Culture

Le musée Farid Belkahia ouvre ses portes

Par L'Economiste | Edition N°:4709 Le 16/02/2016 | Partager
Il est situé dans les ateliers du défunt artiste
Et géré par la Fondation éponyme consacrée au rayonnement de son oeuvre

 

De grandes personnalités du monde des arts ont tenu à rendre hommage à l’artiste. On peut reconnaître (de g. à dr.), Mehdi Qotbi, président de la Fondation des musées, Amine Sbihi, ministre de la Culture, ou encore le président de l’Institut du Monde arabe, Jack Lang. Ils accompagnent la veuve de Farid Belkahia, l’écrivaine et critique d’art Rajae Benchemsi, qui a relevé le défi en créant d’abord une fondation au nom de l’artiste et en lançant le Mathaf Farid Belkahia (Ph. Mokhtari)
 

Le gotha du monde des arts et de la culture a tenu à être présent pour l’inauguration du musée Mathaf Farid Belkahia sis dans l’ancien atelier du feu artiste à Marrakech. Musée qui abrite une année durant une exposition des œuvres de l’artiste peintre, un large aperçu sur les multiples expressions artistiques et la variété des supports et matériaux qu’il a utilisés durant sa carrière.

Ce musée est la concrétisation de la volonté du défunt de partager son legs artistique avec les générations à venir, indique Rajae Benchemsi, écrivaine et critique d’art -et épouse de l’artiste décédé en septembre 2014-. Benchemsi a relevé le défi en créant en mars dernier d’abord une fondation au nom de l’artiste. Parmi ses membres, Rajae Benchemsi, mais aussi l’historien Hamid Triki, le politologue Alexandre Kazerouni… Cette  fondation se propose de perpétuer le rayonnement de l’œuvre de l’artiste entamée en 1953 jusqu’à 2014 et de l’art traditionnel marocain avec le soutien de grandes institutions majeures dont l’Institut du Monde arabe et le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain.  Parmi ses axes de travail, des prix annuels d’excellence, des bourses d’études, de recherches ou d’appui aux travaux de jeunes créateurs ainsi que l’organisation d’expositions nationales et internationales, publication de catalogues et de films pour assurer la continuité de l’œuvre de l’artiste défunt. Le second axe est la salle d’exposition et c’est chose faite. La fondation vient donc d’ouvrir le musée tant attendu par les admirateurs de cet artiste qu’était Belkahia.  Son inauguration a connu la participation, entre autres, du ministre de la Culture, Amine Sbihi, le ministre chargée des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed El Ouafa, ou encore le président de l’Institut du Monde arabe, Jack lang, Michel Gauthier ainsi que le conservateur du patrimoine au Centre Pompidou à Paris.  

Jack Lang et son épouse en compagnie d’Alexandre Kazerouni, politologue et co-président d’honneur et directeur scientifique de la Fondation Farid Belkahia (Ph. Mokhtari)
 

Des personnalités nationales et internationales qui ont tenu à rendre un autre hommage à l’artiste lors d’un colloque organisé par la même occasion et qui a retracé le parcours  de Farid Belkahia dans l’histoire de l’art et dans les musées.  Farid Belkahia a commencé à peindre à l’âge de 15 ans à peine, et a exposé très tôt, dès 1953, année où ses œuvres ont été présentées, pour la première fois, dans sa ville natale. Il se rendra ensuite à Paris, de 1954 à 1959, pour poursuivre ses études à l’Ecole des beaux-arts de Paris. De retour au Maroc en 1962, l’artiste  dirigera, jusqu’en 1974, l’Ecole des beaux-arts de Casablanca, avant de se consacrer pleinement à son art. Et cet artiste au talent et à l’originalité incomparables se distinguera très vite par sa griffe unique. Travaillant le cuivre, la peau, le bois, privilégiant les pigments naturels sur des toiles où symboles berbères se mêlent à d’autres signes graphiques universels.

En 1969, avec d’autres artistes de sa génération, sera ogranisée, sur la place Jamaâ El Fna, une grande exposition, une première expérience dans l’art de rue. Au fil de sa carrière marquée par une production artistique éclectique et prolifique, il révolutionne l’art contemporain arabe et islamique et s’impose comme artiste international reconnu par de nombreux collectionneurs et musées tant dans le monde arabe qu’en Europe.

Badra BERRISSOULE
 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc