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Chronique

Finance participative au Maroc
Un écosystème en constitution

Par Abderrahmane LAHLOU | Edition N°:4740 Le 30/03/2016 | Partager

près une carrière de vingt ans en tant qu’opérateur privé de l’Education scolaire et universitaire, et président fondateur d’associations dans l’enseignement et le Conseil en formation, Abderrahmane Lahlou a fondé ABWAB Consultants, spécialisé dans l’Education et la Formation. Il est expert auprès du Groupe Banque Mondiale pour le programme e4e au Maroc, et expert agréé auprès de la BID. Il réalise également des études pour le compte de ministères et d’organismes privés nationaux et internationaux dans les trois domaines de la formation universitaire, professionnelle et scolaire. Il est conférencier international en management, économie et éducation, et professeur visiteur dans des universités françaises (Ph. A. L.)

La dernière déclaration du gouverneur de la Banque centrale sur la création imminente des banques participatives rassure sur la marche des préparatifs, tout en marquant un report inattendu de l’échéance, que les opérateurs ainsi que le marché attendaient pour le 16 mars 2016, soit quatre mois après la date de dépôt des demandes d’agrément, conformément à l’article 34 de la loi 103-12. Bien sûr, le même article dispose que ledit délai ne court qu’après la réception de tous les documents et des réponses aux questions complémentaires de l’autorité monétaire, et le gouverneur a pris soin de rappeler que les entretiens étaient en cours. Il est tout à fait normal que l’autorité monétaire soit le maître à bord en matière de conduite de ce chantier structurant du paysage financier au Maroc. Il est tout autant important que les acteurs constituant l’écosystème de la future finance participative se préoccupent des conditions d’accouchement du nouveau-né, tant attendu. Attendues, ces banques le sont pour plusieurs raisons:
 - L’absence d’inclusion des TPE et PME dans le système bancaire conventionnel actuel, malgré les efforts et engagements de certaines banques sur cette piste. L’étouffement du secteur immobilier depuis 2011, faute de financement des promoteurs et encore moins des acquéreurs.
- La disposition de nombreux opérateurs économiques à lancer des investissements par des financements conformes à la Charia et celles d’autres opérateurs à migrer leurs plans de financement de la trésorerie des facilités de caisse, escompte et autres découverts vers des formules de financement qui les affranchissent des intérêts. Une enquête nationale lancée par le cabinet ABWAB, et dont les résultats sont attendus en début mai prochain, se fixe comme objectif d’apporter des éclairages chiffrés sur ces attentes.

Un rôle d’accoucheur

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L’écosystème de la finance participative au Maroc implique trois catégories d’acteurs institutionnels, deux acteurs de régulation, trois catégories d’acteurs économiques et quatre catégories de stakeholders

Dans le but de garantir une naissance sans risques de ces organismes, et comme dans tout environnement démocratique, une initiative citoyenne de la société civile est opportune. Elle viserait à apporter le soutien opérationnel à la création des banques participatives et la préparation du terrain au niveau des futurs usagers. La genèse de la finance participative au Maroc, qui commence au début des années 80, révèle la succession d’étapes où la foi des acteurs sur la scène économique et sociale en l’arrivée de ce mode de financement n’a fait que se raffermir, et où les attentes des citoyens marocains, épargnants et investisseurs n’ont fait que grandir.
Aujourd’hui, grâce à l’action d’accompagnement de ces acteurs des milieux professionnel, universitaire, religieux et médiatique, les textes législatifs régissant les trois grands champs de la finance islamique sont pratiquement tous parus, à savoir ceux sur la banque participative, l’Assurance Takaful et les Sukuk. Les déclarations des officiels sur le sujet convergent toutes vers la volonté de sortir les textes d’application et circulaires dans les plus brefs délais, en vue de l’octroi imminent de licences, aussi bien pour les banques participatives, les compagnies mutualistes de Takaful et de l’autorisation de monter des opérations structurées de Sukuk, segment indispensable pour la gestion de la liquidité interbancaire islamique et pour l’emploi des fonds des compagnies sociétaires d’assurance Takaful.
Aujourd’hui, les établissements candidats à la création de telles activités restent suspendus à la complexité des rouages de promulgation des textes et aux contingences de la conjoncture politique. Mais les autres acteurs qui constituent l’écosystème «finance participative», à l’instar de la nouvelle vision intégrée du développement industriel au Maroc, peuvent se constituer en acteurs de la société civile, en vertu du rôle que doit jouer la société civile dans le fonctionnement des institutions publiques, conformément à la nouvelle Constitution. Leur initiative peut être investie des rôles suivants:
1. Organiser et coordonner l’interaction entre acteurs de cet écosystème.
2. Mener la réflexion de groupe nécessaire pour apporter une réponse la plus adaptée aux attentes de la population. Ce soutien peut se matérialiser par des études, du conseil  et une assistance technique dans la limite du «potentiel RSE» des membres de l’Initiative.
3. Eclairer l’opinion publique sur la nature du financement participatif, son utilité, l’état d’avancement du processus de naissance de ce segment, sans être le porte-parole ni des banques ni de la banque centrale, ni du Conseil des oulémas, ni d’aucune autre institution concernée.
4. Exprimer l’avis, les requêtes et les attentes de la population concernée aux autorités monétaires, financières et aux instances politiques concernées, par toutes les voies usuelles qui permettent une prise en considération intelligente de ces besoins.

Démocratie participative

La finance participative est un chantier qui implique la banque, l’assurance Takaful et le marché des capitaux. Il est porteur d’opportunités réelles de croissance de l’épargne et de l’investissement. Tout autant que d’autres réformes d’importance au Maroc, il mérite une réelle démarche de collaboration entre les acteurs institutionnels et les autres stakeholders, illustrative de la nouvelle approche de démocratie participative. Dans un Etat moderne, le défi du développement économique et social est une affaire citoyenne que se partagent le gouvernement, les institutions publiques et la société civile, et une responsabilité que doivent assumer toutes les composantes de la société.

 

 

 

 

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