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Politique

Gouvernance politique: Craintes et espoirs

Par L'Economiste | Edition N°:819 Le 27/07/2000 | Partager

Par Mohammed Benmoussa, directeur de banque et membre du Parti de l'IstiqlalL'AVÈNEMENT du règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été l'occasion de mettre en relief l'existence au sein de la société marocaine d'un sentiment général contradictoire: d'une part, de grands espoirs liés à la personnalité et aux actions du Souverain et, d'autre part, des craintes fondées sur les difficultés des citoyens dans leur vie de tous les jours.Symbole de cohésionNul doute que la personne du Roi représente pour tous les Marocains un symbole fort de cohésion et d'unité et un motif suffisant pour contenir frustrations et impatiences. Elle constitue aussi pour eux la garantie que leurs droits seront désonnais respectés et protégés et leurs attentes légitimes entendues et satisfaites. Les Marocains sont conscients qu'ils vivent sous le règne d'un Souverain expérimenté, moderne, dynamique et particulièrement pressé, malgré sa légitimité intemporelle, de voir aboutir les projets qu'il entreprend au bénéfice des citoyens. Un Roi très actif et fortement engagé dans des dossiers de portée nationale et internationale.A la veille d'un remaniementMais, la réalité s'impose à tous les citoyens, suscitant en eux une inquiétude. Elle est le résultat des pratiques dépassées d'un système, dont les protagonistes d'hier sont souvent restés spectateurs placides, parfois acteurs influents agissant en toute impunité contre les aspirations populaires au changement.Dans ce contexte, l'action du gouvernement n'a pas été à la hauteur des attentes des citoyens, ni des enjeux du présent. Faire ce constat aujourd'hui relève quasiment de l'évidence. Expliquer les raisons de l'échec du gouvernement ne présente d'intérêt politique que par les enseignements à tirer de l'expérience de l'alternance.A la veille d'un probable remaniement ministériel, la prochaine équipe devra longuement méditer ces enseignements. Sa mission sera d'autant plus délicate qu'elle n'aura plus droit à l'erreur et que le compte à rebours des prochaines élections législatives aura commencé. Elle devra moins discourir et agir au plus vite. La technicité, la détermination et l'audace seront des qualités indispensables pour faire aboutir les projets de réforme et recueillir les premiers fruits de cette politique dans un horizon de deux à trois ans seulement.Sa capacité à mobiliser et à fédérer les différents intervenants de la société civile et du monde économique sera décisive et constituera la clé de son succès. Il est en effet illusoire de penser qu'un gouvernement, quelles que soient ses aptitudes, est capable seul de mener avec succès une politique de réforme qui a des incidences sur les comportements sociaux et les rouages de l'Etat.L'efficacité de cette politique passe nécessairement par une large adhésion de toutes les composantes de la société, en particulier les détenteurs d'un pouvoir de décision, d'influence ou de représentation, qu'il s'agisse de l'élite des partis politiques, des syndicats, des élus, de l'administration, des magistrats, de la presse, des institutions publiques et privées, des entreprises, des associations professionnelles, du monde intellectuel et universitaire.Mentalités anachroniquesLe gouvernement devra être en mesure d'identifier très clairement ces responsables qui, pour leur grande majorité, souhaitent réellement contribuer à la réussite des reformes et ceux qui, sournoisement, oeuvrent à contre-courant. Il lui faudra contrecarrer cette minorité qui reste marquée par des mentalités anachroniques et arc-boutée sur une position de défense des intérêts égocentriques et des privilèges de situation. Il devra accueillir avec enthousiasme et favoriser les initiatives constructives émanant de la société civile et, à travers cette démarche, obtenir l'implication la plus grande possible de l'élite marocaine dans la mise en oeuvre de sa politique. Mais, il appartiendra avant tout à la prochaine équipe du gouvernement d'apporter toute la lumière sur certaines questions qui préoccupent l'opinion publique. Ce serait un premier acte de responsabilité et de transparence.Comment expliquer que les textes législatifs ne s'appliquent pas sur le terrain? Que faut-il penser de la dégradation des équilibres sociaux et du recul des performances de l'économie comme vient de le rappeler la Banque Mondiale? Quel sentiment garder du spectacle peu glorieux offert par les conseillers de la deuxième Chambre résignés malgré eux après moult hésitations à appliquer la loi en se soumettant au verdict du hasard? Comment peut-on accorder un crédit au plan de sauvetage du CIH nécessitant près de 6 milliards de Dirhams sans discussion publique, sans rapport d'experts indépendants, sans identification des responsabilités? Comment expliquer à ces millions de jeunes que l'ascenseur social, qui permet à chacun de recueillir équitablement les fruits de son labeur et de son talent, sans considération de nature tribale ou familiale, est en panne? Pourquoi laisse-t-on l'oligarchie sécréter les éléments de sa perpétuation pour continuer à contrôler les richesses et les sources de pouvoir du pays?Ces questions peuvent être démultipliées. Mais là n'est pas l'essentiel! Le plus important est que le gouvernement, avec l'appui des composantes actives de la société, apporte les solutions. A défaut, le Maroc continuera à voir défiler les rapports alarmistes de la Banque Mondiale et du FMI, tout en assistant à la montée des intégrismes et en déplorant avec impuissance la perte des émigrés clandestins victimes des eaux du Détroit et la migration de l'intelligentsia attirée par le mirage nord-américain et européen.

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