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Culture

Bitume biodégradable
Par Abdelmajid BELAÏCHE*

Par L'Economiste | Edition N°:1692 Le 27/01/2004 | Partager

Bientôt, il y aura au Maroc le plus grand golf du monde. Désormais vous ne pourrez plus faire un pas, sans tomber dans un trou. Des élus qui creusent et creusent et recreusent dans les budgets communaux. Pour eux la vie n'est qu'un long golf tranquille. Ils n'ont qu'une seule devise dans la vie, faire leur trou (se créer une situation sociale et réussir dans la vie) en creusant un maximum de trous dans les budgets qui passent à portée de main, tout en évitant de se trouver au trou (prison).Grâce à ces élus, les pluies aidant, le chantier du plus grand golf du monde est déjà en marche. Vous l'avez certainement constaté en roulant dans votre voiture. Des milliers de trous jalonnent désormais nos routes. Pratiquer le golf sans quitter sa voiture n'est plus un rêve et le green pardon, je voulais dire le grey est à portée de roues. Le Maroc qui a été plusieurs fois un candidat malheureux à l'organisation de la coupe du monde de football ferait bien d'opter pour celle du golf. Pour cela, il a les structures et les atouts : les plus longs parcours, le plus grand nombre de trous sans compter les porteurs de sacs. Les pluies n'ont pas été diluviennes et pourtant la chaussée a f.. le camp. Les pluies ne sont t'elles pas l'ennemi des élus véreux? Elles démasquent toujours le boulot bâclé et révèle la vraie nature de nos chaussées. Chaussées bitumées avec du zeft biodégradable, hydrosoluble, à dilutions homéopathiques et appliqué en couches microscopiques. Un zeft plus proche d'un fond de teint que d'un bitume consistant. L'impression est souvent impressionnante sauf quand la pluie s'y mêle pour faire dégouliner le maquillage. Ce n'est pas un hasard si au Maroc, le bitume s'appelle Zeft. Il n'y a qu'au plus beau pays du monde où les pluies transforment les routes en gruyère. Normal, les budgets consacrés aux routes constituent un beau fromage dans lequel certains élus grignotent à pleines dents.Cela fait longtemps que les pluies sont tombées et pourtant les trous dans les chaussées sont toujours là. Parfois ces trous sont colmatés avec… de la terre battue rouge. Pourquoi la terre rouge ? Nos élus auraient-ils la fibre écologique ? Y aurait-il eu une pénurie de bitume, la SAMIR ayant été, en partie, emportée par les eaux et brûlée par un incendie, l'année dernière? Non, la raison est ailleurs. Il semblerait en fait qu'il y ait une relation mathématique entre le nombre des trous dans les chaussées et la profondeur des trous dans les budgets communaux. En clair, il n'y a plus de Flouss pour reboucher ces trous. Il est vrai qu'il en coûte moins à nos élus de rapiécer les trous de leurs chaussettes qu'à colmater celles des chaussées. Pour ces dernières, il faudrait peut-être attendre de futurs budgets, votés par de futurs élus, issus de futures élections. Autant attendre le moussem de Sidi Glinglin. En attendant, qui va payer les frais des nombreux accidents et des casses mécaniques à nos véhicules (amortisseurs, cardans et roulements cassés et pneus bousillés) entraînés par les trous de nos routes. Je me souviens de Casablanca d'antan et de ses rues pavées. Elles ressemblaient alors à celles des cités européennes. Les pavés avaient l'avantage de résister aux intempéries et au temps. Les chaussées duraient et duraient jusqu'au jour où certains de nos élus avaient estimé que le temps des vaches maigres et des pavés éternels n'avait que trop duré. Ils ont remplacé alors ces pavés immuables par un bitume périssable et donc renouvelable et par conséquent pour eux profitable. Depuis, les multiples appels d'offres pour bitumer la chaussée, ont enrichi des générations d'élus. Ces élus n'avaient, bien sûr, pas de trous dans les poches.* Cadre dans l'industrie pharmaceutique.

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