Economie

Auto-entrepreneur, écosystèmes...
parades réaffirmées contre le chômage

Par L'Economiste | Edition N°:4510 Le 22/04/2015 | Partager
Le sujet au cœur du colloque annuel des X-Maroc
Démystifier l’échec: un pas obligatoire pour l’innovation

La création d’emplois fait partie des priorités nationales. C’est d’ailleurs l’un des défis majeurs pour renforcer l’entrée du Maroc dans le club select des pays émergents. Générer de la valeur et des opportunités de travail de manière massive peut passer par l’entrepreneuriat conjugué à une forte dose d’innovation. «Entrepreneuriat & innovation» est justement la thématique retenue par le groupe X-Maroc, pour son colloque 2015 qui s’est tenu à Casablanca le 21 avril. Un événement dont l’organisation a été assurée par l’agence Saga Event. «Nous nous attendons à 350.000 chômeurs à l’horizon 2020. Un chiffre qui s’explique par la récession qui touche les secteurs traditionnellement consommateurs d’emplois comme l’immobilier», annonce Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce. Elalamy a tenu lors de cet événement à rappeler son plan d’actions, qui s’articule autour de la création d’écosystèmes spécifiques à chaque secteur d’activité.
Pour le ministre de l’Industrie, le nouveau statut de l’auto-entrepreneur est en mesure de donner une nouvelle dynamique à l’emploi. Cette nouvelle forme juridique a ainsi pour vocation la libération du potentiel entrepreneurial. Ce qui déboucherait idéalement sur une croissance de l’emploi, tout en aidant à lutter contre la pauvreté ou encore permettrait l’intégration de l’informel. «J’avoue qu’entreprendre peut-être un véritable chemin de croix. Il n’empêche qu’il ne faut pas être réfractaire au risque ni être casse-cou pour autant pour réussir», insiste le ministre.
Pour plusieurs intervenants à ce colloque, le fait que la faillite soit un sujet tabou dans la culture marocaine est en soi un frein majeur à l’instauration d’une dynamique entrepreneuriale digne de ce nom. «L’échec est encore considéré comme un tabou au Maroc. Cela doit être démystifié et accepté en tant que risque à courir par tous les porteurs de projets», préconise Mamoune Bouhdoud, le jeune ministre délégué chargé des Petites entreprises et de l’Intégration du secteur informel. En effet, l’un des problèmes récurrents chez les jeunes entrepreneurs reste la difficulté à trouver une adéquation entre revenus et ambitions. S’y ajoute un milieu économique qui, contrairement à plusieurs pays émergents, table sur une politique de zéro risque économique. Ce qui représente un handicap en termes d’innovation. «Le Maroc ne dépense que 0,8% du PIB pour la R&D, alors que la moyenne internationale est de 2%», rappelle Mohamed Kabbaj, président d’honneur du groupe X-Maroc. Pour le président de Lafarge Maroc, introduire des taxes mesurées sur l’importation pourrait être un moyen efficace de réduire le déficit d’investissement public dans l’innovation. En plus de la peur de l’échec, l’entrepreneuriat est ralenti par différents freins, notamment le peu de compétences, la rareté de l’information, l’absence de régulation, l’accès limité aux marchés ou encore aux produits financiers. «L’entrepreneuriat est l’une des grandes sources de création d’emplois dans les pays à faible taux de croissance», explique David Robalino, manager et Lead Economist à la Banque mondiale. Pour ce manager, les pays émergents comptent deux types de porteurs de projets: les entrepreneurs de subsistance et ceux de vocation. Selon Robalino, l’Etat est appelé à jouer un rôle plus important dans le soutien de ce secteur, en introduisant plus d’incitatifs pour favoriser la croissance.
Un avis partagé par le ministre chargé des Petites entreprises, qui appelle à entreprendre un travail d’identification du secteur. «Quel est le modèle du jeune entrepreneur marocain? Est-ce qu’il existe? C’est la 1re réflexion à mener pour la création d’un modèle marocain», suggère le ministre. L’année 2015 a, rappelons-le, démarré sur la dynamique des start-up, qui ont même réussi à décrocher 2 sièges au sein du conseil d’administration du patronat. Une euphorie tempérée par Vincent Castel, économiste-pays de la BAD: «Pour qu’une start-up devienne une PME, il lui faut en moyenne 5 ans». Un constat partagé par Tarafa Marouane, président de la commission R&D de la CGEM, qui préconise un accompagnement des start-up opérationnelles: «Il vaut mieux intervenir sur l’existant dans un premier temps». 

Le pitch des start-up

Le groupe X-Maroc a lancé, en marge de son colloque annuel, le prix X-Maroc du jeune entrepreneur innovant en partenariat avec New Work Lab (un incubateur de start-up). Un prix doté d’une enveloppe de 50.000 DH. A cette occasion, 5 start-up ont eu l’occasion de pitcher devant un jury d’experts. Les entreprises sélectionnées sont Biodôme (spécialisée dans le traitement et la valorisation des déchets organiques et agricoles), Anou (plateforme permettant aux artisans de vendre leur produit à l’international), Gel (projet de recyclage et  collecte de déchets d’équipements électriques), Educall (spécialisé dans le matching entre étudiants universitaires maîtrisant certaines disciplines et des élèves ayant des besoins dans ces mêmes matières) ou encore Taxiii (application mobile de réservation de taxis).

A. At.

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