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    Analyse

    Aleca: Le périlleux chemin de convergence

    Par L'Economiste | Edition N°:4395 Le 07/11/2014 | Partager
    Le retard dans cette opération prive des produits marocains d’intégrer le marché européen
    Un plan national de convergence réglementaire pour bientôt
    Marchés publics, services, normes sanitaires et phytosanitaires…

    Source: Rapport Office des changes

    Les exportations marocaines vers l’UE, dans le cadre de l’accord de libre-échange, ont connu une progression soutenue depuis 2009. Elles sont passées d’un peu moins de 20 milliards de DH en 2008 à près de 40 milliards en 2013. Pour autant, plusieurs produits marocains n’arrivent pas à pénétrer ce marché en raison des barrières tarifaires

    L’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), que le Maroc est en train de négocier avec l’Union européenne, est le premier du genre. C’est pour cela qu’il y a une confusion sur sa portée. Les responsables de la Commission européenne au Maroc ont tenu à clarifier les choses. «Il ne s’agit pas de négocier une plus grande libéralisation des échanges, dans la mesure où la plupart des produits industriels et agricoles sont exempts de droits de douane, parallèlement aux quotas prévus pour certains produits sensibles».
    Aujourd’hui, «l’idée est plutôt de renforcer la convergence législative et réglementaire entre les deux parties», a expliqué Marta Moya Diaz, chef de la section commerciale à la délégation de la Commission européenne à Rabat. Car, l’Aleca a pour principal objectif de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE. Concrètement, «il s’agit de faire en sorte que les produits marocains soient aptes à intégrer les différents marchés européens», a noté Moya Diaz. Or, jusqu’à aujourd’hui, certains produits n’arrivent pas à pénétrer ce marché, à cause des barrières non tarifaires. Car, «en dépit des efforts menés, le travail de convergence législative reste encore insuffisant», a-t-elle estimé. Le gouvernement semble avoir été secoué par la partie européenne, à cause notamment des retards enregistrés dans ce domaine. C’est dans ce cadre qu’un plan national de convergence réglementaire devrait être élaboré, suite à la décision entérinée lors du Conseil de  gouvernement du 9 octobre dernier. Mais pour l’instant, il s’agit seulement d’une décision de principe.
    Aucun agenda d’exécution ni de liste des domaines concernés n’ont été communiqués. Certains opérateurs se sont élevés contre cette nécessité de convergence, surtout dans des domaines comme les services, où il n’existe pas d’acquis communautaire, et que chaque pays applique sa législation. Néanmoins, c’est l’un des points à mettre en avant par l’étude d’impact en cours d’élaboration. Il faut dire que de façon globale, le Maroc accuse un énorme retard en matière de normalisation, selon l’étude réalisée par le cabinet hollandais Ecorys. Les résultats de l’étude d’impact qui sera réalisée par le Maroc devra déterminer les secteurs prêts, qui peuvent faire l’objet de négociations approfondies. Il s’agit surtout «de domaines où il y a déjà une dynamique», a noté Moya Diaz. L’idée est d’avancer sur certains sujets comme les normes sanitaires et phytosanitaires. Elle a néanmoins précisé qu’il est important d’harmoniser les législations dans certains secteurs comme les marchés publics ou les services. Si certains opérateurs estiment que les entreprises européennes ont déjà la possibilité d’avoir accès à la commande publique au Maroc, les entreprises locales, surtout les PME, auront beaucoup de difficultés à être présentes en Europe. C’est pour cela que la responsables européenne avance qu’il serait judicieux de «fixer un seuil dans lequel les entreprises des Etats de l’UE peuvent participer à des marchés publics marocains et vice versa». Pour le cas des services, la chef de la section commerciale à la délégation de l’UE à Rabat, donne l’exemple de la poste, qui reste encore un monopole au Maroc. «L’objectif serait de prévoir la possibilité de la présence d’entreprises européenne en cas de libéralisation de ce secteur», a-t-elle souligné. Mais c’est sur les nouveaux domaines, qui n’ont pas fait l’objet de coopération dans le passé, que le plus gros de l’effort sera porté. Il s’agit notamment du secteur des énergies. Car, «si le Maroc veut exporter sa production d’énergie solaire vers l’Europe, il faut que cela soit réglementé, notamment en termes de transport, de tarifs…», a-t-elle expliqué.

    Bilan des échanges

    Les échanges du Maroc avec l’UE dans le cadre de l’Accord de libre- échange ont progressé de 5,6% pour atteindre 134,7 milliards de DH en 2013, contre 127,5 milliards l’année précédente, selon les statistiques de l’Office des changes. La balance commerciale reste déficitaire au profit du premier partenaire du Maroc, avec plus de 55 milliards de DH. Les importations en provenance des marchés de l’UE ont augmenté de 5,3% pour atteindre 94,9 milliards de DH en 2013. Il s’agit principalement de voitures, d’hydrocarbures et de produits chimiques. De leur côté, les exportations ont connu une hausse de 6,4% pour se situer à 39,8 milliards de DH. Mais ce volume se compose essentiellement des phosphates et dérivés, des voitures, des crustacés et coquillages et des tomates fraîches. Ce qui montre que beaucoup de chemin reste à faire pour assurer une meilleure présence des produits industriels et des services marocains sur le marché européen.

    M. A. M.

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