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Enquête

Parlement
Comment la machine CGEM est passée à l’action

Par L'Economiste | Edition N°:4707 Le 12/02/2016 | Partager
Elle s’appuie régulièrement sur l’expertise externe pour étayer ses arguments
Les questions intéressant les entreprises portées «en live»
L’Economiste invité à la dernière journée de la session d’automne

 

Les représentants parlementaires de la CGEM sur le perron de la seconde Chambre du Parlement

IL est 12h30 ce mardi 9 février, les huit élus de la CGEM à la seconde Chambre prennent leurs aises dans leurs locaux au Parlement. C’est la dernière journée de la session d’automne. Le rituel se répète chaque mardi. Les conseillers se retrouvent  dans leur salle de réunion pour préparer la séance hebdomadaire des questions orales. Certains avaient participé la veille, jusque tard dans la nuit, au débat sur deux projets de loi qui devaient absolument être votés au cours de cette session. Il s’agit des projets de texte sur le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et du statut de la magistrature. Les conseillers de la CGEM avaient introduit quelques amendements, dont certains ont été acceptés. Par conséquent, les projets de loi devaient être adoptés par la première

Neila Tazi, Abdelilah Hifdi et Abdelhamid Souiri à leur arrivée à la gare Rabat Ville. Pour des raisons de commodité, le trio représentant le Grand Casablanca se déplace en train. Les autres représentants viennent de Marrakech, Agadir, Meknès, Tanger et Rabat

Chambre du Parlement en seconde lecture. La clôture de la session d’automne a été décalée de 24h le temps de voter en séance plénière les deux textes.
 
13h. Les conseillers de la CGEM se retrouvent dans leur salle de réunion. L’ambiance est décontractée. Les discussions tournent autour de ce qui s’était passé la veille au Parlement. L’UMT et le PAM avaient officiellement demandé le report de la discussion des projets de texte portant réforme de la retraite des fonctionnaires. Une question renvoyée à la session du printemps en avril. Le report n’est pas du goût de tout le monde. Mais il ne faut pas pinailler sur cette décision. Le président du groupe recadre le fil de la réunion car il faut préparer la séance des questions orales. Les représentants du patronat doivent interpeller Rachid Benmokhtar, ministre de

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l’Education et de la Formation professionnelle, sur le blocage du projet de loi sur la réforme de la formation continue. Le texte avait été adopté en Conseil de gouvernement en juin 2014. Les chefs d’entreprise se demandent toujours où il est passé. Pour son travail au Parlement, le groupe CGEM s’appuie sur une petite équipe de fonctionnaires qui avait déjà «servi» le groupe parlementaire du PPS lors de la précédente mandature. Sa mission consiste à «faciliter» le travail des conseillers en préparant les différents documents tels que des rapports, l’ordre du jour des réunions, la saisie des questions orales… Visiblement, la machine est huilée. L’ordre du jour porte sur le rappel des décisions du bureau et des conférences des présidents de groupe de la semaine précédente, les requêtes transmises aux commissions permanentes,

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les questions orales et les réponses des ministres… Parmi les points programmés lors de cette réunion, figure une question qui suscite particulièrement le mécontentement des représentants de la CGEM: la «faible» représentativité du patronat dans la diplomatie parlementaire. «Il est aberrant que la CGEM ne puisse pas faire bénéficier la diplomatie parlementaire et économique de son expertise, de sa proximité avec les organisations patronales internationales et de son réseau de conseils d’affaires», s’étonne Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire du patronat. Il a d’ailleurs déjà transmis une lettre au président de la seconde Chambre pour demander une nouvelle répartition des groupes à travers les branches diplomatiques, se basant sur la compétence, la proximité,

Les élus de la CGEM à la seconde Chambre lors de leur réunion hebdomadaire

le poids de chaque groupe... Les conseillers partagent tous la position de leur président. «Il est indispensable que l’action diplomatique du groupe parlementaire de la CGEM soit en cohérence avec celle de la Confédération dont il est issu», ajoute Neila Tazi, vice-présidente de la seconde Chambre.

