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Culture

Courrier des lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:1870 Le 07/10/2004 | Partager

Lire et faire lire, une urgence politique?

■ PassionLa lecture n’est pas une question de volonté, c’est plutôt une passion. Il faut vraiment aimer lire pour pouvoir échapper à la tentation de l’Internet et la TV, surtout avec les paraboles. De nos jours, il n’y avait ni émissions satellites ni Internet, ce qui nous poussait à aller chez le bouquiniste du coin et avoir même des fois du n’importe quoi. Aujourd’hui avec l’Internet surtout (10 dollars américains pour une connexion illimitée) et devant la variété d’informations que l’on peut y trouver, moi-même je ne bouquine plus malheureusement.Maghfour■ Contexte La situation économique et sociale au Maroc n’est pas propice à la lecture. Les gens se battent pour trouver un travail, pour combattre les injustices, etc. Les seuls sujets qui attirent les gens sont ceux liés aux scandales, au sexe, à la violence. Il n’y a pas de climat saint où les gens auraient envie de lire un journal ou un livre utile.Ahmed■ Le clouC’est vrai que les Marocains ne lisent pas tout ce qui est journaux, magazines, par contre, ils sont pour les médias d’audiovisuel (télévision, parabole...). Et pour l’instant, c’est la nouvelle mode des jeunes; les films sur format VCD à des prix pas chers, ce qui ne fait qu’enfoncer le clou, et c’est vraiment dommage. Amine■ Marocain et lectureLe Marocain a conservé l’ancienne méthode d’acquisition de connaissances et de nouvelles. La méthode «bouche-à-oreille» est une culture de «dominant/dominé». Cette situation est le fruit d’une politique qui a toujours traité le Marocain comme un individu immature, à tel point qu’on a ancré dans sa tête le fait qu’il n’est pas libre d’acquérir les connaissances par ses propres moyens. Par conséquent, le Marocain se sent privé de la liberté de choix. D’autre part, le Marocain a le plus souvent été traité par ces élites comme un Arabe musulman et rarement comme un citoyen marocain, ce schéma mental l’a profondément handicapé, à tel point qu’il considère inconsciemment qu’il n’a pas besoin de penser puisque la pensée authentique ne peut provenir que du Moyen-Orient. Heureusement, la politique actuelle tente de valoriser le citoyen marocain par diverses interventions officielles et officieuses et par les diverses réformes et en particulier celle des programmes scolaires. Touijri■ Les mordusLa plupart des Marocains de la classe en dessous de la moyenne ne peuvent pas se permettre d’acheter des livres. On le voit clairement lors des foires du livre ou chez les bouquinistes. Il y a du monde, ce monde regarde, consulte, mais très rares sont ceux qui achètent. Ceux qui ont de l’argent à gogo ne lisent presque pas. Reste les mordus, les malades de la lecture, ceux qui vendraient leur veste ou se priveraient d’un repas pour acheter un bouquin. La majorité de ceux qui savent lire ne peut pas se permettre. Quant à la langue arabe, français ou autre... la langue reste un véhicule, ni plus ni moins. Il n’est question ni d’Orient, ni d’Occident. Beaucoup ont lu Marx, Camus, Kafka, Kundera, Cervantes et Hugo en arabe…Mrini■ Lecture plaisirIl y a eu une rupture grâce au rajeunissement des élites marocaines. Dans cette foulée, il faut revoir les concepts de base pour l’apprentissage de la lecture, car dans notre génération et encore pour nos enfants, la lecture, c’est une punition, pas un plaisir. Or, cela doit devenir un plaisir, car dans le fond, la lecture est un plaisir. Belkacem B, Casablanca■ Fuite en avantAssez de faux prétextes! Assez de fuites en avant! Vous avez vu un peu les caisses de bière et de vin qui se vendent chaque week-end, ce n’est pas les riches qui se payent ça?! Vous avez vu le prix que les Franco-Espagnols ont payé pour la Régie des Tabacs?! Vous avez vu tous les gaspillages des collectivités locales au lieu d’ouvrir des bibliothèques?! Cela a du sens qu’il faut dire et dénoncer: la culture marocaine est contre la lecture, pas étonnant que rien n’avance dans ce pays! Le ministère de l’Enseignement supérieur a envoyé à ces centaines de professeurs les documents de la réforme de l’enseignement. Cela a coûté cher à l’Etat. Qui a seulement lu ces documents? Personne. Vous avez tout compris.Abdallah S.


