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Entreprises

Femmes et dirigeantes

Par Ségolène DARGNIES | Edition N°:4733 Le 21/03/2016 | Partager
Huit leaders racontent leurs parcours
Les femmes de plus en plus nombreuses aux postes décisionnels
Ces managers évoquent le frein de l’auto-censure

La réussite a-t-elle un sexe? Pas  sûr si l’on se fie aux parcours des huit femmes d’exception réunies jeudi soir par l’APD, Association pour le progrès des dirigeants, qui avait intitulé la rencontre Women in leadership.

L’une après l’autre, elles ont conté les trajectoires qui les ont menées aux plus hautes sphères managériales, battant en brèche un grand nombre de clichés sur la capacité des femmes à prendre leur place dans la gouvernance des entreprises. Certes, si 35 % des effectifs des plus gros groupes mondiaux sont féminins, ce chiffre diminue au fur et à mesure qu'on grimpe dans la pyramide des postes pour se réduire à 15% au sein des comités exécutifs, comme le montre une étude récente sur la question. Au Maroc, comme en témoignait récemment pour notre journal Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, ce chiffre semble atteindre aujourd’hui 29%. En cause, notamment, la maternité qui forcerait beaucoup de femmes à niveau de diplômes et de compétences égal à mettre leur carrière de côté pendant quelques années et à laisser ainsi leurs collègues masculins prendre l’ascendant. Un argument que se refusent à brandir ces managers, banquière, consultante, directrice d'École supérieure, mais encore chef de cuisine ou DRH, qui n'ont jamais voulu voir dans leur vie personnelle un obstacle à leur carrière. «Quand on parle du leadership au féminin, on retrouve toujours la question de l'auto-censure. On se stigmatise en tant que femme d’entrée de jeu», explique Lisa Ivers, directrice associée au prestigieux Boston Consulting Group, pour qui l’installation au Maroc a été un formidable accélérateur de carrière. «J'ai fait de tous les obstacles que je rencontrais des opportunités», raconte encore Nabila Mounib, première femme  au Maroc à être élue à la tête d'un parti politique (le PSU – Parti socialiste unifié). De même, elles n’ont jamais considéré que travailler dans des milieux parfois exclusivement masculins était une difficulté: «J’ai toujours été la seule femme dans mon équipe, c’est une chance», confie Asmaa Azizi.

La PDG du cabinet de consulting éponyme poursuit: «Nous avons des qualités que les hommes n’ont pas: la diplomatie, une forme de fermeté, la propension à chercher l’harmonie aussi». «J’étais souvent l’unique femme dans une brigade de quarante hommes, et je n’ai pas rechigné devant les journées de vingt heures de travail», se souvient la chef de cuisine et fondatrice du restaurant La Maison du Gourmet qui conte son magnifique parcours depuis les fourneaux de l’école de cuisine Paul Bocuse jusqu’à la création de son épicerie fine en 2013. Résolument optimiste, la directrice de l’Isem (l’Institut supérieur des études maritimes) montre elle aussi que tous les milieux professionnels sont désormais prêts à la mixité: «Les choses changent, il y a tant de femmes compétentes», confie cette géologue de formation qui a su se tailler une place de choix dans la marine. Portées certes par leur force de travail et leur volonté de fer, la plupart de ces femmes insistent aussi sur la chance qu’elles ont eue de grandir dans des familles ouvertes, guidées par des parents qui les ont convaincues qu’elles se devaient de réussir à l’égal de leurs frères.

Croissance et diversité

La diversité n’est pas un beau slogan à brandir dans les  colloques féministes ou sur les pages glacées des magazines: elle est un gage sûr de croissance économique. Sur un panel de 500 entreprises, celles les plus « diverses » accusent une valorisation boursière de 1,7 point sur 10 ans, et,  sur la même durée, une rentabilité 10 fois supérieure à leurs concurrentes. Mais alors ne faut-il pas imposer des femmes leaders? «Il faut en effet forcer le destin, mais en incluant les hommes dans ces questionnements», nuance la consultante Lisa Ivers.

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■ Nabila Mounib:  Pour Nabila Mounib, «la révolution a commencé très tôt». Dès l’âge de cinq ans où, entrée au CP avec deux ans d’avance faute d’école pré-scolaire dans la ville de Settat où elle a grandi, elle doit affronter l’animosité de son frère aîné. Pas vraiment du genre à se décourager, elle suit une scolarité brillante et obtient une bourse pour aller étudier l’endocrinologie à Montpellier. Elle s’initie au militantisme sur les bancs de l’université et, depuis, cette fibre ne l’a plus quittée: «Je voulais être utile, ma petite personne ne m’intéressait pas». Sortie Docteur, elle poursuit de pair sa carrière de chercheuse et ses engagements politiques. En 2012, elle a été élue secrétaire générale du PSU  (Parti socialiste unifié), devenant ainsi la première femme élue à la tête d’un parti politique. Pas si étonnant de la part de celle pour qui les femmes se doivent de pousser toutes les portes, même «blindées».

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■ Amane Fethallah: Dans la chambre des frères de Amane Fethallah se trouvait une sonnette qui permettait aux petits garçons d’appeler leurs sœurs au moindre besoin. «Et un jour, j’ai décidé qu’on ne me sonnerait plus», raconte cette femme de caractère qui a grandi à Settat dans une famille modeste avant d’entamer en France, grâce à une bourse, des études de géologie contre l’avis de ses parents qui la voyaient médecin. Docteur ès sciences, elle devient formatrice à la Navco, branche navale de Défense conseil international, et y évolue avec succès. DRH de l’Université Internationale de Rabat à partir de 2009, elle a été nommée à l’automne 2013 directrice de l’Institut supérieur des études maritimes.

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■ Meryem Cherkaoui: Originaire de Rabat, Meryem Cherkaoui s’est formée en France dans la célèbre école de Paul Bocuse, «un peu par hasard», confie la jeune femme. Elle s’y découvre une passion pour la cuisine qui n’a jamais cessé de l’habiter: «J’ai en fait découvert peu à peu que je n’étais faite pour faire que ça». Si les femmes sont souvent aux fourneaux, peu l’ont été devant ceux du Majestic à Cannes ou du Crillon à Paris comme Meryem Cherkaoui. Mais la chef, animée d’une forte fibre entrepreneuriale, n’en reste pas là. Rentrée au Maroc, elle ouvre à Casablanca son propre restaurant, La Maison du Gourmet, puis son atelier de cuisine Saveurs des Chefs, pressée de transmettre sa passion et d’éveiller d’autres vocations. En octobre 2015, elle ouvre un nouveau restaurant au Mandarin oriental.

 

 

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