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Politique

Sahara: Rabat maintient la pression

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4733 Le 21/03/2016 | Partager
Washington réaffirme son soutien à l’autonomie
Le Maroc n’est pas contre l’ONU ou le Conseil de sécurité
Il a un problème avec le secrétaire général
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«En déterrant le référendum que l’ONU elle-même avait qualifié de dépassé et d’inapplicable, Ban Ki-moon cherche à mettre une chape de plomb sur la proposition d’autonomie, la seule initiative ayant redynamisé le processus de consultations politiques, avec les rounds de Manhassat, près de New York», a souligné Nasser Bourita, ministre délégué aux Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse vendredi  (Ph. Bziouat)

Le Maroc ne badine pas avec la cause nationale. Sa montée au filet, avec la dénonciation des dérapages du secrétaire général de l'ONU, lors de sa visite dans la région, commence à donner ses fruits. Le Conseil de sécurité, qui s’est réuni jeudi dernier à New York, sous la présidence du représentant de l’Angola, n’a pas publié de communiqué. Il s’est contenté d’affirmer que des «contacts seront menés avec le Maroc» pour faire évoluer le dossier. Cette réaction a été qualifiée par le ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, de «sage et responsable», lors de la conférence de presse donnée vendredi dernier à Rabat. Cette question sera également abordée aujourd’hui, à l’occasion du déjeuner informel mensuel avec les 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité. En tout cas, Salaheddine Mezouar, après la session extraordinaire du Parlement, a été dépêché directement à New York pour prendre en charge cette opération. Il devait rejoindre la délégation officielle en marge de la visite royale en Russie, mardi matin à Moscou. Mais les développements de la question de la crise entre le Maroc et le secrétaire général de l’ONU l’ont obligé de rester sur place. En tout cas, le ministre est revenu à la charge pour clarifier le dossier: «Le Maroc n’a pas de conflit ni avec l’ONU ni avec le Conseil de sécurité, mais avec le secrétaire général». Celui-ci s’est départi de la neutralité que lui dicte son mandat. De même, il n’y a pas de disproportionnalité dans la réaction de Rabat aux manœuvres de Ban Ki-moon.
La réaction marocaine rappelle celle de 2013 lorsqu’une proposition d’étendre les attributions de la Minurso aux droits de l’homme était sur la table. La manœuvre de déstabilisation a été initiée par la représentante américaine à l’ONU, Suzanne Rice. Aujourd’hui, dans certaines chancelleries, on s’interroge sur le degré de responsabilité des Etats-Unis dans les dérapages du secrétaire général. D’autant que Ban Ki-moon n’est pas un novice. Il connaît parfaitement les règles de la diplomatie et la Charte des Nations unies pour avoir fait deux mandats à la tête de cette institution. En outre, il a été ministre des Affaires étrangères de son pays, la Corée du Sud. Une source proche du dossier affirme que Suzanne Rice et Christopher Ross ne sont pas étrangers à cette manœuvre. Ces deux diplomates profitent de l’ambiance de campagne électorale pour pousser Ban Ki-moon vers cette sortie de route. John Kerry est beaucoup plus absorbé par ce qui se passe en Syrie, Irak, la crise des migrants et le dossier nucléaire. Surtout que l’ambassadrice de Washington à l’ONU devra quitter son poste, quelle que soit l’issue des élections présidentielles américaines. Après la levée de boucliers au niveau international, avec le soutien au Maroc de plusieurs pays dont la France, Washington a dû recadrer sa représentante à l’ONU et essayé d’éteindre l’incendie. Ainsi, l’ambassadeur américain au Maroc a réitéré la position de son pays au sujet de ce conflit: «Le plan d’autonomie est sérieux, crédible et réaliste». Pour Dwight L. Bush, cité par la Map, «nous continuons à souhaiter un règlement pacifique, durable et mutuellement acceptable» de la question du Sahara.
Rappelons que cette tension est intervenue à la veille de la visite officielle du Souverain en Russie et la rencontre avec le président Vladimir Poutine. Washington, qui était au courant de ce déplacement à Moscou, n’a pas dû apprécier l’initiative royale. Pourtant, elle s’inscrit dans le cadre de la diversification des relations du Maroc avec ses partenaires. En tout cas, les prochaines semaines seront décisives.   
Dans cette affaire, deux décisions prises par le gouvernement, au lendemain des dérapages du secrétaire général de l’ONU, ont été appliquées. Il s’agit de l’expulsion de 84 fonctionnaires civils rattachés à la Minurso dont une partie a quitté le Maroc samedi dernier à bord de vols commerciaux, puisque «la Minurso n’a plus de rôle politique», pour reprendre les termes de Nasser Bourita lors de sa première sortie publique vendredi dernier à Rabat. Le départ de l’ensemble des personnes concernées par la décision prise par le gouvernement devait avoir lieu hier dimanche.
Le ministre délégué aux Affaires étrangères a tenu à préciser qu’il ne s’agit nullement des militaires de la mission onusienne qui veillent au respect du cessez-le-feu. En effet, les 230 soldats que compte la Minurso ne sont pas concernés. «Ce sont ces civils fonctionnaires qui ont électrifié le contexte politique, en préparant des rapports quotidiens», a-t-il souligné. La plupart d’entre eux étaient acquis aux thèses d’Alger. Certains représentaient l’Unité africaine, avec toute l’animosité légendaire que cette organisation nourrit à l’égard du Maroc.
Idem pour la contribution volontaire du Maroc en faveur de la Minurso dont le montant s’élève à 3,1 millions de dollars par an.
Par contre, l’examen du retrait du contingent marocain des opérations de maintien de la paix sera reconsidéré à la lumière de la demande de trois pays africains. Il s’agit du Congo, du Centre Afrique et de la Côte d’Ivoire et où les casques bleus marocains sont opérationnels. D’ailleurs, Abidjan a vite réagi en mettant en avant sa surprise par les déclarations du secrétaire général de l’ONU. Cette institution devrait absolument préserver sa position de neutralité et d’impartialité car le Maroc s’est engagé fermement  à accorder une large autonomie aux provinces du Sud. «Le Maroc est l’un des grands contributeurs aux casques bleus de l’ONU dans le monde, a affirmé le ministre ivoirien de l’Intégration africaine. Sur un autre plan, les pays du Conseil de sécurité considèrent le Maroc comme un pourvoyeur de paix puisque, jusqu’ici, il a participé à 12 opérations dans le monde, notamment en Afrique, en Europe, en Amérique latine et en Asie.
Avec le développement de ce dossier, la visite du secrétaire général au Maroc début juillet n’est plus à l’ordre du jour comme d’ailleurs celle de son envoyé spécial Christopher Ross. Car, en déterrant le référendum que l’ONU elle-même avait qualifié de «dépassé et d’inapplicable», Ban Ki-moon a cherché à mettre une chape de plomb sur la proposition d’autonomie, la seule initiative ayant redynamisé le processus de consultations politiques, avec les rounds de Manhassat, près de New York. Pourtant, les puissances internationales la considèrent comme «sérieuse et crédible».