 

 

Diplomatie parlementaire

 

 

Il est 16h30, les représentants parlementaires de la CGEM dans la salle plénière, en compagnie de Mohamed Moubdii, ministre de la Fonction publique, qui devait répondre à une première salve de questions orales

13h30. Les élus de la CGEM présentent leur premier bilan au titre de la session automnale de la législature 2015-2021. Un bilan qui sera largement débattu lors du prochain conseil d’administration, prévu en mars à Agadir (voir encadré). Les conseillers estiment qu’il est «largement positif». «Le groupe parlementaire s’est distingué en portant devant la seconde Chambre du Parlement le débat autour de questions intéressant l’entreprise, le climat des affaires, l’économie nationale…. Avec le temps, les conseillers gagneront en expérience pour améliorer leur rendement», témoigne Mohamed Daidea, membre du groupe Action progressiste.  Outre le contrôle du gouvernement, la mission de la seconde Chambre du Parlement intègre aussi le volet diplomatique qui s’articule autour de deux axes: les commissions interparlementaires mixtes et les groupes d’amitié. La répartition de la représentation dans ces structures s’effectue selon le poids de chaque groupe à l’échelle des deux chambres du Parlement.

Larbi Laraichi, ex-patron de la CGEM Meknès, est président de la Commission de l’agriculture et des secteurs productifs. C’est l’une des plus importantes structures parlementaires, représentant une douzaine de secteurs économiques. Larbi Laraichi a présidé pas moins d’une quinzaine de réunions de la Commission

Il est donc normal que le premier groupe, en l’occurrence celui de l’Istiqlal, soit représenté dans la majorité des commissions, suivi par le PAM puis le PJD.
 

Abdelilah Hifdi, aux commandes de la Fédération du transport, est président du groupe parlementaire de la CGEM à la deuxième Chambre

A l’ordre du jour de la réunion, figure également l’annonce du séminaire parlementaire, le mardi 12 avril, sur la proposition de loi sur le droit de grève qui avait été remise au président de la seconde Chambre il y a deux semaines. Syndicats, CNDH, représentants de la société civile, hauts fonctionnaires seront conviés au débat. La proposition de loi CGEM a été officiellement transférée à la Chambre des représentants. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement déposera son propre projet de loi. L’on se demande si la mandature actuelle sera suffisante pour voter ce texte sachant qu’il figure en bonne position dans l’agenda législatif du gouvernement. Quand bien même il pourrait être voté avant octobre prochain, date des prochaines élections, il est peu probable que les textes d’application soient prêts d’ici là.

 

Premier bilan chiffré

LE groupe parlementaire de la CGEM à la seconde Chambre du Parlement a finalisé son rapport d’activité. Il s’était particulièrement fait remarquer lors de la discussion du projet de loi de Finances. C’était la première fois que les problématiques relatives aux entreprises étaient portées directement dans l’enceinte du Parlement. Les représentants de la Confédération, qui avaient introduit plus d’une quarantaine de propositions d’amendements,  se faisaient assister par des experts pour appuyer leurs arguments. Trois se sont particulièrement distingués dans la préparation du budget 2016 et de la proposition de loi sur le droit de grève: Abdelkader Boukhriss, Ahmed Azirar et Hicham Zouanat. Le groupe CGEM a activement participé aux discussions d’autres projets de texte, tels que la loi sur le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, le statut de la magistrature, l’interdiction des sacs en plastique… Au total, la seconde Chambre a voté 24 projets de loi. Les représentants de la CGEM ont posé une trentaine de questions, dont cinq adressées au chef du gouvernement. La plupart de ces questions ont trait au climat des affaires et à la vie de l’entreprise.

Un cas de ralliement dans le groupe

 

Omar Moro, président de la Chambre de commerce de Tanger, ayant rallié le groupe CGEM

C’est un cas d’école. Bien qu’élu sous les couleurs de la CGEM, Mohammed Salem, vice-président de l’antenne Régions Sud, a fait défection pour rejoindre le parti de l’Istiqlal. L’Economiste avait à maintes reprises soulevé la question du risque de récupération des représentants du patronat par les partis politiques. Les craintes de la Confédération se sont finalement concrétisées avec ce premier cas de transhumance. Pourtant, la loi interdit tout changement d’étiquette politique en cours de mandat sous peine de destitution. Mais dans ce cas d’espèce, elle ne pourra pas s’appliquer. La CGEM tombe sous le coup du dahir de 1958 relatif aux associations et non la loi 2006 sur les partis politiques ni le dahir de 1957 sur les syndicats professionnels. Par conséquent, si rien n’est fait, le groupe parlementaire pourrait bien être phagocyté par les partis politiques. Le seul moyen pour ne pas en arriver là, c’est d’introduire des amendements aux statuts de la CGEM pour transformer la Confédération en syndicat professionnel comme le prévoit le dahir de 1957. Le changement devrait intervenir avant les prochaines élections de la seconde Chambre afin de neutraliser toute velléité de transhumance. En nombre, le groupe CGEM n’est pas perdant puisqu’il a été rejoint par Omar Moro, président de la Chambre du commerce de Tanger, qui avait été élu en tant que candidat sans étiquette politique.

 

Hassan EL ARIF
 

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