haja Zohra est un prétexte pour présenter des gags bien populaires, tout en faisant de la parodie télévisuelle. Elle suit des cours d’alphabétisation à 60 ans et elle ne manque pas de cran. Elle ose même appeler «Roukn al moufti» pour un conseil religieux. A voir absolument! Propos recueillis par Hayat KAMAL IDRISSI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc