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    Economie

    Régularisation des clandestins
    A peine 7.000 cartes de séjour accordées

    Par L'Economiste | Edition N°:4431 Le 30/12/2014 | Partager
    Le bilan définitif disponible à partir de mars
    Appel à la régularisation systématique des immigrés femmes
    Les bénéficiaires pourront profiter des logements à faible valeur immobilière

    Si le ministre chargé des Affaires de la migration qualifie ce bilan provisoire de l’opération de régularisation de «positif», les réalisations semblent toutefois maigres en comparaison à d’autres pays

    C’est demain mercredi que s’achève l’opération de régularisation des migrants en situation irrégulière. Plus de 7.000 clandestins ont déjà obtenu leur carte de séjour et 3.000 autres ont reçu un avis favorable. «Ils sont issus de près de 100 nationalités. Mais la majorité provient de l’Afrique subsaharienne», indique le ministre Anis Birrou, ministre chargé des MRE et des Affaires de la migration. Reste que le bilan définitif de ce dispositif royal, lancé en janvier dernier, n’a pas encore été dressé. En effet les chiffres définitifs de ce dispositif ne seront disponibles qu’à partir de mars prochain. Il faudra attendre que les 83 bureaux mis en place statuent sur les demandes de régularisation en cours d’instruction. Ils disposent encore d’un délai de 2 mois pour trancher sur les dossiers déposés notamment vers la fin de l’opération. Cela, comme le stipule la circulaire conjointe avec le ministère de l’Intérieur. Le ministre qualifie en tout cas ce bilan de positif. «Les réalisations correspondent aux estimations fixées au départ», se réjouit-il. Son département tablait sur une population comprise entre 20 et 24.000 immigrés clandestins. Un an après le lancement de l’opération, il a ainsi réceptionné plus de 24.000 demandes de régularisation.
    Si le nombre de titres de séjour distribués peut paraître faible pour certains, Anis Birrou estime que  l’objectif n’est pas arithmétique. «Il est d’abord humain. Ce n’est pas rien de transformer le quotidien de milliers de personnes qui allaient risquer leur vie en traversant la Méditerranée. Le Maroc leur donne la possibilité de vivre dans la société et leur prépare un programme d’intégration», dit-il. Déjà, la loi de Finances de 2015 accorde aux étrangers résidents au Maroc en situation régulière la possibilité de bénéficier de logements à faible valeur immobilière et des logements destinés à la classe moyenne. Ce type d’initiative est indispensable ne serait-ce que pour répondre aux critiques d’organisations internationales comme Médecins sans frontières qui pointaient l’usage de la violence contre les immigrés subsahariens. Marcel Amiyeto, secrétaire général du syndicat des travailleurs immigrés au Maroc, qualifie également ce bilan de «positif». Cela, «en dépit des difficultés rencontrées au début de l’opération en raison notamment des différentes interprétations de la circulaire qui fixe les critères d’éligibilité et les catégories des bénéficiaires», dit-il. Selon lui, les 83 bureaux n’ont pas interprété de la même manière cette note conjointe du ministre de l’Intérieur et son homologue chargé des MRE et des Affaires de la migration. Ce qui explique en partie le nombre élevé de demandes rejetées qui s’élèvent à 13.000 selon Amiyeto. Celui-ci pointe également du doigt certaines associations qui avaient douté de cette campagne de régularisation, décourageant ainsi les immigrés en séjour illégal à déposer leurs dossiers auprès des bureaux de régularisation. En effet, ces ONG avaient craint que cette campagne de régularisation ne soit qu’une opération d’identification et de refoulement des sans-papiers. 
    Si les critiques avaient fusé contre le délai de 2 mois pour l’examen des demandes de régularisation, Marcel Amiyeto affirme que cette échéance reste acceptable. Surtout qu’«il s’agit de la première opération du genre au Maroc». Aujourd’hui, l’objectif de son syndicat est de régulariser la situation des tous les étrangers en situation illégale au Maroc. Marcel Amiyeto plaide surtout pour la régularisation systématique des immigrés femmes.  
    Les immigrés qui ont obtenu leur titre de séjour ont justifié leur présence au Maroc par un ordre de virement à leur famille ou par une consultation chez un médecin.

    Pas facile d’obtenir le sésame

    La majorité des 13.000 immigrés qui ont vu leur demande de régularisation rejetée n’a pas pu justifier d’une présence continue de 5 ans au Maroc. Pour cause, des difficultés d’obtention de document l’attestent. En effet, les migrants clandestins sont nombreux à souligner que leur patron ou propriétaires des appartements où ils logent refusent de leur délivrer une attestation de travail ou de loyer. Mais la circulaire prévoit aussi la possibilité de justifier sa présence par un ordre de virement à sa famille ou même par une consultation chez un médecin.

    Hajar BENEZHA

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