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On a frôlé un nouveau Rosamor

Par L'Economiste | Edition N°:2851 Le 02/09/2008 | Partager

. L’incendie repose le problème des usines au milieu des résidences. L’intervention de la Protection civile encore pointée du doigtScène de panique à Aïn Bordja. Un dépôt de produits sanitaires a pris feu dimanche, vers 17h. Le dépôt est engoncé au beau milieu d’un quartier résidentiel, derrière l’ancienne usine de Coca Cola, donnant sur la route des Ouled Ziane. D’une superficie d’environ 800 m2, le dépôt est couvert de tôle complètement rouillée et gondolée. L’endroit ne paie pas de mine. Il est beaucoup plus proche d’un bidonville que d’une usine comme on en trouve dans les quartiers industriels. Et pourtant, de l’avis des riverains, plusieurs tonnes de marchandises sortent et entrent chaque jour de et dans cet endroit, dans un ballet incessant de camions. Aucun panneau, aucune enseigne n’indiquent ni le nom du commerce ni son activité. «Je suis né ici, dans la maison mitoyenne. J’ai maintenant 36 ans et je n’ai jamais su comment se dénomme cette société», explique un jeune qui a été évacué de sa maison par mesure de précaution. Cela ressemble plus à une activité clandestine qu’à un commerce exercé au grand jour. «Je connais le propriétaire. C’est un type bien. Il s’appelle Moulay, mais nous n’avons jamais appris le nom de sa société», explique un autre jeune, qui habite une autre maison proche du dépôt en feu. «Cela fait maintenant 40 ans que j’habite ici et je n’ai jamais su quelle est la nature des activités de cette entreprise», nous apprend un quinquagénaire. Un énorme nuage de fumée noire et acariâtre monte vers le ciel, qui ne tarde pas à devenir tout gris. L’odeur de la fumée prend à la gorge les centaines de badauds agglutinés dans les axes entourant la scène. Elle renseigne sur le type de matériaux qui ont pris feu. Le magasin vend tuyauterie, bois, matériaux de construction, sanitaire, bref un peu de tout. La route des Ouled Ziane, la rue d’Ifni, le boulevard Ibn Tachfine sont bloqués. Des policiers tentent tant bien que mal de dévier la circulation vers d’autres artères. Ils sont débordés. Les esprits ne tardent pas s’échauffer. Les opérations sont menées par Charkaoui, le nouveau commandant régional de Casablanca, qui en est apparemment à son premier vrai baptême du feu à Casablanca, sans jeu de mots. A la question sur le nombre de camions-citernes mobilisés pour l’opération, il répond, visiblement les nerfs à vif: «Comptez-les! Ce n’est pas le moment de parler de cela!». «Tant que nous n’en avons pas encore fini avec l’ennemi, nous ne pouvons pas faire de déclaration», crie un autre responsable de la Protection civile. Les officiers de la police ne sont pas mieux informés. Le caïd de l’arrondissement est incapable de donner le nom de ce commerce.L’intervention de la Protection civile et son efficience sont encore une fois remises en question. «Les pompiers se sont déplacés sur les lieux de l’incendie avec une citerne vide», affirment des badauds présents sur les lieux. Le commandant Charkaoui confirme d’ailleurs que c’est la Lydec qui a réglé le problème. Vivement généralisation des bornes d’incendie. «J’ai appelé les pompiers dès que le feu est parti. C’était encore une toute petite flamme. Ils ont envoyé un seul camion. Ils ont commencé à attaquer le feu, mais la lance à eau était percée et les pompiers s’efforçaient de colmater les brèches pour éviter que l’eau ne fuie», déclare un jeune voisin de l’entrepôt. «Nous avons alerté les casernes avoisinantes dans les temps. Nous avons déplacé 8 engins avec 60 hommes», explique Charkaoui. «Le délai de réaction de la Protection civile dépendait du positionnement de chacune des casernes avoisinantes», ajoute-t-il.L’incendie, provoqué par un court-circuit dû à une ligne basse-tension, n’a pu être circonscrit qu’après cinq heures d’âpres efforts. On ne déplore, heureusement, aucune victime, parce que l’incendie a eu lieu un dimanche, mais le dépôt est irrécupérable.«Nous avons demandé à maintes reprises une autorisation pour ouvrir un commerce dans le quartier. On nous l’a toujours refusée. Mais lui, nous ne savons pas comment il a fait pour ouvrir ce dépôt en plein secteur résidentiel. De plus, il vient d’acheter une maison d’environ 400 m2, juste à côté, pour étendre son dépôt», se plaint notre interlocuteur. Il convient, enfin, de s’interroger sur le contrôle de ces commerces qui exercent dans l’anarchie la plus totale, brassent des millions de dirhams, sans payer d’impôts, tout en représentant un véritable danger public. Pour ce qui est des mesures de sécurité anti-incendie, tels les détecteurs de fumée, les extincteurs, les gicleurs d’eau, etc., il ne faut même pas y penser, car le bâtiment en question ne répond à aucune norme de construction.Hassan EL ARIF

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