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    Analyse

    Qualité des sols: L’effet fatal des pesticides

    Par L'Economiste | Edition N°:4555 Le 25/06/2015 | Partager
    500.000 hectares touchés selon le département de l’Agriculture
    L’utilisation d’engrais atteindra 1,6 million de tonnes en 2020

    La réalisation des projets de développement agricole s’accompagne de l’augmentation de l’utilisation des engrais et des pesticides qui peuvent causer de véritables dégâts aux sols. Surtout que certains petits agriculteurs optent pour des produits génériques, moins chers, mais plus dangereux
     

    C’est connu. L’économie marocaine est tirée depuis des années par des secteurs très dépendants des ressources naturelles, comme c’est le cas de l’agriculture. Paradoxalement, ces activités «tendent à exploiter ces ressources de façon non durable», selon les conclusions du 3e rapport sur l’état de l’environnement au Maroc. En plus d’exercer une «forte pression sur les ressources en eau, les activités agricoles favorisent une surexploitation des sols qui impacte négativement leur qualité», est-il indiqué. Surtout que pour répondre aux besoins croissants, «la surface agricole utile n’a cessé de s’accroître, passant de 7,4 millions d’hectares en 1973 à 9,2 millions d’hectares ces dernières années», selon les données de ce rapport. Or, «le développement d’une agriculture intensive a été marqué par une plus grande utilisation des engrais, surtout dans les cultures irriguées». Cela constitue un risque réel de pollution des sols, mais aussi des eaux de surface. Les statistiques disponibles montrent «qu’en 2010, l’utilisation de pesticides concernait environ un million d’hectares, dont la moitié en zone irriguée». Et cette tendance devra se maintenir en termes d’utilisation de ces produits mais aussi des fertilisants. Les prévisions soulignent que «l’usage des engrais se poursuivra et atteindra près de 1,6 million de tonnes à l’horizon 2020». Si cela favorise l’amélioration de la qualité de la production agricole, il en va aussi de la santé des citoyens. Mais «les revenus insuffisants poussent parfois les petits agriculteurs à acquérir des pesticides génériques, moins chers, mais plus dangereux», selon le 4e rapport sur les indicateurs du développement durable au Maroc. L’impact de ces produits empoisonnants peut s’étendre même à l’eau. Si les données sur la contamination des eaux par ces produits sont rares, «certaines analyses de l’ONEE ont révélé la présence de pesticides organochlorés et organophosphorés dans les eaux de l’oued Sebou et de l’oued Martil», peut-on lire dans ce document. D’où l’importance de mettre en place un processus de contrôle et d’analyse plus systématique. Ainsi, l’utilisation massive des fertilisants et des produits phytosanitaires favorise le phénomène de salinisation des sols. Les zones les plus touchées sont celles situées dans les périmètres irrigués de Ouarzazate, Tafilalet, El Haouz, Souss Massa et le Gharb, fait-on savoir. Les données du ministère de l’Agriculture font état de l’affectation de près de 500.000 hectares par ce phénomène. Cela est couplé à une salinisation secondaire, la forme de dégradation des sols la plus rapide, qui touche près de 160.000 hectares, soit 16% des terres irriguées.
    M. A. M.

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