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Evénement

Syndicats/gouvernement: Rupture consommée

Par L'Economiste | Edition N°:4706 Le 11/02/2016 | Partager
Grève générale mercredi 24 février
Amélioration du revenu, respect du code du travail, dossiers retraites… les principales revendications

Entre le gouvernement et les quatre plus importantes organisations syndicales, c'est désormais la rupture. La situation est telle que les centrales syndicales, l'UMT, la CDT, la FDT et l'UGTM, ont décidé de passer à l'étape ultime: une grève générale mercredi 24 février.

"Un mot d'ordre que rien ne fera changer", prévient Miloudi El Moukharek, secrétaire général de l'UMT. "Même si le gouvernement propose de reprendre les discussions, notre mouvement sera maintenu. Cette grève touchera tous les secteurs d'activité: privé, public, semi-public, transport, commerce", poursuit le patron de l'UMT. Les quatre centrales syndicales, qui ont constitué un front commun, ont annoncé cette décision lors d'une conférence de presse organisée mercredi 10 février à Casablanca. "Cette grève est une protestation contre le gouvernement et sa politique. Cette équipe ne reconnaît pas les principes de la démocratie participative, les conventions internationales et même les lois nationales", ont souligné les différents représentants syndicaux. Il promettent de durcir leur action et n'excluent pas d'autres grèves après le 24 février.

Une plainte contre le gouvernement devrait être également déposée devant l'Organisation internationale du travail à Genève pour non-respect des conventions internationales ratifiées par le Maroc. C'est le cas notamment de celle relative à la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Cette nouvelle étape dans les rapports de force entre les syndicats et le gouvernement intervient quelques semaines après la rencontre "informelle" le 16 janvier dernier entre les  deux parties. "Nous avons fait des propositions pour que l'on dépasse la situation actuelle et remis tout un dossier au chef du gouvernement. Mais aucune suite n'a été donnée. Abdelilah Benkirane ne croit ni à la concertation ni à la négociation", accuse le secrétaire général de l'UMT. Depuis 2012, les centrales syndicales ont du mal à maintenir le dialogue avec le gouvernement. Les deux rendez-vous annuels, du mois d'avril et de septembre qui coïncident respectivement avec la préparation du "1er mai" et la loi de finances, sont passés à la trappe. De plus, au cours des trois dernières années, l'essentiel de leurs revendications n'a pas été pris en compte. D'ailleurs, la grève générale programmée est une protestation contre  la non-satisfaction d'une quinzaine de demandes. C'est le cas par exemple pour l'augmentation générale des salaires, l'application de l'échelle mobile des salaires ainsi que l'augmentation des pensions de retraites. De même, lors de la discussion de la loi de finances 2016, certaines centrales via leurs représentants à la deuxième Chambre avaient proposé une baisse de l'IR en vue d'améliorer le pouvoir d'achat. "Cela a été refusé pour éviter tout impact sur les recettes de l'IR, source importante de financement du budget de l'Etat", soulignent des responsables syndicaux.

Les organisations syndicales s'accrochent aussi à la suppression de l'article 288 du code pénal. Une demande récurrente à laquelle aucune réponse n'a jamais été apportée. Cet article prévoit des peines d'emprisonnement "d'un mois à deux ans et une amende de 200 à 5.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, à l'aide de violences, voies de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tenté d'amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail".
Les syndicats exigent aussi la généralisation de la protection sociale, l'application du code du travail ainsi que la protection des libertés syndicales.

Retraite, la réforme qui irrite

"Nous sommes pour la réforme de la retraite mais dans la concertation. Le gouvernement n'a pris en compte aucune de nos propositions".
Pour les centrales syndicales, la réforme paramétrique du régime de retraite des agents de l'Etat induit des efforts importants qui seront supportés uniquement par les fonctionnaires. C'est le cas de la hausse des cotisations qui sera partagée à part égale entre l'Etat-employeur et ses salariés. De même, l'allongement de l'âge de départ à la retraite devrait rester facultatif. Selon les syndicats, le report de l'âge de départ à la retraite devrait avant tout tenir compte de la pénibilité du travail.
Les centrales syndicales, qui ont mobilisé leurs équipes à la deuxième Chambre au Parlement, exigent une réforme globale des régimes de retraites. "C'est le schéma sur lequel on s'était mis d'accord au niveau de la commission technique des retraites. C'est aussi l'une des recommandations du cabinet qui avait réalisé l'étude sur les différentes caisses", rappelle une syndicaliste.

Khadija MASMOUDI

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