Cerveaux incultes et mauvaises herbes

«Science sans conscience n’est que ruine de l’âme». Quand on soulève le problème de la lecture, soi-disant au niveau national, il faut d’abord faire la différence entre l’élite (sans tenir compte des revenus) qui sait lire et écrire et l’écrasante majorité analphabète. Proposons d’abord des bibliothèques nationales dans tous les villages, dans toutes les régions. Formons des responsables locaux diplômés pour gérer ces bibliothèques (gratuites, où chacun pourrait emprunter des livres en nombre illimité), incitons à la création des clubs de lecture et engageons les écrivains marocains et étrangers à visiter ces bibliothèques (à ne pas confondre avec les librairies...). Instaurer dans les programmes scolaires des visites à ces centres de lecture et récompenser les intéressés . La lecture n’est pas un caractère, c’est une attitude que l’on doit apprendre dès l’âge de cinq ans! Ceci pour ceux qui savent déjà lire. Pour la majorité analphabète, les moyens techniques ne manquent pas (cassettes, enregistrements, etc. même en arabe dialectal et tamazight), produits à distribuer gratuitement. Quant à l’Internet, DVD etc., ces moyens peuvent être employés pour la lecture. Cependant, la tare de ces cafés où les Marocains (jeunes pour la plupart!) perdent leur temps à fixer un écran de télévision pendant des heures et des heures, le manque d’encadrement (beaucoup de jeunes ne connaissent même pas le nom du village derrière la montagne voisine), le manque d’espaces verts (parcs, arbres, milieu propice à la lecture), la mentalité du défaitisme, l’absence de stratégie dans le domaine culturel et (sportif!), tous ces problèmes sont la responsabilité... des responsables. Donc, nous créons des individus incultes, justement ce genre de main-d’oeuvre que l’Europe vieillissante a besoin d’exploiter dans ses usines et ses plantations. La minorité douée, diplômée des hautes écoles nationales et internationales, elle, lit beaucoup plus que ses collègues américains ou autres. D’ailleurs, le problème de la lecture n’est pas spécifique à notre pays. La France, l’Angleterre, les USA etc. vivent le même dilemme malgré leur infrastructure (bibliothèques gratuites). Notre dilemme à nous, c’est que nous sommes incapables de commencer par le début. Il n’y a pas un manque d’intelligence au Maroc, il y a manque d’une politique nationale à long terme. Et pour chaque Marocain qui ne lit pas au moins un livre par semaine, nous perdons un citoyen pensant et réfléchi. Parler de démocratie, de développement dans ce contexte, n’est que de la démagogie. Qui se payera très cher dans l’avenir. Car les cerveaux incultes sont propices aux mauvaises herbes. En attendant, obligeons les cafés à avoir une petite bibliothèque bien fournie (ou pas d’autorisation).Dr Zoubir, Scandinavie


Partis politiques: Enfin la réforme?

