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Culture

La littérature féminine marocaine s’invite à Paris

Par L'Economiste | Edition N°:4426 Le 23/12/2014 | Partager
Un café littéraire monté par Sofitel Casablanca Tour Blanche
En présence des 2 lauréates de la 2e édition du prix littéraire féminin

Bouthaina Azami (à gauche) accompagnée de Naima Lahbil Tagemouati lors du café littéraire organisé à Paris sous l’égide des escales littéraires Sofitel. La 3e édition du prix littéraire femme aura lieu au Sofitel Casablanca Tour Blanche le 13 mars 2015

Les plumes marocaines s’exportent de plus en plus en France à travers différents évènements. Le dernier en date est le café littéraire organisé en plein centre névralgique parisien, au Sofitel Faubourg, par le Sofitel Casablanca, en partenariat avec Air France, le 17 décembre. Animé par la romancière et essayiste, Catherine Enjolet, l’occasion est de mettre à l’honneur les deux premières écrivaines francophones, lauréates du prix littérature femmes: Bouthaina Azami pour son roman «Au café des faits divers», et Naima Lahbil Tagemouati pour son premier roman, «La Liste».  Ce prix littéraire féminin Sofitel Tour Blanche a été remis le 8 mars devant un jury composé d’intellectuels et d’écrivains.  Parmi eux, Fouad Laroui, Emmanuelle de Boysson et Driss Jaydane pour n’en citer que quelques-uns. «Créé pour encourager la littérature marocaine francophone, ce prix essentiellement féminin souligne un fait assez peu connu: la littérature féminine au Maroc a joué un grand rôle dans l’évolution de la société marocaine. La génération 80 et 90 a vu naître une vague littéraire féminine.  Les femmes ont commencé à s’exprimer à travers cette littérature du témoignage», note Fouad Laroui, membre du groupe ayant créé ce prix,  présent lors de ce café littéraire à Paris. Pour lui, «ce prix a été conçu pour mettre l’accent sur le rôle fondamental qu’a joué la littérature féminine marocaine, ainsi que l’importance d’écouter la voix des femmes.»
Bouthaina Azami, écrivaine et journaliste, a remporté le prix d’auteure confirmée avec son cinquième roman «Au café des faits divers». Publié aux éditions La croisée des chemins, il s’agit de son premier roman à être édité au Maroc. Elle a vécu pendant 30 ans à Genève, où se déroule également l’histoire. Auteure à fleur de peau, d’une sensibilité profonde, elle se laisse porter par l’émotion dans la description de la souffrance de ses différents personnages. Dans son dernier roman, elle rend hommage à son ami zaïrois qui s’est suicidé dans une incompréhension totale. Cet évènement produit un choc dans la vie de Bouthaina Azami et son entourage. Ce dernier n’avait jamais laissé penser qu’il était dans une souffrance qui le pousserait à commettre l’irréparable. C’est à travers l’écriture qu’elle choisit de revenir sur les silences de ses amis et leur donner voix. «J’ai voulu revisiter tous ces silences, j’avais des amis rwandais par exemple, je savais qu’ils avaient vécu des drames, la parole était impossible parce que ça dépasse l’imaginaire. Ils n’étaient pas capables de verbaliser toutes ces souffrances. De ce fait, j’ai voulu donner voix à l’indicible». «Le café des faits divers» met en scène cinq personnages de pays en guerre, ou qui ont vécu des drames familiaux. Bouthaina Azami confie que l’expérience de donner voix au silence fût très difficile. «Il faut réinviter l’histoire de l’autre. La seule chose concrète est l’Histoire elle-même, avec un grand H. Nous savons ce qui s’est passé dans ces pays, comme le Rwanda, le Congo… Le plus dur est de pouvoir essayer d’éveiller les sentiments qu’ils peuvent avoir en eux-mêmes. Pour moi, le geste d’écrire n’est pas toujours d’ordre du plaisir, c’est aussi un parcours de souffrance», souligne Bouthaina Azami. Le rythme de ce roman est saccadé, et passe par des phrases tantôt longues, tantôt très courtes. «Nous sommes dans l’intériorité des personnages», comme l’indique l’auteure. La narration également se déroule à travers un «moi» omniscient qui a connu sa part de souffrance à travers son identité d’exilé albanais. Il représente quelque part le 6e personnage de l’histoire, qui est, en même temps, à l’extérieur et fait partie du groupe. «Parler de soi, c’est réveiller la douleur de l’autre. Les personnages se protègent les uns des uns autres à travers leurs silences, et se confient à ce moi», conclut-elle.
Naima Lahbil Tagemouati, quant à elle, débute sa carrière littéraire avec brio. Son premier roman «La liste», édité par Le Fennec, lui vaut le prix Découverte du prix littérature femme. Dans son roman, très visuel, elle ne choisit pas l’histoire, mais c’est l’histoire qui la choisit, dit-elle. «Il était important pour moi d’explorer autre chose que ma vie et mon intimité et d’explorer autre chose. Travailler sur des espaces qui ne sont pas les miens m’a fait beaucoup de bien», précise l’écrivaine qui a travaillé dans l’urbanisme, et a fait beaucoup de terrain dans les bidonvilles qu’elle connaît bien.  Son roman se construit autour d’une seule scène qu’elle visualisait parfaitement. Pour Naima Lahbil Tagemouati, l’écriture est douloureuse et ne vient pas toujours spontanément, mais son «désir d’écrire était tellement présent, et ce, depuis très jeune, qu’il a fallu le laisser vivre». «La Liste» est le croisement de l’histoire du combat de Fatéma, mère de famille, qui cherche désespérément à quitter le bidonville dans lequel elle habite, mais elle ne figure pas sur la liste étatique. Et celle de Bouchta, architecte, chargé du déplacement de «Karyan Lesieur», qui vient lui-même d’un bidonville, mais qui a plutôt bien réussi sa vie grâce à ses études et son travail.
Aïda BOUAZZA

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