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Finances-Banques

«Il faut augmenter le flottant en Bourse!»

Par L'Economiste | Edition N°:4552 Le 22/06/2015 | Partager

Rolland Bellegarde, conseiller spécial du président de la Bourse d’Arabie Saoudite: «Les sanctions doivent être dissuasives mais en même temps pousser les émetteurs vers les bonnes pratiques. Sinon on se retrouve avec des amendes tellement faibles que le coût des pénalités sera  intégré dans les frais d’entreprises»

La Bourse de Casablanca manque cruellement de liquidité, ce qui réduit considérablement l’attractivité de la place. Avec un flottant moyen en Bourse assez faible (autour de 25 %), il est difficile d’attirer les investisseurs sur le marché. L’instauration d’un flottant minimum à détenir en Bourse avait été envisagée pour améliorer la liquidité. Mais aucune décision n’a été prise jusqu’ici. Pour Rolland Bellegarde, conseiller spécial du président de la Bourse d’Arabie Saoudite et ancien vice-président exécutif en charge des marchés européens et du Listing, Nyse-Euronext, cette mesure représente une véritable piste à explorer...
- L’Economiste: Quel regard portez-vous sur le marché boursier marocain?
- Rolland Bellegarde:
Le marché marocain dispose d’une infrastructure efficiente. Et pourtant, il a du mal à progresser en termes de volumes d’affaires. La matière étant limitée, il ne fonctionne plus. Il ne joue plus son rôle de valorisation de sociétés. Aussi, il est facile de s’introduire en Bourse et d’en avoir les avantages (cotation, visibilité, valorisation) sans en avoir les contraintes ni en termes de transparence, ni en termes de gouvernance. Ce qui génère un déséquilibre qu’il faut absolument changer. Le marché devenant opaque n’attire plus les investisseurs. Beaucoup de propositions ont été faites. Certaines sont contradictoires avec d’autres. L’essentiel aujourd’hui est de définir les chantiers prioritaires.
- Justement, sur quel levier faut-il agir en priorité?
- La principale mesure concerne l’existence d’un flottant minimum par société qui ne sera plus défini en nombre de titres, mais en pourcentage de capital. Ainsi, ce montant mis sur le marché au moment de l’introduction en Bourse pourra évoluer au cours de la vie de la société. Si on n’a pas un minimum de titres en circulation, il est peu probable qu’il y ait de la liquidité. Il faut donc faire en sorte que les entreprises qui ne respectent pas le seuil de flottant, les atteignent durant une période de transition. Un équilibre très difficile à établir pour pousser les autres à avancer. On peut instaurer des sanctions sans pour autant être trop dur.
- En quoi les incitations fiscales pourraient-elles attirer les investisseurs?
- Les mesures fiscales sont le choix de la facilité. Tout ce qui est fiscal est de nature temporaire. Une fois qu’on arrête, on a l’effet totalement inverse. Les dispositions de ce type créent un stimulus momentané mais ne génèrent pas de comportement durable. Ce n’est pas par ce levier qu’on peut diriger l’épargne vers les sociétés. Il faut que les investisseurs admettent que le risque existe et varie selon le secteur investi. Les incitations fiscales déforment totalement la mécanique du marché.
- Faut-il alors alléger les contraintes?
- Les contraintes sont déjà très légères. D’autres pays exigent par exemple, la publication de rapports trimestriels. Elle représente des critères de classification pour distinguer les bons des mauvais élèves. On est bon élève quand on respecte ces contraintes. Cette rigueur diffère d’un segment à un autre. Après il ne faut pas s’étonner si les investisseurs ne sont pas intéressés par un certain secteur faute de contraintes. Qui dit moins de contraintes, dit moins de transparence, moins d’informations, donc plus de risque pour celui qui veut investir.
- Le flottant reste le nerf de la guerre de la liquidité. Une piste pour inciter les sociétés à l’augmenter?  
- Le marché a besoin d’établir une cartographie des investisseurs. Celle-ci permettra de reconnaître les détenteurs des titres d’une entreprise. La classification se fera par typologie (fonds, particulier, institutionnel, OPCVM..) et de façon régulière. Les sociétés cotées suivront le comportement des actionnaires sur le marché ou encore la durée de détention des actions. Ce qui au final permettra d’affiner les calculs et révéler le flottant réel des sociétés.
Une mesure technique qui pourrait être demandée aux banques chaque mois, sans dévoiler qui détient quoi. Le rapport rendra compte simplement de la structure du marché. Les indices ne seront que meilleurs par la suite. Les entreprises pourront être ainsi classées en fonction du flottant des titres et non de leurs capitalisations. Celles qui souhaitent gagner en visibilité devraient ensuite augmenter leur flottant.

Les capitaux islamiques: 20% du volume
des affaires à Ryad

Les prêts de nature islamique restent trop compliqués et chers du fait de la double transaction sur des biens souvent immobiliers. Aujourd’hui, le moyen le plus simple est de passer par le marché actions. Plus rapide aussi, les banquiers préfèrent utiliser cette alternative. Ce type de prêt interagit beaucoup sur le marché puisque cela implique un achat et une revente sur le marché boursier. Désormais, ces transactions drainent plus de 20% du volume global des affaires. La demande est de plus en plus forte pour ce type de prêts que ce soit auprès des particuliers qu’au niveau des grandes entreprises. Des prêts Corporate ont ainsi été mis en place en allongeant la période d’acquisition des titres. La Bourse saoudienne réfléchit à développer une plateforme pour gérer les prêts de cette nature.

Propos recueillis par Aïda LO

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