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Emploi et Carrière
Emploi/Crise internationale: Les premiers dégâts sur les CDD

Par L'Economiste | Edition N°:2930 Le 29/12/2008 | Partager

. Delphi met au chômage technique une partie de ses effectifs. Les filiales de multinationales manquent de visibilité Les entreprises revoient leurs prévisions de recrutement ou temporisent le temps d’avoir plus de visibilité. Certaines ont même préparé deux plans. Le premier à déployer en cas de crise et le second à mettre en place au cas où l’activité se poursuivrait sans problème. Dans la première hypothèse, les recrutements s’effectueraient uniquement pour assurer le maintien de l’activité. Plusieurs filiales de certaines multinationales sont dans ce cas de figure. Par prudence, aussi, elles parlent de report des plans d’embauche, le temps d’avoir de la visibilité. Un délai de trois mois serait nécessaire pour se forger une idée. Chez les cimentiers par exemple, 2009 sera l’année de service minimum en matière de recrutement, sauf en cas de retournement de tendance auquel peu d’entre-eux croient. «Nous n’allons pas geler l’embauche, mais nous allons être plus regardants. La cadence sera réduite par rapport à 2008, une année exceptionnelle», affirme le DRH d’une cimenterie. C’est un peu le même tempo chez les autres cimentiers (cf. www.leconomiste.com). Dans le textile, les difficultés sont déjà perceptibles, mais elles n’ont rien de semblable avec la crise des années 2001/2002. Chez certains, la baisse des commandes s’est soldée par celle de la cadence. Beaucoup d’entreprises du secteur tournent au ralenti, d’autres se maintiennent mais difficilement. Ce qui s’est traduit par la réduction des effectifs, laquelle a surtout affecté le travail temporaire, selon des inspecteurs du travail. Dans les situations de crise, les réductions des effectifs commencent d’abord par les travailleurs temporaires. Valeo Maroc (équipementier automobile), en congé annuel actuellement, n’a pas reconduit les contrats des 200 salariés embauchés via l’Anapec. Une information confirmée auprès de salariés de l’entreprise et de la direction de l’emploi au ministère. Le secteur automobile, et plus exactement les équipementiers, sont ceux qui souffrent le plus. Le ralentissement se ressent depuis quelques mois déjà puisque les commandes fléchissent. Delphi Maroc a mis au chômage technique une partie de ses équipes. Sur 5.400 salariés, 1.200 se retrouvent dans cette situation, laquelle devrait prendre fin selon la direction de l’emploi le 31 décembre. Les fermetures d’usines et licenciements qui se poursuivent un peu partout dans le monde révèlent que le secteur automobile mondial n’est pas tiré d’affaire. La crise ne sera pas dépassée de sitôt et les équipementiers sont les premiers à en pâtir à cause de la baisse des commandes. En attendant, les salariés au chômage technique perçoivent 75% de leur salaire et ce, conformément aux dispositions du Code du travail. Les informations recueillies sur place dévoilent aussi que le seul site de l’entreprise opérationnel en ce moment tourne au ralenti. Mais ce n’est pas l’unique entreprise du secteur qui se retrouve dans la tourmente. Adil Raiss, président de l’association de la zone industrielle de Tanger explique que «ce sont les équipementiers de premier ordre (pièce d’origine) qui sont le plus affectés. Ces derniers ont arrêté les contrats temporaires et ont prolongé également les vacances de fin d’année». Au niveau de certains cabinets de recrutement, l’on parle aussi d’une baisse d’activité. «Une tendance classique en fin d’année». «Nous avons également constaté moins d’appels de la part des clients que nous accompagnons annuellement», affirme une consultante en recrutement. Elle cite le cas de sous-traitants automobiles au niveau de Tanger qui, par prudence, ont reporté d’un trimestre leur plan d’embauche. Zahir Amrani, directeur général de Best Intérim, affirme aussi que certains clients, dont l’activité est tournée vers l’export, ont réduit leurs effectifs. Il s’agit surtout de ceux qui opèrent dans le secteur automobile. «Nous sommes dans un monde internationalisé. L’impact de la crise est là. Nous constatons une diminution de l’emploi intérimaire et permanent», révèle-t-il. Pour autant, le secteur intérimaire résiste grâce à la clientèle non exposée à l’international. A en croire le directeur général de Best Intérim, le secteur afficherait une croissance à deux chiffres malgré les problèmes que rencontrent les entreprises tournées vers l’export.


Réduction du temps de travail: Que dit le Code

La réduction du temps de travail en cas de crise temporaire est une flexibilité accordée par le législateur à l’entreprise pour qu’elle aménage et adapte son volume d’activité en fonction des contraintes imposées par les fluctuations du marché. Pour permettre aux entreprises de faire face aux crises temporaires, le législateur les autorise à réduire le temps de travail, tout en jouant sur les salaires (article 185 du Code du travail). Deux cas de figure sont prévus: si la réduction du temps de travail ne dépasse pas 60 jours pendant l’année, l’employeur, après consultation des délégués du personnel, n’aura à payer que le salaire correspondant à la durée effective du travail sans qu’il ne soit inférieur à 50% des rétributions normales. Et ce, sauf dispositions plus favorables pour les salariés. En revanche, si la réduction de la durée normale de travail est supérieure à 60 jours, elle doit être fixée par accord entre l’employeur, les délégués des salariés et, le cas échéant, les représentants des syndicats dans l’entreprise.A défaut d’accord, la réduction de la durée normale de travail ne peut être opérée que sur autorisation du gouverneur de la préfecture ou de la province.Khadija MASMOUDI

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