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    Comment décortiquer le discours coranique

    Par L'Economiste | Edition N°:2132 Le 18/10/2005 | Partager

    . Benzine propose une lecture du Coran qui n’annule pas les autres. Selon lui, le risque de réappropriation du texte est grand. «Nous n’arrivons jamais vierges devant le texte» Le débat sur le Coran et la religion mobilise les foules durant le mois sacré. La conférence-débat, organisée, le 13 octobre, par l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), n’a pas dérogé à cette règle. Animée par Rachid Benzine, chercheur en herméneutique (interprétation des textes religieux), la conférence a porté sur le «Discours coranique et herméneutique». Une approche qui permet de décortiquer le texte et l’apprécier sous de nouveaux angles. Pour que sa démarche ne soit pas prêtée à équivoque, le chercheur a précisé qu’il n’existe pas de bonnes lectures, mais il n’y a que des lectures. Car le sens du Coran nous est inaccessible. Son approche est donc «une lecture possible, mais pas la seule», a-t-il tenu à préciser devant un parterre attentif d’étudiants, d’universitaires, de journalistes et de professionnels de tous bords. Pour qu’il n’y ait pas de confusion, le chercheur a précisé que sa démarche propose une manière de lire le Coran, qui n’annule nullement les autres lectures. Sachant bien, ajoute-t-il, que toute lecture est humaine et que la parole divine est infinie et échappe à tous les langages humains. Ceci étant, le chercheur est passé aux préalables de la lecture. Selon lui, l’on ne peut lire le Coran sans connaître son histoire, le discours tel qu’il a été articulé par le prophète, son environnement anthropologique, sociologique… dans une société tribale et patriarcale. C’est dire qu’il faut réactiver la recherche historique et critique afin de renouer avec les circonstances de la Révélation. Quelles sont les formes de christianisme de l’Arabie du XIVe siècle? s’interroge-t-il, car il n’y a pas un seul christianisme ni un seul judaïsme. Autant d’éléments qui façonnent la mémoire collective et dont on ne peut faire l’économie aujourd’hui. «L’éternel ne peut entrer dans le temps sans un temps où entrer», lance-t-il à l’auditoire. Et de renchérir, ce temps, c’est l’histoire, car le discours coranique s’inscrit dans une histoire. La Révélation est un acte dans l’histoire. Et ce discours est un fragment de Dieu qui a duré 23 ans. Autre précision de Benzine, faire la distinction entre parole et discours, parole et texte et prendre en considération la production du sens dans des sociétés d’oralité. La production du sens est différente selon le texte ou l’oralité. Autant de facteurs qui font que l’intention divine reste inaccessible. Cela entend, selon le chercheur, que l’on ne peut entrer dans l’esprit de Dieu car le réel est voilé et nous n’avons que des représentations du réel. De l’avis de Benzine, «il faut faire le deuil de l’intention divine» car elle est indissociable des mémoires collectives et des croyances de l’époque où la Révélation a eu lieu. Bien des étapes ont été franchies depuis la Révélation et tous les langages produits ne sont qu’humains. Ce qui fait que le mot islam a été surchargé par toute la production théologique à travers l’histoire. Ce qui nous amène à faire le distinguo entre l’islam prophétique et celui des foqaha (théologiens) à travers l’histoire, précise le chercheur. Car la parole a été interprétée différemment selon la plupart des taffssir. Or l’auteur (le prophète) n’est plus là pour dire l’intention divine, qui est insaisissable. De l’avis de Benzine, le passage de l’oralité au discours donc au texte implique une triple distanciation. D’où la nécessité d’ouvrir les chantiers de l’interprétation. Car toute lecture quelle qu’elle soit est déjà une interprétation. Pour Benzine, le risque de la lecture du texte coranique est qu’il devienne un miroir de soi-même où chacun projette ses propres désirs. Le risque de subjectivisme et de réappropriation du texte est grand. «Nous n’arrivons jamais vierges devant le texte. Chaque lecture est le résultat d’un contexte et d’une éducation», estime-t-il. D’où la distanciation.Alors comment lire le texte coranique sachant qu’il n’est pas arrangé de manière chronologique ni de manière décroissante, s’interroge le chercheur. Pour Benzine, les sourates rassemblent différentes unités textuelles lesquelles appartiennent à différents contextes. Ce qui explique que les traductions laissent paraître un texte complètement décousu. Cela s’explique aussi par le fait que le texte coranique s’inscrit dans une culture sémitique qui n’est pas la rationalité grecque (thèse, antithèse, synthèse). Le texte coranique n’obéit pas à ce type de rationalité.Pour le chercheur, la démarche consiste à trouver la structure de la sourate dans «l’architexture coranique», laquelle produit un sens. Car chaque sourate est en lien avec d’autres. Benzine fait donc appel à des figures de symétrie, clès de lecture, qui ont fait leurs preuves dans la linguistique structurelle, à savoir le parallélisme, le chiasme (effet miroir), le concentrisme (disposition autour d’un élément central). Mais la lecture scientifique n’annule pas la lecture confessante, précise-t-il. Pour Benzine, le texte coranique donne à penser à l’esprit le plus exigeant sans pour autant penser à sa place. Amin RBOUB

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