■ La vraie réformeLa seule vraie réforme est celle qui consistera à interdire les partis au pouvoir. Echecs sur tous les plans: chômage, croissance, balance commerciale, corruption, infrastructures, insécurité, santé, transports publics! Et ces gens-là qui ont ruiné le Maroc sont toujours au pouvoir et essayent de nous proposer une loi qui écartera la seule opposition active au Maroc! Il faut être stupide pour ne pas comprendre les vrais objectifs de cette «réforme».Ahmed■ Hommes politiquesCe sont les hommes qui font la politique et pas la loi. Ce qu’il faut changer au Maroc, ce sont les gens qui se considèrent comme des hommes politiques et qui ont montré leur incapacité de faire de la politique. Cette loi vise à exclure la seule vraie force politique qu’il y a au Maroc. Après il n’y aura plus de politique au Maroc. C’est vraiment décevant de voir les hommes qui ont échoué tailler sur mesure des lois qui leur permettent de retarder le vrai développement du pays.Ahmed■ La comédieDepuis l’indépendance, le but était d’écarter tous les vrais politiciens du pays, les écarter, c’est un petit mot encore. Le résultat, on le vit depuis bientôt 35 ans: des partis qui ont poussé comme des champignons et dont la crédibilité avoisine le zéro, et je suis très indulgent. Des hommes se disant politiques qui ne cherchent que leur propre bien-être sans se soucier le moins du monde de la communauté tout entière. Alors, il faut vraiment être un très grand optimiste, aveugle et sourd-muet pour croire ces gens-là. Il est temps que l’on se révolte contre ces mesquins, en les dénonçant fort et bien. La comédie a assez duré et le résultat laisse vraiment à désirer.Miloud■ Clubs de copainsPour moi, les partis politiques au Maroc représentent des clubs de copains qui cherchent à devenir ministres. Ils sont coupés de la réalité. Ces partis sont gérés par des vieux qui se croient des sages. Il faut limiter leur nombre, car ils nous coûtent trop cher (subventions de l’Etat).Ahmed 2■ ReprésentativitéLa réforme va mettre fin à la carrière des partis politiques qui n’ont pas le seuil requis de représentativité chez la population. Elle forcera ces partis à avoir un esprit de créativité en matière de pensées idéologiques et à se libérer du marasme intellectuel, qui consistait à instrumentaliser la religion et les racines ethniques pour conserver leur statut. L’impact de cette réforme incitera les partis politiques à adopter une stratégie et un objectif politico-économique digne de ce nom et la population à opter pour une culture moderniste, constructive d’une citoyenneté active, rentable et utile à la prospérité de notre société.Touijri


Traque des clandestins

■ Le tapageIl ne faut pas être dupe de tout le tapage que l’on fait en Italie, au Maroc et en Espagne sur les clandestins qui meurent, car c’est pour décourager les autres. Mais cela ne décourage personne car les conditions des droits sont si mauvaises, qu’on partira quand même.Un clandestin qui recommencera toujours■ Anti-âaroubiMalgré la dureté de la réalité de l’immigration, l’Occident reste toujours l’équivalent de l’Eldorado pour moult Marocains, Maghrébins, Subsahariens. Au Maroc, on constate que la plupart des candidats à l’émigration clandestine sont des ruraux. Or, tout Marocain sait pertinemment que les ruraux et la campagne au Maroc sont laissés-pour-compte par ceux qui arborent la mentalité «anti-âaroubi». Il y a des régions qui n’ont même pas d’eau potable, encore moins l’électricité qui, si les responsables s’en rendaient compte, aiderait à la propagation de la télé démagogique. Et tant que les ruraux ne sont pas traités comme citoyens à part entière. Et tant que les caïds et leurs «zabaniyas» maltraitent encore ces Marocains et les terrorisent, il y aura toujours de l’émigration clandestine. L’Europe fait miroiter son développement manifeste en ses droits de l’homme, à l’éducation, à l’amélioration de la vie personnelle etc. C’est ce qui attire ces jeunes et moins jeunes qui se jettent à la mer, témoins du manque de respect et d’intérêt pour l’individu dans leur propre pays.M.A., Al Idrissi■ Donner de l’espoirL’état des choses est déplorable et le problème doit être résolu. Mais pour cela, il ne s’agit pas à mon avis de se contenter de traquer les gens mais de leur donner de l’espoir et ce en leur donnant du travail, une reconnaissance de soi et de la dignité. Sans ces conditions, je pense que c’est cause perdue.Un parmi d’autres■ Le retourLes gens qui désiraient travailler à l’étranger veulent parfois revenir dans leur pays, après avoir été déçus. A mon avis, il faut les aider à revenir d’une façon légale et respectable dans leur pays d’origine.Khalid


