Régions

Fès: Le mausolée Moulay Idriss restauré à l’identique

Par L'Economiste | Edition N°:4397 Le 11/11/2014 | Partager
Il a bénéficié d’un programme de rénovation sur hautes instruction
36 mois de travaux intenses et 52,5 millions de DH de budget

Le Roi Mohammed VI a visité, vendredi dernier, le mausolée Moulay Idriss. Cet édifice a fait l’objet d’un vaste programme de restauration qui a duré 36 mois et coûté 52,5 millions de DH

Fermé à la prière depuis septembre 2010, le mausolée Moulay Idriss Al-Azhar peut enfin accueillir ses fidèles. Ceci, à l’issue d’une vaste opération de restauration et de rénovation ayant nécessité une enveloppe budgétaire de 52,5 millions de DH. Pour sa réouverture vendredi dernier, le sanctuaire du fondateur de la ville a reçu la visite du Souverain.
La restauration de ce mausolée intervient sur Hautes instructions du Roi qui avait ordonné, en 2009, au ministère des Habous et des Affaires islamiques d’élaborer une étude technique pour une restauration complète du monument et de ses dépendances. Les travaux de restauration, démarrés en mai 2011, ont porté sur la consolidation ou la reconstitution de la grande coupole, du patio, de la salle de prière, du minaret, du logement de l'imam, de la mosquée Mkalka (espace de prière d’une capacité de 240 fidèles et salles d'ablutions) et de Dar Kaïtoun, l'ancienne résidence de Moulay Idriss. Soit la préservation d’un ensemble d’édifices historiques s’étendant sur une superficie totale couverte de 2.548 m2. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que le projet soit confié à l’architecte Rachid El Haloui qui a une grande connaissance de la restauration complexe des sites historiques et des modes d’intervention en médina. «On ne trouve pas des jarres pleines de pièces d’or dans les travaux de restauration, mais plutôt des fissures, des dégradations diverses, des affaissements… le problème vient du fait qu’un bâtiment ancien ne laisse jamais apparaître ses pathologies», explique-t-il. Et d’ajouter: «c’est le cas du mausolée Moulay Idriss. Ce bâtiment est d’une richesse exceptionnelle et ses décors qui captent le regard et empêchent de voir les fissures, les infiltrations d’humidité et les nombreuses dégradations». De plus, le mausolée est un lieu de culte, couvert de tapis qui cachent les sols et leurs déformations. La nature même de cet édifice présentait des difficultés liées à plusieurs facteurs, dont le bâtiment et son ancienneté, ses matériaux, le voisinage, la nature des sols et le manque d’entretien. Un des bâtiments du mausolée est traversé en sous-sol par un oued. «Mieux encore, nous avons découvert que  la mosquée Mkalkla qui fait partie du Horm de Moulay Idriss était construite en partie sur une maison privée, situation dont personne ne pouvait se douter avant nos investigations», souligne El Haloui. Et de poursuivre: «les dégradations les plus importantes que le  temps fait subir aux bâtiments étaient dûes à l’eau qui s’infiltre par les terrasses dont l’étanchéité n’est pas entretenue ou par les remontées capillaires par le sol, la médina de Fès étant entièrement construite sur des oueds, des séguias et des ruissellements divers».
Subissant l’impact du temps et le manque d’entretien, ce monument présentait un haut risque d’effondrement. Et c’est particulièrement l’état de son dôme, construit par le sultan Moulay Ismaïl, qui était endommagé. La structure en bois était aussi sérieusement abîmée. En 36 mois, les travaux de restauration ont permis de renforcer les fondations, de réparer les fissures, de consolider les toitures, les plafonds et les dômes. Ils ont porté aussi sur les revêtements, l’entretien des réseaux d'eau, d’électricité et d'assainissement. Notons enfin que l'ensemble des éléments en bois ainsi que les composantes décoratives (zellige, marbre, tuiles, décors en plâtre, en fer et en bronze) ont été restaurés à l’identique.

La philosophie de la réhabilitation

La philosophie de la restauration du mausolée de Moulay Idriss s’est appuyée sur le respect total des ouvrages, des matériaux et des décors. Les interventions ont consisté en la consolidation générale des bâtiments, leur protection contre les risques divers (étanchéité, sécurité, assainissement, désinsectisation…) et en une restauration générale à l’identique des décors dégradés ou modifiés par des interventions inappropriées. A titre d’exemple, un panneau de zelliges dégradé a été maintenu en place, consolidé par un coulis de mortier de chaux approprié à l’arrière du panneau sous le contrôle du laboratoire. Seules les pièces manquantes ou très dégradées ont été remplacées par des éléments dont la qualité du matériau, de la cuisson, de l’émail, de la couleur et de la pose a été scrupuleusement contrôlée.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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