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    Economie

    Bâtiment : Le BPE veut briser les résistances à son utilisation

    Par L'Economiste | Edition N°:116 Le 10/02/1994 | Partager

    Au Maroc, le Béton Prêt à l'Emploi en est encore à ses balbutiements. Le taux de pénétration(1) n'y est que de 1,5%. Une certification des centrales à béton ainsi que sa promotion devront élargir le marché.

    Entre 1990 et 1993, la consommation du BPE (Béton Prêt à l'Emploi) est passée de 70.000 à 250.000 tonnes, et le taux de pénétration a évolué de 0,45 à 1,5% avec une pointe sur Casablanca de 4%. Cette période a été marquée par la création de 5 nouvelles sociétés possédant 10 unités de production sur les 13 existantes en 1993.

    Un des facteurs du développement limité du BPE est son prix. Il est actuellement de 600DH le m3. Néanmoins, les dirigeants des entreprises de BPE précisent qu'il a été réduit de 20% ces deux dernières années suite à l'augmentation du volume de la production. Une réduction de prix de 15% est prévue si la consommation demeure dans une courbe ascendante.

    L'extension du marché du BPE devrait encourager l'installation de nouvelles entreprises dont notamment une filiale de la CIOR reprise dernièrement par le premier groupe mondial de ciment, le suisse Holderbank.

    La conclusion de l'étude sectorielle du BPE (voir encadré) réalisée par le Ministère du Commerce et de l'Industrie est que "compte tenu du niveau de développement économique du Maroc, un taux de pénétration de 5% est tout à fait envisageable". Pour un tel taux, la consommation de BPE s'élèverait à près de 1 million de m3, soit l'équivalent de 25 unités de capacité type de 50.000m3/an fonctionnant à 80%. En effet, le béton est généralement coulé tôt le matin ou tard dans l'après-midi pour des raisons de température. Les unités de production doivent donc faire face aux heures de pointe.

    Promiscuité des chantiers

    Le BPE prend le pas sur le béton malaxé sur les chantiers. A cela plusieurs raisons. La promiscuité des chantiers milite en faveur du BPE. En effet, la sous-traitance de la production de béton à des entreprises spécialisées évitent la constitution de stocks de sable, de gravettes et de ciments sur les chantiers.

    D'un autre côté, "l'obligation de la déclaration de la TVA pour les constructions dont la superficie est égale ou supérieure à 120m2 a encouragé l'utilisation du BPE", précise M. Fouad Akalay, directeur général de Readymix. En effet, par cette mesure, les entreprises de BTP sont incitées à s'adresser à des fournisseurs organisés plutôt qu'au secteur informel, notamment pour ce qui est de la gravette ou du sable.

    Lors de la première Journée nationale du Béton Prêt à l'Emploi qui a été organisée sous l'égide du Ministère de l'Habitat(2), les pouvoirs publics se sont montrés en faveur du développement du BPE. Pour M. Hassad, ministre des Travaux Publics, le " transport des matériaux de construction dans les villes perturbent la circulation. La production de béton sur les chantiers affecte l'environnement. Outre le bruit du malaxeur qui sévit plusieurs mois, le ciment dégage de la poussière sur le voisinage. M. Hassad a déclaré: "dans les grandes villes l'obligation d'utiliser le BPE sera étudiée".

    Garantir la qualité du BPE

    Le ministre des Travaux Publics a soulevé un autre problème, celui de l'extraction du sable des plages. "La sonnette d'alarme devrait être tirée", précise-t-il. Pour une production plus organisée du béton, le sable utilisé devrait être extrait des carrières. Bétomar, filiale des Ciments du Maroc, utilise déjà le sable des carrières de sa filiale sur Sagram.

    Par ailleurs, la complexité des travaux de construction, extension en profondeur des bâtiments (sous-sols) et en hauteur militent également en faveur du développement du BPE. Les entreprises de construction doivent accompagner ce type de bâtiment sans préparation technique suffisante", explique M. Choukaïli de l'AMCI (Association Marocaine du Conseil et de l'Ingénierie) évoquant les problèmes de sécurité.

    Pour l'entreprise de bâtiment, l'utilisation du BPE pose le problème Je la garantie de sa composition. C'est m point délicat du fait de la responsabilité décennale. "L'entrepreneur doit garantir la qualité du béton fini qui est le résultat direct de la qualité des constituants et de leur dosage. Ainsi, la limite de responsabilité des contrôles entre le maître d'ouvrage et l'entreprise se situe au niveau de la centrale à béton", explique M. Choukaïli.

    L'existence d'une norme réglementant la production et la distribution du BPE a surpris l'assistance. C'est la norme 10.1.011. Dans le cadre de l'étude du Ministère du Commerce et de l'Industrie (7 entreprises sur les 8 existantes), l'ensemble des entreprises interrogées se sont déclarées en faveur d'une mise en place d'un système de certification. Pour les participants à la Journée, cette certification concernerait plus le process de production que le produit lui-même.

    Cependant, la qualité "sortie usine" ne suffit pas, il faut qu'elle soit contrôlée jusqu'à sa livraison sur le chantier. Les caractéristiques du béton à son "jeune âge" évoluent rapidement. La norme fixe les délais de livraison en fonction des températures ambiantes. Le délai de prise du béton est de l'ordre de deux heures et demie au maximum.

    Afin de réduire les délais de livraison, I'AMCI propose que les usines soient implantées à chaque extrémité des grandes métropoles, à moins de 30km des petites agglomérations et à moins de 50km des sites dégagés.

    Par ailleurs, l'utilisation d'adjuvants comme retardateurs de prise a soulevé un long débat. Pour M. Choukaïli, "ces adjuvants comportent des chlorures qui risquent d'altérer les aciers d'armature". Pour sa part, M. Hassad a déclaré que le LPEE étudie un package de contrôle des fondations à un prix de 10DH par m2, ce package devant vulgariser les procédures de contrôle.

    Les capacités de production du BPE

    L'industrie de fabrication du BPE au Maroc compte, en 1993,13 unités de production appartenant à 8 sociétés différentes et situées dans 7 villes (Casablanca, Rabat, Agadir, Marrakech, Meknès, Fès et Berrechid). Néanmoins, Bétomar (Ciments Français) et Readymix (Lafarge Coppée) détiennent 80% du marché.

    Cette industrie a employé, en 1992, 180 personnes dont 25 cadres, soit un taux d'encadrement de 14%.

    La capacité installée la même année s'est élevée à 565.000m3/an. Elle était de 156.000m3/an en 1990. La capacité moyenne de chaque unité, tourne autour de 55.000m3/an.

    Le taux d'utilisation de la capacité installée a connu entre 1990 et 1992 une baisse notable passant de 44,4% à 37%. Les industriels expliquent cette réduction par la crise du bâtiment. Mais ils demeurent confiants dans l'avenir. Les ventes du BPE ont progressé de 85 millions de DH en 1990 à 123 millions de DH en 1992, soit une hausse de 44,7%.

    Laïla TRIKI


    (1) Le taux de pénétration signifie la consommation de ciment BPE par rapport à la consommation totale.

    (2) La première Journée nationale du BPE a eu lieu le 4 février dernier. Elle a regroupé près de 300 professionnels du secteur du bâtiment, ingénieurs, architectes et entrepreneurs.

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