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    Economie

    A qui profite l’économie sociale et solidaire

    Par L'Economiste | Edition N°:4620 Le 05/10/2015 | Partager
    Solidarité et bénéfice, indissociables
    Un business model à double sens

     Les jeudis de la RSE! C’est un rendez-vous trimestriel, au cours duquel chercheurs, coopératives et entrepreneurs débattent de la meilleure manière d’encourager l’économie sociale et solidaire. Sur la photo (de droite à gauche): Radia Cheikh Lahlou, Pr Amina Kchiri, Leyth Zniber, Imane Chefchaouni et Majid El Ghaib

    Produits bio, commerce équitable, plantes naturelles… Près de 15.000 coopératives montent en grade et représentent un réel poids économique. «Nous faisons du bénéfice, nous ne sommes pas là pour être gentils»! Dès la première phrase de son intervention, Leyth Zniber, fondateur de Eirene 4 Impact, donne le ton. L’économie sociale et solidaire, débattue lors des jeudis de la RSE de la fondation SMarT, ne connaît pas la solidarité à un seul sens. Il s’agit en fait d’un business plutôt lucratif. L’entrepreneuriat social répond à des besoins spécifiques d’entreprises. A titre d’exemple, Zniber parle de la vision d’une entreprise qui a su tirer profit de ce qui est communément appelé économie sociale et «solidaire» (ESS). Le directeur a rencontré un problème de distribution de ses produits et a décidé de collaborer avec des camionneurs indépendants. La plupart d’entre eux ont une mini-camionnette, dans laquelle ils transportent meubles, animaux, produits nutritionnels… Depuis cette collaboration, l’entreprise a enregistré 20% de croissance de distribution. Une évolution tout à fait plausible, puisque le management n’a plus investi dans du matériel roulant. De plus, l’impact, élément indispensable de l’économie sociale, a aussi été important. «C’est une manière de répondre à un problème, en améliorant la rentabilité», explique Zniber. Il ne s’agit nullement pas d’un modèle social à proprement dit. En effet, le management avoue se rapprocher d’un système de private equity, ce qui ne correspond pas tout à fait à la définition de l’ESS. La recherche de bénéfice étant encore taboue dans le solidaire. Selon le management, le crowdfunding equity (financement participatif) est le modèle le plus développé au Maroc, notamment par le don/financement participatif. Ce modèle divise aussi investisseurs et milieu social. Cela démocratise l’investissement, désormais plus réservé à une certaine catégorie donnée, et favorise l’enrichissement de certaines classes sociales.
    L’ESS n’est donc plus dissociée du capitalisme, tout au contraire. Coopératives et associations deviennent génératrices de revenus et l’utilité sociale et environnementale suit. «Notre activité est bénéfique, mais parallèlement nous engageons des actions d’alphabétisation», explique Imane Chefchaouni, directrice de projet à l’association Ibn Al Baytar. L’exemple de l’huile d’argan est l’un des plus parlants au Maroc, lorsque le sujet des coopératives est abordé. Une activité à forts bénéfices nationaux mais surtout internationaux. Souvent se pose la question du résultat social et économique réel dans les régions. Autre élément de l’ESS, peu connu pour le moment: l’innovation sociale. Le programme Enactus, notamment, organise chaque année un concours d’innovations destinées aux zones pauvres. Le concours, qui rassemble 4.000 étudiants marocains, voit son fonds d’investissement augmenter d’année en année. Aujourd’hui, l’OCP soutient Enactus à hauteur de 12 millions de DH pour 3 ans. L’an passé, un filtre à eau, destiné aux zones enclavées marocaines et africaines, a remporté la seconde place du concours. «Nous sommes dans une logique de rupture avec ce qui se fait actuellement», explique Majid El Ghaib, président d’Enactus Morocco. Samsung, notamment, a posé la problématique d’alphabétisation via la technologie et encore Mazen a créé un incubateur. Le modèle économique change doucement. Il ne s’agit plus seulement d’éthique financière, mais aussi sociale et environnementale.

    Fondation SMarT

    La Fondation SMarT organise la seconde édition des jeudis de la RSE. Il s’agit d’un cycle de conférences visant à encourager l’entrepreneuriat dans l’économie sociale et solidaire, afin que «la société puisse produire des anticorps et pallier les souffrances qu’elle a elle-même générées», explique Abdelhakim Doukkali, président de la fondation. Chercheurs académiques, coopératives et entrepreneurs se donnent rendez-vous pour débattre de cette thématique et pour soutenir le prix de la RSE, annoncé en mai dernier par la fondation de la SMT. Mémoires et thèses doctorales doivent être déposés avant le 30 octobre, afin de concourir au prix national de la recherche RSE. Parallèlement, en collaboration avec l’Université Hassan II de Casablanca, la fondation lancera, à partir de la rentrée 2016, un master expert en économie sociale et solidaire – gouvernance sociale.

    Sabrina EL-FAÏZ

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