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Culture

Entre une «religion light»et un «sacré sauvage»

Par L'Economiste | Edition N°:1809 Le 12/07/2004 | Partager

. Le recul du religieux ouvre la voie aux dérives. Les jeunes sont tentés par les formes sauvages du sacréL’association Aspen, qui se consacre à l’amélioration des relations entre les différentes religions, vient de tenir un séminaire de haut niveau, à Lyon. Notre chroniqueur, Hakim El Ghissassi, était convié à ce séminaire en tant que participant. Les travaux ne peuvent pas être rendus publics. Cependant, il nous fait partager quelques-unes de ses rencontres. Aujourd’hui, il nous livre (avec l’approbation de son interlocuteur) une conversation avec Alain Grangé-Cabane, administrateur de l’Aspen. Grangé-Cabane est aussi président de la Fédération française des industries de la parfumerie et du cosmétique. Malgré le poids de ses fonctions économiques ou grâce à celui-ci, c’est de foi, de rites et aussi de la montée universelle d’une sorte de “sacré sauvage”, qui concerne surtout les jeunes, mais pas uniquement dont parle Grangé-Cabane.- L’Economiste: Comment percevez-vous le fait religieux aujourd’hui en Europe?- Alain Grangé-Cabane: Il y a une diminution de la pratique et des croyances religieuses et en même temps, une remontée assez forte d’un sacré que l’on peut qualifier de “sauvage”, notamment chez les plus jeunes. Ces pratiques à caractère magique ou ces transes que l’on observe dans certaines religions animistes ou vaudou, on les retrouve également dans de nombreuses fêtes musicales en Europe: les parades technos ou les “rave parties”, ces fêtes où, pendant 3 ou 4 jours, des milliers de jeunes gens et de jeunes filles se retrouvent dans un lieu désertique avec des amplificateurs crachant le maximum de décibels possibles de musiques extrêmement lancinantes et rythmées, afin de provoquer un effet de transe. On est aussi frappé par la montée des sectes, ces groupes clos dans lesquels les individus viennent chercher un réconfort, une réassurance, un sens à leur vie.- Pourquoi ce recul des traditions et l’avancée de ce sacré sauvage?- Ceci est dû à deux facteurs. D’une part, le développement de la raison et de l’esprit de doute va à l’encontre des religions qui sont fondées sur une révélation, sur une vérité donnée une fois pour toutes et qu’on ne peut discuter. D’autre part, l’individualisme croissant; l’individu dans nos sociétés veut s’échapper du groupe, que ce soit la famille, l’armée ou la religion. Il a envie d’exister par lui-même, il veut choisir sa religion plutôt que la subir. Les gens perdent de leur ferveur religieuse, ils ont un vécu religieux léger; c’est le “religieux light” qui se propage dans nos sociétés. La montée d’un sacré plus instinctif, plus primaire, plus “sauvage” est la contrepartie de ce recul du religieux.- L’avancée de la science et de la médecine est-elle à l’origine de ce recul?- Mieux l’homme connaît la naissance, la mort et la vie, moins il a besoin de chercher d’explications dans la religion. Moins il souffre dans son corps, moins il a besoin de la religion comme une projection dans l’au-delà pour compenser la douleur terrestre.- La mode est-elle une sorte de compensation?- Dans la mode, il y a un double phénomène: suivre le mouvement, c’est une façon de vivre avec son temps, de s’assimiler à son époque; mais en même temps, comme la mode en permanence se renouvelle, suivre la mode c’est en permanence nier ce que je faisais hier au bénéfice de quelque chose de nouveau que je fais aujourd’hui. C’est à la fois une communion pour être dans un mouvement et en même temps une volonté de renouvellement.. Célébrer Dieu avec les parfums…- Quelle est la place du religieux dans le domaine de la parfumerie?- Il n’y a pas d’influence directe de la religion sur les produits. Cependant, à son origine, l’art de la parfumerie est lié à trois fonctions principales: célébrer le culte du Roi, se soigner et célébrer Dieu. C’est un triple rapport avec le pouvoir, avec la mort et avec Dieu. Notre activité participe donc, dans son essence, de la célébration de la divinité. - Le discours sur l’éthique économique est-il dû à l’influence religieuse?- En France, les questions d’éthique dans la vie économique ne sont jamais posées d’un point de vue religieux, pas plus que ce ne sont les religions qui les posent. Cette recherche vient plutôt des agents économiques eux-mêmes ainsi que d’intellectuels ou de moralistes. Mais ceux-ci ne rattachent pas leurs préoccupations à la religion, ils se réfèrent à deux séries de valeurs: l’équité et la justice d’une part, l’efficacité d’autre part.- Quelle relation entre le religieux et l’économique?- Il y a un double lien entre religion et économie. On observe d’abord que la religion peut favoriser le développement économique ou le freiner. Ainsi, en Europe, la chrétienté, en supprimant l’esclavage, a-t-elle favorisé l’expansion économique. Mais un peu plus tard, par sa forme de l’organisation féodale, elle est devenue un frein. D’autre part, la question se pose aussi en sens inverse: quand il y a développement économique, il y a progrès social, donc progrès intellectuel. Ceci en général a plutôt tendance, sur la longue période, à faire diminuer le fait religieux, peut être pas en quantité mais en intensité: on passe d’une religiosité forte à une “religiosité light”.. Grangé-Cabane Alain: En tant que président de la Fédération des industries de la parfumerie-cosmétique et vice-président de la section marketing et communication à la Chambre de Commerce internationale, Alain Grangé-Cabane est une grande figure du monde des affaires en France. Mais il est aussi un animateur influent au sein du conseil d’administration de l’Aspen, une association française vouée à la meilleure compréhension entre les religions (Ph. Fédération de l’industrie)

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