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    Enquête

    Assises de l'Emploi: Débats creux et cafouillis

    Par L'Economiste | Edition N°:400 Le 15/12/1998 | Partager

    De nos envoyés spéciaux à Marrakech, Hicham RAIQ & Aniss Maghri

    Les premières Assises de l'Emploi se sont poursuivies dimanche dernier avec les travaux des ateliers. Les intervenants ont beaucoup versé dans des discours classiques, type doléances. Les débats ont brillé par l'absence de propositions nouvelles et originales.


    Les Assises Nationales de l'Emploi n'ont pas tenu toutes leurs promesses. Dans beaucoup de cas, le professionnalisme et le pragmatisme ont cédé la place à des débats creux. Souvent, les discussions ont dérivé pour prendre un aspect doctrinal et philosophique. Pourtant, les thèmes des ateliers étaient clairs.
    L'atelier n°5, par exemple, traitait des relations de travail et de l'emploi. Le choix des animateurs laissait entrevoir des débats riches. En effet, la présidence de l'atelier a été assurée par M. Abdelmjid Bouzoubaâ, secrétaire général de la CDT. Et M. Abdelhak Sedrati de la CGEM était désigné comme vice-président. Le rapporteur était M. Mohamed Tadili du Ministère de l'Emploi.
    Ce trio a eu du mal à contrôler le débat. D'entrée de jeu, l'atelier de travail s'est transformé en une arène où les principaux acteurs étaient les représentants des syndicats (toutes tendances confondues). "Nous ne sommes pas là pour discuter du projet de code du travail", indiquent-ils. Pour eux, une telle discussion ne peut avoir lieu que dans le cadre de la Commission Nationale.
    La CGEM, quant à elle, pense que c'est une occasion à saisir pour trouver des accords sur certains points.

    Les centrales reprochent par ailleurs au Ministère du Développement Social, de la Solidarité, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle de les avoir marginalisées au niveau de l'élaboration du document introductif aux Assises. C'est pourquoi, les syndicalistes se sont penchés sur les axes du thème pour justifier de son importance ou son inopportunité, laissant de côté les questions de fond.
    Mais le véritable coup de théâtre de cette séance de travail a eu lieu lorsque M. Abdellah Fnatsa de l'UMT a demandé de retirer du rapport de l'atelier toutes les recommandations relatives au projet de code du travail. Ce qui a vidé le débat de tout son sens. Les centrales ont critiqué toutes les suggestions du rapport introductif et qui devaient servir de base aux discussions. Motif: ces suggestions ne peuvent qu'aggraver le chômage.
    Par ailleurs, les travaux de l'atelier n°6, traitant de la couverture sociale et l'emploi, n'ont pas échappé au même sort. Des discussions à "bâtons rompus" sans aucun fil conducteur. "Comment voulez-vous parler de la couverture sociale alors que le chômage ravage encore la population", a dit un jeune diplômé chômeur.

    Rapports préétablis


    Lors de cet atelier, les assureurs ont été montrés du doigt pour avoir mal maîtrisé le système de l'assurance-maladie. Le représentant des assureurs réagit pour signaler que la couverture n'est pas généralisée et que les cotisations sont faibles, ce qui ne permet pas de répondre aux attentes des assurés.
    D'autres participants ont mis l'accent sur la vétusté des textes et le faible revenu des indemnités relatives aux accidents du travail.
    Cette question a été prise en considération. Elle a fait l'objet d'une recommandation pour imposer aux employeurs de souscrire des assurances-accidents de travail.
    Parmi les recommandations proposées lors de cet atelier, figurent l'élargissement de la sécurité sociale à d'autres activités (agriculteurs, chauffeurs de taxi), le renforcement des mesures préventives dans les entreprises, l'accélération des procédures d'indemnisation
    A la clôture de cet atelier, le rapport a été contesté par un membre de la CGEM dont les propositions n'ont pas été retenues. "Il fallait nous dire que les rapports ont été préétablis et donc ne tiennent compte que de ce qui a déjà été prévu", souligne-t-il en quittant la salle.
    La même scène s'est déroulée lors des travaux de finalisation des commissions lorsqu'une dame a menacé de quitter la salle "si on ne tient pas compte" de ses propositions.
    "Nous ne sommes pas un organe décisionnel, nous sommes au stade de l'étude, alors toutes les idées sont les bienvenues", rassure le président de la Commission.


    Bousculades à la réception


    Les premières Assises de l'Emploi ont été marquées par quelques perturbations dans l'organisation. Tout a bien commencé jusqu'au moment où M. Khalid Alioua annonce le déficit de documentation par rapport au nombre de participants. Ces derniers ont alors couru juste après la fin de la séance pour récupérer la documentation. Sachant qu'il y avait plus de 1.800 participants (pour 1.500 documents), tout le monde s'est rué vers la réception.
    Résultat: des cris et des bousculades ont transformé le Palais des Congrès de Marrakech en un véritable souk.
    Ce phénomène a été accentué lorsque les organisateurs ont demandé à tous les participants de s'inscrire aux ateliers au niveau de la réception. Encore une fois, les hôtesses d'accueil, qui devaient retrouver le nom de chaque participant sur une liste, étaient débordées par la grande foule.o

    Hicham RAÏQ & Aniss MAGHRI

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