■ Sang contaminé: Pas de fumée sans feuIl n’y a pas de fumée sans feu. Aucun suspect ne passe à la barre et avoue des faits qui ne sont pas vrais. Les Anglais ont reconnu et avoué avoir envoyé du sang contaminé au Maroc. La médecine de ce pays dépasse de loin la nôtre, alors qu’est-ce qui prend notre ministre de la soi-disant santé de nier avoir reçu ce sang? C’est une politique désuète et il vaudrait mieux informer la population de tout danger qui risque de la menacer. Je ne pense pas que le peuple marocain va s’affoler si on lui dit la vérité, car il connaît très bien la compétence de ses dirigeants.Noura■ Pas crédibles!Chaque fois qu’il y a un problème qui met en cause la responsabilité de telle ou telle institution gouvernementale, le ministre concerné fait une déclaration pompeuse qui récuse toutes les déclarations vis-à-vis de lui et de ses protégés. Je cite le cas de la vache folle, de la rage, de l’analphabétisme et... récemment l’affaire du sang contaminé. Ces ministres doivent au moins s’assurer en ordonnant des enquêtes et des audits avant de se lancer dans des déclarations autocongratulantes. A tous ces ministres et responsables: Vous êtes la première cause de notre sous-développement. Si vous ne pouvez pas assumer vos responsabilités, démissionnez au lieu de nous mener droit dans le mur.A.H■ Malades du RASLes officiels de chez nous sont des malades du RAS (rien à signaler). Tout va toujours bien pour eux. Nous n’avons pas de sang contaminé, nous n’avons pas de sida, nous n’avons pas de tourisme sexuel, nous n’avons pas de dépassements, nous n’avons pas de détournements de fonds, etc. Et, par conséquent, il n’y a jamais de raisons pour que celui ou celle qui est responsable, du problème, de la situation, de la catastrophe, démissionne ou soit obligé de le faire. Tenez! Pendant qu’on parle de qualité, où est la qualité chez nos responsables? M.Rn.

■ Turquie, le grand signalCher Economiste, je vous lis sur Internet tous les jours ou presque tous les jours. Je suis étudiant, fils de MRE en Belgique. Je veux que vous fassiez quelque chose au Maroc pour soutenir la candidature turque à l’Union européenne: des pétitions, des votes à blanc, des livres de signatures… ce que vous pouvez, car c’est important. J’ai compris que des entreprises du pays n’aiment pas la Turquie parce qu’elle est plus forte et avec la ZLE, il risque d’y avoir des difficultés. Pourtant, je vous en supplie, chers Economiste et Rédaction, de voir l’avenir plus loin que la concurrence. L’arrivée de la Turquie en Europe sera le grand signal que nous les musulmans, nous sommes comme les autres. A l’inverse, si la Turquie est encore repoussée, les émigrés vont comprendre qu’il y a un grand conflit de civilisations entre les musulmans et les chrétiens. Il y aura des rixes, incendies et caillassages partout dans les banlieues, à Berlin, Bruxelles, Paris et même Turin ou Londres et Madrid. Ce sera la grande coupure entre eux et nous; nous sommes ici depuis plus d’une génération. Ici, c’est devenu chez nous. Nos voix aux urnes ne comptent pas assez, pas encore assez, nous avons besoin de la diplomatie de notre pays aussi. Pardon, mon français n’est pas bon; mes idées sont bonnes et salut.Jamal G.
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