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    Economie

    Mosquées: Prières à hauts risques

    Par L'Economiste | Edition N°:4313 Le 07/07/2014 | Partager
    11.499 édifices non conformes à la prière
    A peine 87 lieux de culte sur 50.000 équipés d’extincteurs
    La réhabilitation de l’existant nécessite 3,4 milliards de DH

    Modèle type de mosquées de nouvelles générations à Oujda. Un lieu de prière qui répond à un cahier des charges strict du département d’Ahmed Taoufiq

    La mort de deux femmes, suite à une bousculade lors des prières (Tarawih) dans une cour d’école à Marrakech début Ramadan, renseigne sur le non-respect des conditions et normes de sécurité dans les lieux de culte au Maroc. Un accident qui rappelle l’effondrement d’une mosquée en 2010 dans la médina de Meknès, qui s’était soldé par un lourd bilan de 41 morts. C’est dire que l’heure est à la mobilisation générale pour parer au plus urgent dans les lieux de prière.
    Globalement, le Maroc compte 50.000 mosquées autorisées et 1,5 million de fidèles qui y prient quotidiennement. Sur l’ensemble des mosquées autorisées, 11.499 sont en non-conformité avec le cahier des charges de la tutelle et 2.094 lieux de prière sont fermés complètement ou partiellement.
    Le ministère des Habous compte démolir puis reconstruire 1.539 espaces de prière, ainsi que la restauration et le renforcement de 9.960 mosquées. Selon les estimations de la tutelle, la réhabilitation de l’existant devra coûter 3,4 milliards de DH, en plus des 16 millions de DH débloqués pour mettre en place un système pour informatiser la maintenance. Ce n’est un secret pour personne,  le bât blesse aussi du côté de l’hygiène. Le département de Ahmed Taoufiq a débloqué 275 millions de DH pour la  construction des sanitaires (salles d’ablutions, toilettes…) de 320 mosquées sur un total de 8.000 n’offrant aucun équipement sanitaire. Autre constat: sur les 50.000 mosquées autorisées, seules 8.700 sont équipées de systèmes d’aération. Or, ce type d’équipements est crucial en cas d’incendies, vu que les asphyxies dues aux fumées toxiques sont plus mortelles que le feu  lui-même. Mais plus grave encore, de l’ensemble des lieux de prière du pays (au nombre de 50.000 rappelons-le), à peine 87 sont équipés d’extincteurs et 17.125 ont besoin d’être équipés. Bémol dans l’histoire, ce sont  exactement 32.788 lieux de culte qui se retrouvent hors de ce programme d’équipement en extincteurs! Pareil pour l’accès pour les personnes à mobilité réduite, ce ne sont que 377 mosquées qui en sont équipées et 8.544 lieux de prière qui ont besoin de ce genre d’équipement. Autre grief à retenir dans la gestion des mosquées, l’absence d’issues de secours. Bien que l’architecture des grandes mosquées se caractérise par une pléthore de portes, qui peuvent faire office d’issues de secours, c’est loin d’être le cas pour les espaces de prière de quartiers qui ont généralement une seule porte et ne permettent le passage que de 2 à 3 personnes simultanément. En attendant un plan d’urgence, les mosquées restent des espaces à hauts risques, surtout durant les pics de prière enregistrés pendant le Ramadan.


    Amine ATER

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