Les quatre reproches

Le ministre a énuméré quatre reproches faits à Ban Ki-moon, dont le premier est l’utilisation de l’«occupation». Ce terme, très chargé politiquement et juridiquement, change les paramètres de la donne. Le Conseil de sécurité a pris 65 résolutions sur le dossier, mais sans jamais l’utiliser, a précisé le ministre délégué. Le 2e reproche concerne la visite de Bir Lahlou, une zone tampon, en compagnie de membres du Polisario. Après Tindouf, la visite pouvait être interprétée comme un territoire libéré. Pourtant, le Maroc avait accordé cette zone, sans habitants, à la Minurso pour la gestion du cessez-le-feu. Or, les garanties avancées par le secrétariat général avant ce déplacement n’ont pas été respectées.
Le troisième reproche porte sur la référence au référendum. Pourtant, depuis 2004, il n’y a pas eu d’indication à ce mécanisme par les résolutions de l’ONU. Vouloir réanimer le référendum est très dangereux, a noté le ministre. Pourtant, le rôle de facilitation accordé au secrétaire général est encadré par les résolutions du Conseil de sécurité. Dernier grief, le «V» de victoire, affiché par Ban Ki-moon, le disqualifie puisqu’il a pris position . Il a proposé une conférence des contributeurs lors de sa visite des camps des séquestrés, sans évoquer, une seule fois, le recensement dont il parle depuis 2009.

 

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