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Analyse

Comment l’artisanat veut résister à la crise

Par L'Economiste | Edition N°:4399 Le 13/11/2014 | Partager
La filière mise gros sur la demande intérieure
L’essentiel de la production reste du ressort des mono-artisans
Faible synergie avec les entreprises structurées

APRÈS une période difficile marquée par les effets de la crise, l’artisanat commence à retrouver des couleurs. «Nous

Près de la moitié du chiffre d’affaires du secteur de l’artisanat est réalisé par 4 filières: le bois (20,3%), les  vêtements (17,2%), la bijouterie (10,5%) et la maroquinerie (7,6%)

avons constaté une petite reprise des exportations vers de nouveaux marchés, comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, à partir de 2012», a souligné Abdallah Aadnani, directeur général de la Maison de l’artisan. Cette tendance s’est maintenue durant les années suivantes.
En 2014, «le secteur a enregistré une augmentation des exportations de 18,4% le premier semestre». Pour lui, cela est «le résultat des opérations menées par la Maison de l’artisan, chargée de la promotion de ce secteur, à travers la participation à des salons professionnels, des foires commerciales, en plus des campagnes de communication institutionnelle, afin de construire une image sur l’artisanat marocain». Globalement, le ministère de tutelle a annoncé que «l’artisanat à fort contenu culturel a réalisé, en 2013, un chiffre d’affaires total de 20,2 milliards de DH, soit une hausse de 4% par rapport à l’année précédente». Cette croissance a concerné les différentes catégories de structures professionnelles. Les PME artisanales ont connu une évolution du chiffre d’affaires de 8,6%, au moment où les mono-artisans urbains ont bonifié leur chiffre d’affaires de 2,9%. Ces derniers assurent l’essentiel de la production nationale, avec près de 75% du chiffre d’affaires global du secteur en 2013.
Le développement du tissu productif artisanal reste néanmoins fortement concentré dans quelques centres urbains. «L’artisanat urbain représente près de 90% du chiffre d’affaires. Sur ce total, les pôles Casablanca, Marrakech, Fès, Tanger  Rabat, réalisent près de 59% des transactions ». Et c’est la capitale économique qui arrive en tête avec 20,5%, suivie de Fès avec 14,1% et Marrakech avec 10,9%. Les différents segments du secteur ont participé à cette évolution. Mais c’est le bois qui arrive en tête, avec un peu plus que 20% du chiffre d’affaires en 2013, suivi des vêtements avec 17,2% et la bijouterie avec 10,5%. Ces trois filières réalisent la moitié du chiffre d’affaires global du secteur. De même, les différents métiers ont augmenté leurs résultats en 2012 et 2013. C’est le cas notamment de la bijouterie, qui a connu une évolution de près de 9% du chiffre d’affaires, ainsi que le tapis (+8,3%), la maroquinerie (+4,6%), le bâtiment traditionnel (+2,8%)…

Employabilité

L’ARTISANAT est l’un des secteurs assurant une grande partie des postes d’emploi, dans les villes traditionnelles. Les créations de nouveaux emplois dans ce secteur ont augmenté de 2,12% en 2013 par rapport à l’année précédente. Cela a concerné à la fois le milieu urbain et rural, avec respectivement +2,11 et +2,15%. Mais globalement, ce sont les villes qui accaparent l’essentiel des emplois dans le secteur avec près de 70%, notamment les principaux pôles comme Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger… Par métier, c’est la filière des vêtements qui arrive en tête avec 18,3% des emplois, suivie du bois (13,5%) et de la maroquinerie (6,5%).

Dans le détail, l’essentiel de la production artisanale est réalisé par les mono-artisans traditionnels. Pour ceux opérant dans les villes, les résultats montrent une «forte dépendance de leur niveau d’activité à la demande émanant des ménages, avec plus de 74%», fait-on savoir auprès du ministère chargé de l’Artisanat. Les commerçants, eux, ne constituent que 19,3% des ventes de cette catégorie d’artisans. Ce qui montre l’importance de la vente directe, notamment pour les produits à usage quotidien. Et si la Vision 2015 mise sur le développement des synergies entre les acteurs de référence et les mono-artisans, il paraît que la mayonnaise n’a pas encore pris. Pour l’instant, les PME ne représentent que 1,2% du chiffre d’affaires total de cette catégorie. Les résultats montrent aussi que les ventes réalisées auprès des touristes étrangers s’élèvent à peine à 4,7%. D’où l’importance de donner un coup de pouce au processus de mise à niveau des lieux de vente des mono-artisans. D’autres facteurs également entrent en compte pour limiter l’importance des ventes directes auprès des touristes. Plusieurs artisans et bazaristes avaient souvent critiqué la formule all-inclusive, mise en place par certains établissements hôteliers pour renforcer leur nombre de nuitées, mais qui semble

Le secteur de l’artisanat repose essentiellement sur les activités des monoartisans urbains qui accaparent  l’essentiel de la production avec près de 75%, parallèlement à une légère progression de la part des PME, qui a atteint 14,5%

avoir un impact négatif sur les commerces parallèles.
Les principales tendances relevées chez les mono-artisans urbains marquent également l’activité de ceux évoluant dans le monde rural. L’essentiel de leur production est destiné aux ménages (83,8% des ventes). Là aussi, la coopération avec les PME reste très limitée, dans la mesure où elle ne dépasse pas 0,6% du chiffre d’affaires total. Ces petites entreprises ont réussi, toutefois, à diversifier leur portefeuille clients. En 2013, les PME ont réalisé 6% de leurs ventes auprès d’autres artisans, et le même volume auprès d’autres entreprises. Ces entités sont également plus tournées vers l’international, avec 9% du chiffre d’affaires résultant des ventes auprès des touristes et 13% à l’export. Cela s’explique par le fait «qu’il s’agit d’acteurs dont la capacité productive et commerciale permet de faire face aux demandes des divers marchés, notamment à l’export», est-il indiqué. Il faut dire que le renforcement de la compétitivité des produits artisanaux passe par un processus de mise à niveau, en termes de qualité et d’innovation. Abdallah Aadnani a rappelé les différents programmes mis en place par le ministère de tutelle, dans le cadre de la Vision 2015, particulièrement pour l’accompagnement de ces structures en termes de design, de packaging et de marketing. C’est ce qui permettra à l’artisanat marocain de franchir un nouveau palier, notamment en termes de pénétration de nouveaux marchés étrangers. D’autant plus que la présence dans les salons internationaux est axée sur des produits haut de gamme, relevant de la décoration d’intérieur et de l’art de vivre.

Un potentiel encore peu exploité

APRÈS une période difficile entre 2006 et 2011, les exportations artisanales ont renoué avec la croissance à partir de 2012, pour atteindre en 2013 plus de 363 millions de DH. Mais le potentiel que recèle ce secteur reste encore peu exploité, dans la mesure où l’essentiel des exportations est destiné à des marchés traditionnels, notamment en Europe, dont la part s’élève à 43,5%. Le Maroc a amorcé une politique de diversification de ses marchés, à travers une plus grande pénétration des marchés américain et canadien, qui représentent désormais 22,5% des exportations. Les produits destinés aux marchés internationaux restent également limités. Il s’agit surtout de la poterie (18,2%), du tapis
(17%), des vêtements (11,2%) et du bois (9%).

M. A. M.

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