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    Handicapées par une vieille législation : Les sociétés de gardiennage ont du mal à percer

    Par L'Economiste | Edition N°:232 Le 30/05/1996 | Partager

    A peine à ses débuts, la fonction d'agent de sécurité balbutie. Il est secouriste, pompier, gardien et standardiste. Les mentalités ne sont pas encore prêtes, le produit s'adresse surtout aux multinationales et aux banques.

    "Nous ne sommes pas une société de bodyguards", souligne un professionnel de la sécurité. "Notre force repose exclusivement sur la prévention, bien que l'image de l'agent de sécurité soit encore répressive", souligne M. Jean Claude Letetu, responsable de la société RMO. "Nous ne voulons pas nous substituer aux agents de la force publique".
    En fait, l'agent de sécurité est celui qui protège le patrimoine et les personnes. Il ne peut intervenir que dans des cas bien précis et dans un cadre privé. Il s'agit par exemple de porter les premiers soins à un membre du personnel, de veiller sur les équipements, d'interdire l'accès aux personnes étrangères. Ces agents sont en réalité des secouristes, des pompiers, des standardistes... La prévention a pour avantage de minimiser les risques en matière d'accident de travail, d'incendie, de vol...
    A l'exclusion de cas très rares tels que celui de l'agression sur le parking de MacDonald Casablanca il y a 3 ans, l'agent de sécurité est très peu confronté dans l'exercice de ses fonctions à un environnement agressif. "Les agressions sont rares et le Maroc est un pays où globalement la violence n'est pas très courante", explique M. Dominique Ney, responsable d'Adia Maroc. Aussi notre rôle est-il beaucoup plus dissuasif qu'actif. "Nous sommes des gardiens ou des pompiers modernes".

    Conditions de moralité

    Un minimum de formation est exigé du personnel. En plus du baccalauréat, il existe des critères de moralité (avoir un casier judiciaire vierge et un lieu de résidence fixe) mais également répondre à certains critères physiques (âge, taille, poids, pas de port de verres correcteurs, être en très bonne condition physique). Les salaires mensuels proposés à ce personnel varient de 1.500 à 5.000 DH. D'ailleurs, pour répondre à cette mission, le personnel se voit délivrer une formation adaptée aux besoins de chaque entreprise.
    "Notre capital est avant tout humain", fait remarquer M. Letetu.
    La formation joue un rôle capital. A titre d'exemple, Adia dépense 350.000 DH par an pour la formation avec un investissement de départ de 4 millions de DH. Une formation coûte en moyenne 5.000 DH. En majorité, les sociétés de gardiennage ont leur propre centre de formation. Des cours de secourisme et de lutte contre l'incendie y sont délivrés.
    Les PME ressentent encore peu le besoin de faire appel à ce type de prestation. Les principaux clients actuellement sont les multinationales, les banques et les grandes entreprises. Une journée de surveillance coûte au client entre 150 et 500 DH si l'agent est accompagné d'un chien de garde.
    Un service personnalisé peut être proposé et un cahier des charges est élaboré entre le client et la société de gardiennage.
    Les prestations de service vont de la mise en place dans les entreprises d'agents en uniforme à la surveillance avec un chien de garde, patrouilleur avec voiture équipée de radio, à la détection avec caméra et alarme.
    L'effectif de chaque entreprise varie suivant le niveau d'activité.
    Adia emploie près de 2.500 salariés et RMO 2.000.

    L'uniforme interdit

    Le marché de la sécurité ou plutôt du gardiennage est partagé entre les sociétés professionnelles que sont Ecco, Adia et RMO et les entreprises elles-mêmes qui assurent leur propre surveillance.
    Le produit sécurité n'a commencé à se développer que dans les années 90 avec l'arrivée de grands groupes étrangers. Mais comme il se heurte à des mentalités encore réticentes, cette activité ne représente que 30% de leur activité globale.
    En 1995, les sociétés s'étaient vu interdire l'exercice de cette fonction en raison de l'uniforme.
    En matière réglementaire, le seul texte qui évoque le gardiennage est le Dahir du 7 avril 1933 relatif aux entreprises de gardiennage ou de police privée. L'article 1er "interdit aux entreprises ou sociétés de gardiennage ou de police privée, constituée en vue d'assurer la surveillance des magasins, villas... de prendre toute nature de dénomination comportant les mots police, sûreté, sécurité, sécuritas ou toute appellation analogue pouvant prêter à confusion avec les services publics de la police".
    Il interdit également "aux gardes et employés des entreprises sus-citées de revêtir des tenues pouvant être considérées comme un uniforme, de porter des brassards, des plaques ou des insignes distinctifs quelconques".
    Pour ne pas être en infraction avec le texte, les professionnels ont des tenues très différentes des agents de la force publique. Ainsi, la confusion est éliminée.

    Fatima MOSSADAQ

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