Economie

E-gov: Comment profiter de l’expérience des autres

Par | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

. Mettre le maximum d’informations en ligne. Formation du personnel et sensibilisation du citoyen. Se prémunir contre les attaques informatiquesEn matière d’administration électronique, le Maroc a encore beaucoup à apprendre des leçons internationales. À cet égard, durant le dernier forum de l’administration électronique, le cas de l’Egypte a été riche en enseignements. Ce pays est porté en exemple parmi les pays arabes, pour ce qui est des services e-gov. L’Egypte a en effet débuté son programme d’administration électronique en 2001, pour parvenir à la 28e place des pays ayant instauré une administration électronique modèle, selon une étude effectuée en 2008 par les Nations unies. « En premier lieu, il a fallu réformer les infrastructures existantes, avant de déployer toute une batterie de mesures pour les entreprises, notamment en fournissant en ligne les documents nécessaires à leur constitution », indique Nevine Gamal, directeur de projets au ministère d’Etat égyptien pour le développement administratif. L’étape suivante a consisté dans l’archivage électronique de données médicales ou judiciaires. Le gouvernement égyptien s’est ensuite attelé à tout ce qui touche à l’identification nationale. En parallèle, l’Egypte dispose également d’un portail proposant plusieurs services en ligne (plus de 80), parmi lesquels on peut citer les renseignements sur le trafic, les impôts, les inscriptions universitaires en ligne, les plaintes relatives au tourisme, ou encore les services destinés aux entrepreneurs. Des renseignements sur les opportunités d’investissement.«Ces projets ont été implémentés grâce à la sous-traitance au secteur privé», indique Gamal. Mais l’abondance de services n’a pas suffi. Plusieurs défis se sont présentés. L’utilisation de l’Internet reste marginale, et l’Egypte demeure un pays avec un taux d’analphabétisme assez élevé. Par ailleurs, pour les transactions monétaires, le cash est toujours privilégié par rapport à la carte bancaire. Les TIC peinent à percer, et la législation reste non adaptée. Résultat des courses, le taux d’utilisation des services administratifs en ligne est inférieur à 1%, dans un des pays arabes classé parmi les meilleurs en matière d’administration électronique. «D’où la décision de lancer des campagnes d’information et de sensibilisation, surtout auprès des jeunes », commente Gamal. Pour Azzedine El Mountassir Billah, directeur général de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), «la leçon que l’on peut on tirer est qu’il faut déployer un certain nombre d’infrastructures, sans oublier les systèmes de back-office. Il ne suffit pas que les services existent, le citoyen doit être conscient de la valeur ajoutée du service, d’autant plus que ce dernier coûte relativement cher».

Une meilleure synergie entre administrations
Le programme e-gov italien reflète les mêmes principes, à peu de choses près. « En Italie, les investissements en TIC sont à peu près l’équivalent de la construction de 10 km d’autoroute», indique Giovanni Bisogni, président de la Fondation pour la recherche sur la migration et l’intégration des technologies. Ces investissements peuvent être limités par certains facteurs, financement, organisation du travail, ressources humaines. Un autre défi s’ajoute, celui du transfert des meilleures pratiques en la matière entre un pays et un autre. L’intégration entre les administrations, à cet égard, joue également un rôle primordial. Les investissements doivent être durables, et aller de pair avec une maîtrise technique. En Espagne, l’administration judiciaire espagnole a développé un programme électronique, baptisé Lexnet. Ce dernier consiste en un système d’échanges d’informations entre acteurs judiciaires, notamment les juges et avocats, et ce afin de faciliter les démarches administratives, et éliminer l’échange et le stockage de papiers. Le système exige la certification numérique, et l’identification électronique. Les acteurs judiciaires concernés sont nombreux: tribunaux, avocats, police, avoués de justice… l’investissement global du projet a coûté 4 millions d’euros. Deux millions de documents ont été envoyés via le système, et plus de 5 millions d’euros ont été économisés. Le système a été implanté à grande échelle dans 300 tribunaux espagnols, pour un coût de 12.000 euros par tribunal.

Gare aux pirates!

Si, à terme, la dématérialisation des services constitue un idéal, la nature technique de leurs supports les expose à des attaques informatiques. Que peut donc faire un pays pour se prémunir contre ce genre d’attaque? «Il faut une stratégie de défense globale des systèmes les plus importants, en sus de la promulgation de lois contre l’utilisation abusive de l’informatique», conseille François Renault, président de l’Association française d’audit et de conseil informatiques. De même qu’il faut informer, former et sensibiliser le grand public. Il convient de penser à une protection des infrastructures critiques en les durcissant, en gérant et en coordonnant les crises. «La cybercriminalité a ceci de particulier qu’elle est instantanée et sans frontières. D’où l’intérêt de développer une interopérabilité juridique entre pays. Au Maroc Il y a une forte attente des organismes quant à la future stratégie nationale», ajoute Renault. Beaucoup attendent la création d’un organisme central dédié aux TIC. La constitution d’un CERT (computer emergency response team) marocain est envisagée, afin de protéger le Royaume en cas d’attaque informatique.A. B.

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